Dans la série “Les conseils de Wrath,” voilà le message que m’envoie une wannabe:
“Alors si nous comprenons bien, clairement il s'agit de choisir si l'on va se faire frapper sur la joue gauche (compte d'éditeur), sur la joue droite (compte d'auteur) ou sur les deux joues (coaching littéraire).
Et pendant ce temps-là, on s'épuise à essayer d'ouvrir une porte lorsque l'on n'est pas connu ... même si l 'on fait du travail de qualité.
Alors quelle est la méthode s'il y en a une ?
J'avoue qu'après plus de six mois de tentatives de toutes sortes je n'ai toujours pas réglé le problème, mon manuscrit n'est toujours pas publié. J'essaye maintenant de taper sur les autres pays francophones : Belgique, Québec, Suisse, mais avec des frais d'envois de manuscrits toujours plus élevés.
A part faire du vaudou, par quoi faut-il en passer pour aboutir ?
Les cocktails mondains (j'ai essayé, ça n'a pas donné de résultats probants non plus).
Qu'est-ce qui est le plus important en définitive : avoir du talent ou de la force de caractère ? J'ai le sentiment que c'est la deuxième catégorie qui finit par triompher.
Qu'en pensez-vous ?”
Ce que j’en pense? C’est qu’un wannabe sans réseau n’a strictement aucune chance dans une grande maison d’édition parisienne. Après, vous avez deux options: 1) vous résigner à ne pas être publié ou à être publié par des moyens modestes (petits éditeurs mal distribués, auto-édition, Lulu, etc) 2) vous reconvertir dans la comm’ ou le journalisme et traîner avec les intellos précaires de Saint-Germain.
Une de mes anciennes profs de creative writing disait: “Si vous ne trouvez pas de plaisir dans l’écriture, si c’est une source de frustration et de misère, mieux vaut arrêter! Il y a des tas d’activités plaisantes qui peuvent remplacer l’écriture (la lecture en première place!)” Mon conseil est une variante de celui-là: écrivez avec un public en vue, mais acceptez de ne pas être publié. Mieux vaut, à mon sens, avoir une vie familiale et professionnelle heureuse et écrire dans son temps libre plutôt que de se rendre malheureux à essayer de publier à tout prix. Le milieu de l’édition est férocement hypocrite et inégalitaire. Vous n’y changerez rien (même si vous pouvez essayer de témoigner et dénoncer sur un blog, ce que j’ai choisi de faire).
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