Il n’a jamais été aussi dur pour un wannabe de se faire éditer à la rentrée littéraire. C’est ce qui ressort de l’enquête menée par Rue 89:
“A la prochaine rentrée littéraire, le nombre de premiers romans aura été quasiment divisé par deux (85) depuis 2004, baissant encore depuis l'an dernier (87). Pourtant, avec plus de 700 nouveautés, la rentrée est plus riche que l'an dernier.
D'où vient cette tendance à la baisse ? Le nombre de manuscrits reçus par les maisons d'édition, qu'elles soient petites ou grandes, n'a pourtant pas baissé d'un iota.“
Rue 89 a interrogé plusieurs éditeurs pour comprendre pourquoi si peu de primo-romanciers seront publiés:
_Liana Lévi: "Cette année, les éditions Liana Lévi publieront trois romans à la rentrée, dont un seul premier roman français : « Le Retour de Jim Lamar », de Lionel Salaün, qui s'annonce comme l'un des possibles rescapés des petits nouveaux lâchés dans la mare aux gros poissons. Ici encore, « le nombre de manuscrits reçus est aussi élevé que les années précédentes, voire plus encore », déclare Liana Lévi, qui se dit surprise lorsqu'elle prend connaissance du petit nombre de premiers romans français publiés cette année."
Le mot de la fin revient à Patrice Hoffmann chez Flammarion : «Au fond, de combien de premiers romans français parlera-t-on cette année ? Deux ou trois, peut-être ?»
S’il y a si peu de primo-romanciers dont on reparle ensuite, c’est que la sélection était médiocre. Mais au lieu de changer leurs méthodes pour trouver des débutants talentueux, les éditeurs préfèrent publier moins de premiers romans. La compétition s’intensifie alors pour les wannabes et seuls les vrais insiders, ceux qui bossent à Saint-Germain comme journalistes ou autres, peuvent espérer se faire éditer. Or leurs romans sont souvent médiocres, donc ne se vendent pas, donc personne n’en parle plus après quelques mois. Un vrai cercle vicieux...
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