Souvenez-vous: il n’y a pas de pratiques véreuses dans l’édition. Juste des copains qui aident d’autres copains.
Le journaliste Mandor raconte ainsi sa rencontre avec Erwan Larher, l’auteur d’un roman aux éditions Michalon. Larher a été recommandé par son pote Bertrand Guillot, qui a sorti un livre au Dilettante il y a quelques temps.
Vu par Mandor, cela donne:
"En lisant son roman, je me suis demandé comment ce putain de bon auteur, Erwan Larher, avait eu l’idée de m’envoyer une demande d’amitié Facebook accompagnée d’un message assez sympathique me demandant d’avoir l’obligeance de m’intéresser à son ouvrage. Ma modestie risque d’en souffrir atrocement, je le sais, en vous avouant ce fait bien réel, mais cela m’arrive régulièrement d’être sollicité pour des lectures post-mandorisations éventuelles. Et selon le cas de figure, j’accepte ou je refuse. En lisant 'Qu’avez-vous fait de moi ?' je n’avais qu’une hâte : rencontrer l’auteur. Et je vais jusqu’à dire qu’il aurait été complètement dingue de ma part de refuser de rencontrer Erwan Larher."
Mandor prétend avoir eu un coup de foudre pour le livre AVANT de décider de rencontrer l’auteur. Et, oh surprise, il se trouve que Larher est un copain de Guillot (que Mandor connait bien):
"Il me raconte son amitié avec Bertrand Guillot. Un ami auteur que nous avons en commun. Il me dit que c’est sur ses conseils qu’il m’a envoyé son livre.
OK ! Erwan Larher adoubé par Bertrand Guillot, ça me convient parfaitement. C’est même très réjouissant tant j’apprécie l’adoubeur."
Bon, Mandor n’est pas le trés puissant Franz-Olivier Giesbert. Son blog n’attire pas les foules, et ses critiques ne font probablement pas vendre. Mais le modeste blog de Mandor est très représentatif des codes et valeurs artistiques. La règle numéro 1 est de prétendre que seul le texte a de l’importance (alors que le carnet d’adresses est le critique unique de sélection). Bref, sans “adoubeur,” pas d’éditeur! Sans “adoubeur,” pas de couverture médiatique! Sans “adoubeur”, il ne vous reste plus qu’à ranger tristement votre texte dans un tiroir...


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