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Revues littéraires

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26 octobre 2011

Commentaires

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Damien

Juste. On écrit pour être lu. Tout le reste n'est que billevesées.

arobase

Vous aurez beau vous étonner, Wrath, le besoin d'écrire et celui d'être publié sont deux choses de nature tout à fait différente. Il me semble même que ces deux choses gagnent pas mal à être dissociées. En fait, vous confondez le désir d'écrire et le désir de se faire connaître : or tous ceux qui écrivent ne sont justement pas des "wannabe".

Concernant L. K., je dirais "très honnête" au contraire. et même très intègre. On écrit pour être lu par quelqu'un, mais ce cercle de lecteurs peut rester intime et privé. Se projeter dans une publication "grand public" et corréler son travail à des considérations de commerce, de diffusion ou de réception est effarant. Il y a une vraie solitude de l'écriture, qui fait partie inhérente de son processus, et elle est essentielle à préserver.

Alex

Bonjour, bonjour !

Je ne suis pas d'accord avec la conclusion de l'article - mais tout à fait avec Laura Kasischke, en revanche.
Je trouve que pour beaucoup de monde, malheureusement, le besoin de reconnaissance et de notoriété (plus que la gratification financière, ça je crois que ça ne génère plus trop d'illusions) a tendance à être plus important que tout le reste, si bien que l'écriture devient un moyen d'obtenir la reconnaissance susmentionnée et non plus une fin en soi, et moi je trouve que c'est justement ce que ça devrait être, l'écriture, quelque chose qui ne mène pas forcément quelque part et qui du coup existe pour le processus et pas l'objectif.

Je crois que le besoin d'écrire c'est simplement un moyen naturel de s'exprimer pour les gens qui le ressentent, je ne pense pas que tous les gens qui écrivent le fassent parce qu'ils veulent être Hank Moody dans Californication.
Je crois qu'il n'y a pas non plus nécessairement un besoin de se confronter au lectorat, sauf si on écrit pour persuader les autres, et ça c'est une mauvaise raison d'écrire à mon avis.

C'est un plus la publication, mais je veux dire qu'il n'y a pas non plus de quoi s'en taper le cul par terre, faut arrêter.
Par contre, imaginer des trucs qui font disparaître l'ordinateur et la pièce dans laquelle on est assis, ça c'est monstre cool.

Guillaume

c'est clair que wrath mélange tout,
on ne peut pas écrire et être reconnu de son vivant sans passer pour populaire et donc à la hauteur des masses,

tandis que le génie vrai, c'est celui qui par définition est maudit de son vivant mais glorifié de sa mort,

c'est pourquoi JP S. avait refusé le Nobel de son vivant (et c'est pas une autre raison),

donc de 2 choses l'une,

-soit t'es reconnu et tu en vis mais dans ce cas tu ne vaux pas tellement plus que les cerveaux qui te lisent (werber nothomb)

-soit si t'es persuadé d'être un génie et dans ce cas t'es tellement en avance que forcément les autres ne peuvent pas ou peu te reconnaitre, et tous l'monde s'en fou ou ne désirent pas te publier puisque tu changes tellement les choses que les éditeurs non couillus font dans leur culotte à l'idée de publier une telle oeuvre (Ducasse)

Alex

Bonjour Guillaume,

Moi je trouve que la popularité c'est très bien et d'ailleurs Stephen King est mon écrivain préféré. J'ai aussi beaucoup aimé la série des Harry Potter de JK Rowling. Pour autant, je n'ai pas l'impression d'être une grosse neuneu et j'aimerais beaucoup que les cerveaux des auteurs précités ne valent pas mieux que le mien ; je serais capable de faire preuve de la même imagination, et je pense que mon monde n'en serait que meilleur.
Je ne comprends pas pourquoi on glorifie le soi-disant génie pour mépriser le divertissement : en lisant Harry Potter, par exemple, je n'ai pas pensé une seule seconde à ce qui pouvait bien se passer ailleurs qu'à Poudlard.
Pourquoi est-ce que ça ne suffirait pas comme définition d'un bon livre ?
Pourquoi est-ce qu'il faut sans cesse tout ramener à la gloire (vous-même évoquez la figure du génie comme celui qui est "glorifié" après sa mort).
Moi je me demande si ça n'est pas finalement le dernier espoir auquel se raccroche l'abruti de base qui court après la reconnaissance sans jamais la voir pointer le bout de son nez, l'image de l'artiste maudit.
Sans compter tout l'attirail de spleen et de tourmente qui va avec ; j'imagine que ça fait bien, parce que c'est à la mode la pose arty et torturé.
Moi ce que j'en dis, c'est que tout ça, finalement, c'est rien d'autre que de la merde et que vient un moment où rien ne sert de tortiller du cul : que ceux qui aiment écrire écrivent, au même titre que ceux qui aiment faire du macramé fassent du macramé, c'est un loisir (ou une passion, comme vous voulez) ni plus ni moins.
Il n'y a pas de quoi se vanter ni faire des plans sur la comète ; juste apprécier l'exercice et si possible ce qu'il en ressort sans plus se poser de questions et envisager des stratégies quelconques.
Vous imaginez si toutes les vieilles qui font du macramé nous faisaient autant chier que les Grands Ecrivains et leur Génie Incompris ?

On ne s'en sortirait plus, ma bonne dame !

Cavalerie

@ Guillaume , c'est du second degré n'est-ce pas? Non parce que dans ce cas que penser de (pour ne citer qu'eux) Racine ou Corneille, admirés de leur vivant? Sans compter les grands auteurs qui ont reçu le Nobel de leur vivant et qui l'ont accepté sans minauder, eux ?

@Alex Bon le divertissement, certes, mais La recherche du temps perdu c'est quand même un peu plus... puissant, je trouve. Il y a des livres qui marquent , en profondeur. Ce n'est pas le but du divertissement, sans vouloir faire mon Pascal. Même s'il y a des oeuvres très profondes qui divertissent aussi - elles ont souvent plusieurs degrés de lecture dans ce cas- tout le commerce actuel se frotte justement les mains de faire semblant de confondre art et divertissement.

Alex

Bonjour Cavalerie,

Je suis d'accord avec vous (pas trop concernant Proust parce que je trouve ça vraiment chiant comme la pluie et j'ai jamais réussi à passer les 40 premières pages d'Un Amour de Swann sans me dire : "non mais sans déconner, si j'arrête de lire et que j'écoute la chanson de Dave à la place, je peux laisser tomber en faisant comme si je l'avais lu et ne plus jamais en parler, non ?").
Je crois que ce que j'aime le mieux, finalement, ce sont les oeuvres que vous dites, celles qui sont à la fois profondes et divertissantes.
Souvent, elles sont plus humbles aussi, je trouve.

Après, la limite entre les deux est difficile à déterminer ; je ne suis pas sûre que les écrivains se disent : "tiens ce coup-ci je vais faire une oeuvre profonde" auquel cas comme il y a un objectif, ça me semble un peu malhonnête parce que pas spontané.
J'aime bien avoir l'impression en lisant que la personne qui a écrit le livre s'est fait plaisir en l'écrivant. Et "se faire plaisir" ça ne veut pas nécessairement dire qu'elle a ri comme une conne, mais qu'elle a ressenti des trucs, sur une échelle de l'euphorie à la souffrance si vous voulez.

Je sais pas trop pourquoi mais ça me fait penser à Blanche ou l'Oubli, d'Aragon - je ne sais pas si vous l'avez lu mais vous aimerez sûrement bien parce que moi j'ai trouvé ça souvent chiant et vous avez l'air de bien aimer Proust.
Bref, il y a des passages qui m'ont énormément touchée dans ce livre, qu'il a écrit inspiré par sa femme, parce que précisément on ressent toute l'affection et la peine qu'il a mises dedans.
En revanche j'ai trouvé tout plein d'autres passages brise-noix au possible parce qu'il passe une partie considérable du bouquin à se la sucer en faisant le linguiste que même Saussure en aurait pleuré d'horreur. J'suis sûre.

Le truc c'est qu'à mon avis, il ne faut pas snober les livres qui ont une bonne histoire, déjà parce que c'est dommage si l'histoire est effectivement bonne, et qu'il y a bien souvent plus que ça.
Et ne pas s'arrêter non plus devant la difficulté, parce que c'est ça qui fait s'enrichir (ça c'est pour ma gueule et entre les lignes c'est marqué : "Tu n'y échapperas pas toute ta vie, un jour tu finiras Proust !")

MrrrNW

Pour ma part, je pense qu'écrire à destination créé de l'exigence. Aussi bien par besoin d'atteindre un objectif littéraire, que par respect pour son lecteur.

Je ne crois pas que les meilleurs textes se soient produits en roue libre, je pense qu'ils sont nés dans la contrainte.

À titre personnel, quand j'écris un texte à visée, il est souvent mieux apprécié.

Guillaume

@alex
J'ai lu 3 fois du Coté de chez Swann, et c'est à la 3ième que j'ai pleinement saisi ; je te jure qu'il faut s'accrocher, mais si tu y arrives, ça vaut vraiment le coup, c'est . . immense, incommensurable, grandiose.

il est vrai que beaucoup ne comprendront jamais Proust ni ne feront d'effort pour persévérer, mais que parmi ceux qui ont fait cet effort, plus de 80% penseront l'avoir compris, alors qu'en fait il n'en est rien.

au final, nous sommes très très peu à le bien saisir. moi même, si je n'avais pas eu l'éclairage de Dan Simmons, (un ricain qui nous la met bien profond), je serais passé à côté. (A noter également que Defalvard, lui, a parfaitement compris Proust)

Robin

Ah, enfin un post sur une personne que vous ne détestez pas. Cela dit, j'ai l'impression que vous interprétez ses paroles.
A Alex, commencez directement par le deuxième tome (A l'ombre des jeunes filles en fleurs), c'est une entrée beaucoup plus facile de la Recherche. Ensuite vous devriez enchaîner naturellement avec les autres tomes.

AK

Je viens de découvrir Toole et cela aurait été mieux pour moi en tant que lectrice qu'il continue à écrire au lieu de se suicider. Mais c'était son destin sans doute. JK Rowling, on a du bol qu'elle ne se suicide pas. Elle avait été refusée partout, et si pauvre, si seule. C'est admirable de sa part d'avoir continué à écrire les aventures de son héros alors que les éditeurs lui conseillaient d'enlever la magie. Elle était portée par des valeurs autres que l'importance de se faire publier. Son amour pour sa fille, pour son univers intérieur, par l'histoire inconnue d'elle de son pappy de France, héros malgré lui, on ne sait pas... Les mécanismes qui portent un artiste sont subtiles. La reconnaissance publique, c'est surtout important pour l'ego et parfois pour le porte monnaie.
http://www.youtube.com/watch?v=b6399QxJiPM j'aime tellement cette nouvelle émission anglaise

Wrath, bel article.

Alex

@ MrrrNW : Bonjour !
Je vois ce que vous voulez dire, sauf que du coup, ça suppose qu'on pense au lecteur avant même de savoir s'il y en aura ou pas. Si c'est le cas tant mieux, mais si ça ne l'est pas, est-ce que le type qui fait son truc dans la contrainte ne s'en retrouvera pas finalement complètement aigri ?
Je ne juge pas, je questionne, parce que ça n'est pas du tout ma manière d'envisager les choses mais ça ne s'applique qu'à moi, pour ce que je sache.

@ Guillaume (oui, tutoyons-nous) : il est dans ma pile à lire, de toute façon. Avec le 1Q84 de Murakami que je pense me faire prochainement ; une fois que je l'aurai fini je réessaierai, du coup. Et je t'en dirai des nouvelles.

@ Robin : C'est bien noté - en échange, il faut que je vous avoue que quand j'ai lu votre pseudo j'ai pensé "Robin hiiiiinnnn Robin", mais limite la bave aux lèvres, hein, parce que j'ai commencé ce merveilleux jeu qu'est Arkham City il y a peu et figurez-vous que j'y ai croisé Robin précisément, et pas plus tard qu'avant-hier ; j'ai un peu de mal à décrocher mais faut me comprendre, y a des affiches plein le métro qui me rappellent sans cesse mon combat du moment - j'en arrête là des digressions, je ne voudrais pas qu'on dise que je ne fais pas avancer le débat (cela dit on peut toujours se demander légitimement si le Joueur Incompris - qui ne comprend pas, par exemple, qu'il faut faire passer un Batarang à travers un arc électrique pour ensuite percuter avec une boîte à fusibles en vue d'ouvrir un mécanisme - le sera davantage à titre posthume une fois qu'il sera légitimement acquis que quelqu'un qui passe une demi-heure à appuyer sur les mêmes boutons sans se lasser mérite la canonisation, surtout si ce quelqu'un est issu de la "génération zapping")

@ AK : Je suis bien d'accord avec vous.

Trent Reznor

Guillaume... tu enfiles les perles, mon ami.. Il est temps que quelqu'un te le dise...

Guillaume

@Trent
toutes ces parles, c'est pour former un joli collier :) tu en veux un exemplaire ? j'ai plein de pages d'écriture chez moi , si tu veux , je t'en montrerai quelques extraits! mais je garde jalouseusement le gros de mes thèses, parce qu'elles sont tellement lumineuses.. je ne voudrais pas vous aveugler!

sinon, qu'est-ce qui vous chagrine, mon ami, dans mes dires ? je peux tout expliquer

karine

Petit témoignage : j'ai écrit un "roman" a visé thérapeutique durant une période sombre de mon existence... par la suite, je l'ai retravaillé (près de deux ans) pour être édité et par conséquent lu. Parmi les premières critiques un blogueurs a proprement lapidé mon livre. Tout le bienfait thérapeutique de mon livre s'en est trouvé anéanti. Aujourd'hui quand on tape le nom de mon roman dans Google , c'est ce commentaire (probablement écrit en à peine dix minutes) qui apparait en premier. Alors oui, je regrette d'avoir publié ce roman de l'avoir rendu public, j'aurais mieux fait de le garder pour moi. Mon roman me parait maintenant sale et méprisable.

Leipzig

Cher Wrath,

Puisque vous admirez Laura Kasischke, vous devriez écouter ce qu'elle nous dit. Et au moins avoir l'obligeance de ne pas déformer ses propos.
Votre acrimonie vous aveugle (quelle passion triste dirait Spinoza), et même lorsque qu'un écrivain vous souffle à l'oreille un conseil doux et encourageant, vous êtes incapable de l'entendre.
Vous manquez de modestie. C'est triste. Vous n'y arriverez jamais.

Goliadkine

"au final, nous sommes très très peu à le bien saisir."

Ca, par exemple, Guillaume, c'est d'une modestie proprement atterrante.

Vous vous relisez, de temps à autre, ou vous êtes vraiment toujours en roue libre ?

Leipzig

Ah oui aussi, tous les journaux intimes ne sont pas écrits pour être lus, sinon ça excuserait les parents qui vont lire les écrits de leurs proches en cachette.

Guillaume

@Goliadkine
C'est hélas, vrai, réaliste.

Dan Simmons n'aurait jamais osé faire une détour par cet auteur, tellement important, sans avoir un éclairage nouveau et bien peu reconnu à transmettre.

p'tit giibus

@ Karine

Ton témoignage met en lumière le problème d'une non-publication : s'il se trouve une personne à avoir lu notre roman non publié (non édité par une voie traditionnelle), et à l'avoir détesté, on a tendance à prendre cet avis au sérieux car il représente, pour ainsi, 100 % de notre lectorat.

Mais bon, honnêtement, prends ton film ou ton roman préféré de tous les temps, et tu trouveras assez facilement sur internet quelqu'un qui dira que c'est le film ou le roman le plus nul qu'il ait jamais vu (et cet avis rejoindra sans doute celui d'un critique ayant commenté le film ou le roman à l'époque de sa sortie... Même Proust a dû avoir de bien mauvaises critiques à la sortie de "Du côté de Chez Swann").

Ton expérience a été violente et méprisable, un peu comme une sorte de "viol moral", mais je pense aussi qu'il faut savoir pourquoi on a écrit un livre, et plus précisément, sur quels parti-pris on s'est appuyé.
Ces parti-pris paraîtront peut-être détestables à d'autres, mais ce sont les tiens, et tu n'es donc pas censée les renier à la première critique hostile.
"Ce que l'on te reproche, cultive-le, c'est toi" (Cocteau).

Après, il est vrai que les personnes connues n'ont pas ce problème : pourquoi Francis Lalanne a-t-il fait un tel caca nerveux face à Eric Naulleau ?
Tout simplement parce que Francis Lalannne rencontre plein de gens qui l'adorent, qui le lui disent à genoux... et si à côté de cela, une autre partie du public abhorre ce qu'il fait, lui il aura vite choisi son camp : "ceux qui adorent ce que je fais m'ont compris ; ce qui détestent sont des cons et des méchants".
Tout les artistes ayant accédé à un minimum de notoriété fonctionnent ainsi (même Marc Lévy se plaint du mépris des critiques, et il cite un artiste populaire comme Dickens pour plaider sa cause... C'est dire !!).

Il est vrai que quelqu'un de non publié peut attendre toute sa vie une critique vraiment enthousiaste et encourageante, mais est-ce que ça doit le dissuader pour autant d'écrire ?

Karima S.

hé bien , Guillaume, montrez les vos textes si sublimes, ne Lise-Marisez pas en vous cachant derrière votre ordi en hurlant le milieu hostile de l'édition, donnez les à voir, croyez moi je les lirai avec une attention toute particulière.

"au final nous sommes très très peu à le bien saisir". Non mais il doit être terrifiant ce monde dans lequel vous vivez, où, globalement, tout le monde est con sauf vous.
Vous êtes tellement ridicule, au sens propre du terme, que ça me donne envie de voter socialiste.

Guillaume

En effet, Proust est à considérer sous l'angle de l'humour, comme l'explicite Dan Simmons dans le premier dyptique Ilium.

MrrrNW

Alex > Penser au lecteur et le respecter force à faire preuve d'exigence envers soi-même. Naturellement, on en vient à mieux soigner son story telling pour que l'histoire soit fluide et compréhensible. Dans un même temps, on évalue et améliore sans cesse sa crédibilité par un vaste travail de recherche (qui peut aller du prix moyen d'une paire de chaussettes en Nouvelle Zélande, au système de reproduction des hippocampes). Dans tous les cas ça donne souvent un texte plus clair et plus juste quant à ses éléments factuels.

A partir de là, puisque écrire à destination incite à davantage de travail et de remise en question, je ne pense pas que l'on devienne aigri si l'on ne trouve pas de lecteurs. Car quoi qu'il en soit cela permet de progresser assez nettement. Et on est quand même fier d'avoir un texte meilleur, en quelque sorte plus "professionnel" (en tout cas, mieux structuré et plus rigoureux).

Z comme Zob

Une chose est certaine, remettons les pendules à l'heure! Pour enseigner l'écriture, faut-il encore savoir écrire. Laura Kasischke est un véritable tâcheron, laborieux certes, mais tâcheron davantage encore. Ou c'est qu'elle est mal traduite en français, n'est-ce pas ? J'ai une fois eu le malheur de tomber sur l'un de ses ouvrages, en bibliothèque fort heureusement, il m'est littéralement tombé des mains. cette pauvre fille ne sait pas écrire, c'est lourd, mal fait, pesant, sans possibilité d'échappatoire aucune. S'il faut deux catégories d'écrivains, alors sans aucun doute celle-ci à classer dans la catégorie des ratés, de ceux dont le talent est le péché mignon de l'ego. Rien de plus. Que cette pauvre femme enseigne à une bande de crétins qui se croient écrivains en devenir, qu'importe! Tout cela ne vole pas bien haut, Mme Wrath! Pas bien haut, vous dis-je, Mme Wrath!

Goliadkine

GUillaume, il faut vraiment être le dernier des fats pour croire détenir la vérité absolue quant à l'interprétation d'une oeuvre littéraire. Se croire en outre l'un des happy few à en jouir, c'est à se taper la tête contre les murs.

Votre avis, calqué sur celui d'un auteur de science-fiction, ne vaut pas mieux, ni moins, que celui d'un autre.

C'est la richesse et la diversité des interprétations qui font la valeur d'une oeuvre. C'est ce qui fait qu'un chef-d'oeuvre traverse les siècles.

Vos certitudes sont déplorables à plus d'un titre. Et le plus déplorable, c'est que vous ne creviez pas de honte en les exposant.

karine

@p'tit giibus : je suis d'accord avec vous, ça ne doit pas nous dissuader pour autant d'écrire. Je voulais simplement témoigner du fait que rendre public ses écrits peut être dangereux pour soi-même. Effectivement, les personnes connues peuvent compter sur un certain nombre de critiques positives ce qui permet d'encaisser des avis négatifs mais lorsque l'on est grillé d'entrée... c'est beaucoup plus difficile. Les critiques négatives sont les plus lues... donc arrivent en tête dans les recherches Google. Pour un Marc Lévy, les avis négatifs sont noyés dans la promotion de son livre, les articles de magazine et les catalogues des librairies en ligne.

Robin

A karine : j'ai du mal à saisir, votre roman a-t-il été publié à compte d'auteur ? d'éditeur ? simplement mis en ligne ?
Il est rare que les premiers romans soient massacrés, généralement, ils ne sont évoqués que lorsqu'ils présentent quelques qualités. Si l'on juge un auteur inconnu d'un premier roman peu prometteur, on le laisse dans l'oubli ; mais on ne lui nuit pas avec de mauvaises critiques. Peut-être êtes vous tombée sur quelqu'un d'indélicat.

AK

Karine Il faut regarder sur internet à effacement du passé numérique je crois. Je sais que des sociétés informatiques offrent ce genre de services.

Guillaume

@Goliadkine
en effet, je fais partie des happy few

Goliadkine

Je n'aurais jamais imaginé que la métaphore que je vous ai infligée, celle du bousier roulant sa petite boule de caca, soit A CE POINT juste et avérée.

C'est terrifiant.

Guillaume

@Goliadkine
"Votre avis, calqué sur celui d'un auteur de science-fiction, ne vaut pas mieux, ni moins, que celui d'un autre."
qu'il vaut plus que le tiens, cela ne fait absolument aucun doute.

Guillaume

@Goliadkine
ta remarque tendant à démocratiser les avis est celle des loosers, qui se sentent lésés devant la compréhension avérée des autres, tu te trouves des excuses, tu relativises tout pour justifier ta nullité.
comme le cancre qui bougonne dans son coin "moi aussi si je veux je peux avoir un 15 sur 20"

Goliadkine

Notez que moi, je n'ai pas besoin du vade-mecum d'un auteur de sf pour apprécier un des plus grands écrivains francophones.

Guillaume

@Goliadkine
en effet la métaphore de la bouse va ravir: TU es la bouse que je fais rouler, tu proposes jamais rien, aucune idée, tu te contentes de rouler comme une merde, sous mes coups d'pieds.

Jimmy

Quand on écrit (c'est mon cas, je suis un vrai tordu mec!), déjà, c'est qu'on en ressent le besoin. Ne pas être édité, pas être lu, être lu mais non reconnu comme le génie qu'on pense être, etc., ne doit pas nous faire arrêter ou faiblir pour autant. Si c'est le cas, c'est qu'on est pas fait pour ça et/ou qu'on sent bien que ce qu'on fait n'est pas à la hauteur, et ne le sera jamais. C'est je crois ce qu'a voulu dire la dame rousse aux yeux bleus et rouge à lèvres rouge sur la photo - avec moins de talent que moi bien sûr, la pauvre, elle a fait des études pourtant, moi pas.

Vous savez Mme Jaillant - "Sans publication, un wannabe ne peut pas se confronter au lectorat" - on a inventé un truc merveilleux qui s'appelle Internet y a quelques temps. Vous mettez un peu de votre prose (nouvelles, extraits, poèmes), et les gens vous disent gentiment (ou pas d'ailleurs) ce qu'ils en pensent... on ne gagne pas d'argent, mais c'est très instructif.

Goliadkine

Oulah, la marmaille qui s'excite ! Allez, Guillaume, un suppo et au lit. Je ne tenterai plus de vous mettre en face de votre prétention et de votre insignifiance, promis-juré.

karine

@Robin : publiée chez un petit éditeur. Un blogueur "indélicat" ? Pour le moins, un véritable éreintage. Les gens ne se rendent pas compte vraiment de ce qu'ils font : ils n'osent pas s'en prendre à des auteurs connus (ils paraitraient ridicules) alors ils se tournent vers des petits auteurs pour remplir leur quota de critiques négatives.
@AK : merci du renseignement, je vais regarder ça.

Fox Mulder

Quelle formidable variété de cas psychiatriques !

wisdom

Goliadkine : arrête de boire !

Guillaume

@Goliadkine
en effet tu m'es très utile pour mon équilibre mental et moral; cela me fait beaucoup de bien d'exploser la merde que tu es pour en repeindre les murs de Wrath.

AK

Karine, Proust provoqua en duel son premier critique, Jean Lorrain. Cela ne l'empêcha pas de recevoir le Goncourt des années plus tard. Son critique lui, en vogue à son époque, sombra dans l'oubli et la syphilis.

Cavalerie

@Guillaume, vous dite à Goliadkine
"TU es la bouse que je fais rouler, tu proposes jamais rien, aucune idée"
Oui enfin pour le coup il vous a discrètement fait remarquer que porter au pinacle l'avis d'un auteur de sf (donc sans expertise quant à Proust) qui plus est anglo-saxon ( donc sans garantie qu'il ait lu Proust en français ni même dans une traduction correcte) et prétendre par là même faire partie d'un pseudo groupe de happy few qui aurait "compris" Proust, dépassait les bornes de la fatuité pour s'égarer dans le ridicule. Je serais assez d'accord avec lui et Molière a fait ses délices d'hommes comme vous.

@Alex: Merci beaucoup pour la référence. Je n'ai jamais lu de Aragon c'est une bonne occasion de m'y mettre.

varg

@ karin et robin : il m'est passé entre les mains des premiers romans de petites et de grandes maisons. Quand je ne les estime pas bons, pourquoi le taire ? Pourquoi un primo romancier disposerait-il d'une quelconque immunité ?

MrrrNW

Varg, ce n'est pas une question d'immunité mais une simple question d'intérêt journalistique. Quel intérêt pour le lecteur de découvrir un premier roman qui lui est déconseillé ? La presse parle des premiers romans lorsqu'elle est enthousiaste (ou que leur éditeur créé le buzz, voir l'affaire Defalvard), lorsqu'elle ne l'est pas, elle n'en parle tout simplement pas. En revanche, le lecteur s'intéressera plus volontiers à une opinion concernant un auteur qu'il connait et ce qu'elle soit bonne ou mauvaise... Pour faire simple, un journaliste n'écrit pas pour son simple plaisir, il écrit avant tout à destination de ses lecteurs.

NOBODY

Alors c'est la rentrée littéraire ? yo ! les mariols ont pondu des virgules à la pelle ?

Arobase

@karine

Vous n'avez pas à vous sentir en porte-à-faux par rapport à votre livre, parce qu'un type mal embouché l'a lu à la 6-4-2 et démoli. Il faut remonter à la source : votre expérience, qui a nourri le livre, votre travail sur le livre lui-même, l'éditeur qui vous a fait confiance... Ca ce n'est pas annihilé, ça fait partie de vous et vous devez être fière de l'avoir mené à terme. Mais je conçois qu'il soit très dur de se relever d'un flinguage en règle.

Marcel

Effectivement, concernant le flinguage en règle, plus dur que ça, tu meurs.

p'tit giibus

Ah, le pauvre Guillaume, il vient de se chopper une chaude-pisse qui a pour nom Goldorakpine, et cette chaude-pisse ultra brûlante, il arrive plus à s’en débarrasser !!
Moi, je le trouve plutôt marrant le Guillaume, un peu benêt sur les bords, mais parfois, il lui arrive d’avoir des remarques lumineuses (involontairement, qui sait).
Je l’imagine très bien ayant bouffé du Star Wars toute sa vie, et un jour, il a eu une conversation avec un pote fan de SF (comme lui), entrevue qui s’est révélée… cul-turelle !!

- Eh ta, tu connais Proust ?
- La Madeleine Proust ? Ah ouais, trop marrant la moeuf, mais moi je préfère les Vamps.
- Mais non, crétin : « Du côté de chez Swann » !!
- Ah ouais… C’est pas une chanson de Dave, ça ? Eh, trop pédé le mec…
- Mais nan, c’est un bouquin trop bien : c’est l’histoire d’un mec… euh… l’histoire d’un mec cool, quoi, vachement intello et tout et tout… et ben, le mec, il tombe amoureux d’une pute !!
- Une pute ? Quel genre ?
- Bah, une pute, quoi.
- Ouais, mais bien roulée la moeuf ?
- Une pute genre Clara Morgane, quoi !!
- Mais té con, elle est bien Clara Morgane !! Trop bonne !!
- Ouais, mais c’est une pute, Clara Morgane.
- Quand même, moi je dis elle est vachement bandante !!
- Je dis pas… mais c’est quand même une pute qu’a sucé plein de mecs. Franchement, t’aimerais que ce soye la mère de tes enfants, et qu’après, elle les embrasse sur la joue avant de les coucher au lit, le soir ? Ah, parce qu’en plus, ça parle de ça aussi, « Du côté de chez Swann », d’un gosse qui attend le baiser de sa maman, le soir.
- Hein, quoi ? La mère, elle a sucé un mec et elle va embrasser son gosse ensuite ? Ah, trop dégueu ton truc !! Enfin, je veux dire… ça a l’air trop bien !!
- Ouais, ça s’appelle « faire cattleya», lis le bouquin, tu comprendras.

Voilà comment Guillaume, le loustic, le lascar, a été amené à se passionner pour « A la recherche du temps perdu ».

PS : Jean-Luc Delarue prépare une émission intitulée :
« Je suis un branleur, je fume des pétards toute la sainte journée, j’ai toute la collec’ d’Albator, de Troll de Troy… mais je suis aussi un spécialiste de Marcel Proust ».

http://www.youtube.com/watch?v=YsSWIzX6JPo&feature=related

varg

@ MrrrNW. Au delà du lecteur, le "critique" ne peut-il pas écrire aussi en direction de l'auteur et de l'éditeur ? Pour dire, par exemple, « comment peut-on (écrire) publier ce genre de choses ? »

Quant à l'enthousiasme de la presse pour tel ou tel premier roman, le jeu critique y est tellement convenu/mimétique/publicitaire que j'ai beaucoup de peine à y croire.

p'tit giibus

Otez-moi d'un doute terrible...

Ce serait-y par le Varg qu'aurait dépiauté le bouquin de Karine, par hasard ?

Hum, moi, je ferais jamais confiance à un mec qu'a jamais aimé "Il était une fois en Amérique"... mais bon, je dis ça, je dis rien.

Déjà que le Varg, ça l'a complètement traumatisé d'avoir un jour encensé le premier bouquin de OVNI (anagramme de celui dont on ne doit pas prononcer le nom), ce même OVNI qui a ensuite paradé durant des années et des années en chantant à tue-tête :
"Eh moi, les mecs, je suis pas publié, je suis pas lu, mais j'ai reçu une critique hyper élogieuse de Manu, alors après, je vous pisse à la raie, bande de cloportes !! J'en ai rien à péter de pas être lu par les mongoles que vous êtes puisque moi, j'ai été adoubé par Manu !!"

Ah, le pauvre Varg, il s'en est jamais remis d'avoir mis en branle un tel cirque.
On comprend que, depuis, il se montre sévère à l'égard des premiers romans : l'expérience OVNI lui a servi de leçon !!

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