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Revues littéraires

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17 décembre 2011

Commentaires

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DF

Merci pour le clin d'oeil à mon billet!

De fait, c'est "auteure" qui s'est imposé comme solution de féminisation, sous l'influence du procédé québécois - et il reste encore pas mal de gens, des deux sexes, qui privilégient "auteur", quitte à mettre un article féminin devant pour signaler qu'on parle d'une femme qui écrit.

arobase

Et encore, on nous épargne "bas-bleu" depuis quelques décennies...

JMB

En France, et je vais faire une généralité qui ne concerne qu'un microcosme sans grand importance, certains auteurs tentent d' utiliser leur spécificité sexuelle comme élément accélérateur de statut. C'est un élément de légitimation du parcours comme il y a des "fils de résistant" ou des "enfants de déportés". Ca pose des bases difficilement contestables. Le problème, comme souvent, c'est que ça dissimule quelque chose, par exemple, une faiblesse littéraire.

Il ne viendrait à l'idée de personne (quoique) de dénommer Marguerite Yourcenar "écrivaine". Ou George Sand "auteresse".

Ion.

Tu as raison, JMB, quand on regarde les listes de prix littéraires, par exemple, mettre en avant sa "spécificité sexuelle" (!!!) est très payant.

JMB

@Ion: on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre, et la main au cul du membre du jury.

Sinon, court extrait "d'auteure" revendiquée "écrivaine": (...)"Et il me semble que l’enjeu, ici, est, précisément, de ne pas les ordonner ni organiser, mais de les entendre comme le symptôme de ce qui inquiète la norme, l’inacceptable de leur indécente parole de femme…" Le reste ici:
http://lolalafon.free.fr/blog/

Liguan

jmb: le genre féminin n'est pas une spécificité. Pas plus que le genre masculin... et pour la main au cul des jurés, si vous connaissez une nymphomane assez motivée pour la désirer, merci de nous indiquer ses coordonnées...

AK

C'est une question d'habitude, ayant passé pas mal d'années au Québec, j'utilise sans m'en rendre compte le mot écrivaine. J'évite également les anglicismes. Bien que le dico anglais soit truffé de mots français.

Une humble remarque

Il est extraordinaire que le seul féminin grammaticalement correct de auteur, à savoir autrice, ne soit cité ni dans cette liste ni dans les commentaires.

DF

@Une humble remarque: "autrice" s'est perdu dans l'usage, mais survit dans le nom de l'association nationale des écrivains suisses: "Autrices et auteurs de Suisse". Pour en savoir plus: http://www.a-d-s.ch/

JMB

Vous manquez d'imagination.

AUTEURINE.

SCRIPTRICE.

ECRIVELLE.

MEUFALETTRES.

RAILLETEUSE.

CHIROMANCIERE.

INTERTEXTUALITEUSE.

CLITOMOTRICE.

...etc

PhJ.

Euh... Menteur, menteuse, frimeur, frimeuse, danseur, danseuse... Non ?

quellebandededingues

En même temps, Philippe, le menteur ment, le frimer frime, le danseur danse mais l'auteur n'aute pas... Que fait-il, d'ailleurs ? Hmm. Je n'en déduis rien du tout, hein ! Je constate juste, et je m'interroge...

JMB

On lui pardonnera sa misogynie (il était misanthrope aussi). Et puis c'était un grand écrivain (et un homme à femmes).

« Les femmes cherchent un féminin à “auteur” : il y a “bas-bleu”. C’est joli, et ça dit tout. À moins qu’elles n’aiment mieux “plagiaire” ou “écrivaine”. » Jules Renard / Journal -1905

MAKODA

Bel article et bravo! Bonne continuation. Yves MAKODIA

Arobase

@JMB
Merci pour cette brillante analyse sociologique.
Si vous croyez vraiment qu'être une femme aujourd'hui est un élément de légitimation dans un parcours, venez donc faire un tour dans la vraie vie. Vous comprendrez ce que plafond de verre veut dire.

MystereNW

Ma chère Vancouwrath, je ne peux pas nier tes prétentions littéraires lorsque tu consacres un billet entier à des simples questions terminologie. Mais, soyons bien raisonnables, tout cela n'est que littérature (au sens figuré). On se fiche pas mal des statuts, sur lesquels ils seraient tant d'arrêter de fantasmer. Ecrivain, auteur, autoressienne écrivainasse, peu importe. Commence par écrire. :)

Francois Martini

les femmes qui écrivent ne sont plus des femmes. Ce sont des hommes, — du moins de prétention, — et manqués ! Ce sont des bas-bleus.
Barbey d'Aurevilly

salut

Quelle bande d'idiots ces bonhommes... Mais bon, on les aime bien quand même, hein.

JMB

@Arobase: je ne sais pas ce que c'est que "la vraie vie". Pas plus que la fausse, d'ailleurs. Figure de réthorique un peu facile (elle est utilisée par à peu près tout le monde, y compris Laurence Parisot, c'est dire la justesse de la chose) qui, par je ne sais quel raccourci formulatoire, permet de dénier à son interlocuteur une quelconque expérience.

Quant au "plafond de verre" c'est une belle image. Mais elle ne concerne pas spécialement les femmes, mais plutôt les rapports de force sociaux.Il me semble qu'elle avait été utilisée par Yamina Benguigui pour parler des difficultés des immigrés à emprunter "l'ascenseur social" sans rester au sous-sol, hommes et femmes confondus. Il est vrai que, jusqu'à preuve du contraire, Yamina Benguigui est aussi une femme. Probablement plus proche des milieux de pouvoir qu'un OS de sexe masculin.
Laure Adler est une autre figure du pouvoir qui met en avant, avant toute chose, sa condition de femme. C'est vrai que ça ne lui donne pas pour autant une légitimité "d'écrivaine". Le talent, ou son absence, n'a pas de sexe. Ou plutôt, il en a deux.

AK

« Cocu : chose étrange que ce petit mot n'ait pas de féminin ! »
de Jules Renard

Renard était connu pour sa misogynie.
Poil de carotte, s'inspire de l'enfance de son propre fils et de la sienne.

Renard en a chié avec sa mère, sa soeur, etc. Sa mère finira dans un puits en 1909 (Mme Lepic dans le livre) et lui meurt un an plus tard.

http://www.ebooksgratuits.com/pdf/renard_poil_de_carotte.pdf

JMB

On peut être talentueux et misogyne (et bien entendu, aimer les femmes): la preuve avec Le Journal de Jules Renard, un chef d'oeuvre d'écriture et d'observation, une course de fond littéraire.

Quelques exemples, pris au hasard:

4 novembre 1892. - Une rougeur s'épandit sur sa joue comme du vin dans un verre d'eau.
22 juillet 1894.- Jules Renard, ce Maupassant de poche.
23 juillet 1894.- J'ai le cerveau comme une noix fraîche, et j'attends le coup de marteau qui doit l'ouvrir.
13 juin 1897. - Toutes mes journées sont pleines, et mon âme toujours vide.
12 février 1898. - quand je regarde une poitrine de femme, je vois double.

Il y en a 1000 pages, du même tonneau. C'est autre chose que l'ampoulage juvénile de Marien Defalvard.

Arobase

@ JMB : des hommes qui mettent en avant les attributs divers de leur virilité (argent, puissance, relations) pour obtenir tout et n'importe quoi, il y en a des milliers, des dizaines, des centaines de milliers. Et ça choque qui ?

Quant à l'expérience, excusez-moi, mais un homme n'a pas trop d'idées des obstacles que rencontrent les femmes dans leur vie professionnelle, pour la simple et bonne raison... qu'ils sont des hommes et que sur ce point précis, il bénéficient du mouvement naturel de la cooptation masculine.

A moins de s'y intéresser vraiment, parce qu'ils sont sociologues ou militants, la plupart des hommes vivent très paisiblement avec l'idée qu'il existe de la discrimination salariale, par exemple. "Elles sont moins payées ? Bah, elles zont qu'à faire leurs preuves, hein hein ! Pis toujours en congé de maternité en plus !" (euh, oui, mais bon, biologiquement, les enfants, il faut bien que quelqu'un les fasse, jusqu'à preuve du contraire).

On lit les statistiques nationales sur le recrutement, les promotions, les prix littéraires : toutes sont accablantes. Soit les femmes sont ontologiquement nulles et inférieures, thèse qui est défendue ici assez régulièrement, soit il y a un vrai problème.

Alors quand on lit "oh ces femmes écrivains qui utilisent leur condition féminine pour", ça fait un petit peu rigoler quand même. La goutte d'eau en face du gouffre d'inégalités en face.

JMB

@Arobase: on ne peut pas avoir une vision sereine des relations homme/femme en généralisant comme vous le faites. Mais je maintiens que "certaines" femmes s'appuient sur leur spécifité féminine pour avancer, comme "certaines" personnes s'appuient sur leur spécificité communautaire (au sens le plus large). Je me demande d'ailleurs s'il y a lieu de leur reprocher, dans une certaine mesure.

A mon sens, la plus grande discrimination est celle du statut social et surtout, pour le résumer grossièrement, au rapport de castes. Qui perdure, voire qui s'amplifie.

Pour finir, non, l'homme n'est pas l'ennemi de la femme. Il est contre, mais tout contre.

gibusclub

Euh ouais, j'ai une anecdote qui me revient (je cite de mémoire)...

Jules Renard perd son père d'un coup de fusil (le vieux s'est suicidé, je crois).
Bref, vient l'enterrement.
Et Jules écrit : "Je sens qu'après mon père, c'est moi la personne la plus importante aujourd'hui".

Puis à la fin, tout le monde part...
Jules : "Et moi, je reste là. Je reste là. Oh, cabotin que je suis, je sens bien que je le fais un peu exprès !"

Bon, sinon, moi (pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents), je cherche un mentor... enfin, Nina Bouraoui, j'aimerais bien (c'est pas que j'ai lu ses bouquins, hein, mais je la trouve trop canon !!).
Donc, la nina, si tu me lis...

Du coup, je me demande : mentore ou mentoresse ?
(Oui, mentoresse, je sais pas pourquoi, je le sens bien, ça fait un peu "diablesse" !).

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