Alina Reyes, l’auteure du Boucher, vend désormais ses propres livres en format numérique sur son site web. Elle se présente comme “en rupture avec le milieu de l’édition“ et “ruinée socialement et financièrement mais toujours écrivain.” Reyes suit ainsi les pas de Marc-Edouard Nabe, qui a lui aussi décidé de se passer d’intermédiaire.
Il reste à espérer que de plus en plus d’écrivains tournent le dos à l’édition traditionnelle. Voilà trop longtemps que les éditeurs ont pouvoir de vie et de mort sur les écrivains et apprenti-écrivains. Il est temps d’inverser ce rapport de domination!


Ce que je trouve intéressant c'est cette petite phrase lue sur son site :
"Vous y trouverez ses nouveaux livres, inédits. Ainsi que ses livres déjà publiés sur papier – romans, poésie, essais –, qui seront progressivement tous reproposés ici, sous une forme révisée ou augmentée, voire réécrite."
Voila un argument pour briser le concept du livre papier définitif et éternel... un livre peut être corrigé, modifié, amélioré selon le désir de l'auteur. Je trouve ça très bien !
Rédigé par : asten | 12 janvier 2012 à 08:03
Elle a raison, cent fois raison. Surtout pour des deuxièmes éditions. Le problème est la distribution, toujours la distribution, encore la distribution. Il fut un temps où l'édition traditionnelle et l'auteur avaient besoin l'un de l'autre. C'est de moins en moins le cas maintenant. La maison d'édition qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez pointu verra les ennuis de près.
Rédigé par : Damien | 12 janvier 2012 à 10:24
Ils sont à mourir d'ennui, ses livres. Le boucher était chouette, mais c'est tout.
Rédigé par : Francois Martini | 12 janvier 2012 à 17:34
@Damien : vous avez raison de préciser "surtout pour les 2e éditions", je dirai même "uniquement pour les énièmes édition", parce que si vous n'avez jamais publié, ni n'êtes un minimum connu, personne ne va s'embêter à aller acheter ou même lire gratuitement un livre dont on ne sait absolument pas d'où il sort.
Quelles que soient les polémiques sur les éditeurs, au moins ils font un boulot de sélection ! (c'est justement cette sélection qui est critiquée, mais c'est un autre débat).
Quand des dizaines de milliers de wanabee publieront leur oeuvre sur le net ou l'autoéditeront, on sera bien content d'avoir à trouver la perle dans le tas de trucs pourris qu'il y aura, sans aucun repère pour bien choisir ses lectures... C'est comme pour choisir votre lessive ou votre steak, vous vous fiez à telle ou telle marque ou tel boucher...
Je pense que c'est vraiment utopique de penser pouvoir se passer d'éditeur (et du libraire), à moins d'être extrêmement connus...
Rédigé par : al | 12 janvier 2012 à 18:26
Dizaines de milliers, c'est déjà fait. Ils y sont. On s'en fout.
Rédigé par : Francois Martini | 12 janvier 2012 à 19:38
Dizaines de milliers, c'est déjà fait.
Parmi eux, un certain François Martini,
Et tout le monde s'en fout
Rédigé par : Arsinoe | 12 janvier 2012 à 21:00
Al, la sélection se fera peut être autrement, notamment par un portail numérique auquel je pense en ce moment, non pas pour le mettre sur le net, simplement pour me distraire.
Imaginons que je sois une star connue, ayant sur le net des millions de visites sur mon site. Je pourrais dans un portail numérique, en immédiat téléchargement, proposer à mes fans, mes livres et films préférés, etc. Si mes fans passaient par mon site pour les acheter, les sites de téléchargement pourraient reverser à une association bénéficiant de mon soutien,un euro symbolique ou moins.
Ces oeuvres pourraient être classées par thèmes en catégories et sous catégories spécifiques(ce qui manque sur Amazon), voyages (par pays), biographies, érotisme, racisme, etc.
Je pourrais également proposer des manuscrits directement en téléchargement ou plus exactement des livres décidant de se passer d'éditeur, le mot manuscrit étant alors devenu désuet.
Le copinage aurait tous ses droits mais comme on ne va pas proposer de la bouse à ses fans, ou à ses amis, sa famille, ces livres en téléchargement seraient de qualité tout à fait correcte.
Si je me réfère à Myspace, mes révélations musicales n'ont pas trouvé de producteur et il était jusqu'à présent difficile de se procurer les CD. Grâce à Itunes et au MP3 la donne change. C'est assez récent.
Ce portail pourrait être intégré sur des sites comme FB en application.
Si un informaticien lit ce blog et prend l'idée, j'en serais ravie, pensez simplement à me faire un don pour une cause définie même dans plusieurs années. J'espère cependant qu'ils bossent déjà sur l'idée.
Rédigé par : AK | 12 janvier 2012 à 21:42
Oui, Arsinoé, mais inutile de me stigmatiser : mes livres, je m'en fous, effectivement.
Rédigé par : Francois Martini | 13 janvier 2012 à 01:38
@Damien: "Il fut un temps où l'édition traditionnelle et l'auteur avaient besoin l'un de l'autre. C'est de moins en moins le cas maintenant."
Bien vu!
Rédigé par : wrath | 13 janvier 2012 à 06:07
Je me demandais, pragmatiquement, si elle avait racheté les droits de (tous) ses livres à son (ou ses) éditeur(s). Parce que ça peut coûter vraiment très cher (et quelle dit être ruinée), d'une part, et que les éditeurs n'aiment vraiment pas ça, d'autre part. A moins que réécrire et/ou corriger, comme elle l'annonce, fait du "nouveau" livres un autre livre dont elle est dès lors totalement propriétaire ?
Rédigé par : LVE | 13 janvier 2012 à 08:35
En cas d'épuisement (des stocks, hein, pas de l'auteur), de mise au pilon ou de refus de l'éditeur de réimprimer, l'auteur récupère ses droits sans rien avoir à payer. Donc, à part sans doute pour Le boucher, ça n'a pas dû lui coûter grand-chose.
Je ne suis pas sûr du tout, Damien et Wrath. Nabe est évidemment une exception – et encore, il doit culminer à 6 ou 7 000 exemplaires malgré sa grande notoriété et sa carte d'accès à de nombreuses émissions de télé. Financièrement, ça revient au même pour lui que s'il en avait vendu 40 ou 50 000 avec un éditeur, mais il n'y a pas que le fric, dans la vie. Alina Reyes va avoir bien du mal à dépasser les 500 lecteurs. Ne parlons pas de ceux dont le nom est moins connu...
Rédigé par : PhJ. | 13 janvier 2012 à 14:35
Merci pour cette note.
Puisque la question est posée des droits d'auteur, je signale que les droits numériques, s'ils n'ont pas été accordés par contrat à l'éditeur papier, appartiennent à l'auteur.
LVE, vous me rappelez le temps où passouline me menaçait de ruine sur son blog... Ils y sont arrivés en effet. Au moins, je n'ai plus rien à perdre !
Rédigé par : Alina Reyes | 13 janvier 2012 à 17:16
Pourquoi voulaient ils votre ruine, Alina?
Rédigé par : salut | 13 janvier 2012 à 19:06
Parce que je disais la vérité.
Rédigé par : Alina Reyes | 13 janvier 2012 à 20:26
Ah oui, pourtant on le sait depuis toutes petites, la vérité n'est pas bonne à dire... Bon courage.
Rédigé par : salut | 13 janvier 2012 à 20:31
Dommage de ne pas ouvrir les commentaires sur votre blog...
Rédigé par : Jay Toubon | 14 janvier 2012 à 09:02
Pour information, Nabe a vendu plus de 7000 exemplaires de son précédent livre en anti-édition et cela continue régulièrement, bien plus que dans le fond d'un éditeur. Les livres qu'il publiait par le passé au Rocher ou autres ne se vendait pas à plus de 3/4000 exemplaires, faites les calculs. Une jolie édition imprimée du Boucher, réalisée par vos soins, serait sûrement un succès!
Rédigé par : Aldus | 14 janvier 2012 à 11:28
Très bonne idée d'Aldus, Alina.
Même si, bien entendu, il n'est pas question de vous réduire à ce premier succès, une nouvelle réédition du "Boucher", quelque chose de luxueux et/ou d'iconoclaste serait une belle idée. Un livre-concept, ou un livre illustré de photos ou d'illustrations, pourquoi pas.
C'est peut-être aussi un des éléments futurs de survie de l'édition papier (puisqu'il semblerait que la vague de l'édition numérique soit en train de gonfler pour les années à venir) : créer des éditions papier en tirage limité, ou avec une iconographie inédite (imaginez, à l'époque de sa sortie, Un "Boucher" illustré par Topor, ça aurait eu de la gueule!).
Des "objets-livres" qu'on ait envie de garder.
Une résistance haut de gamme, un contrepoint intéressant à l'idée de culture dématérialisée qui nous attend.
Rédigé par : Jean Rage | 14 janvier 2012 à 13:44
La résistance, c'est l'illustration des romans ? A ce compte-là, mieux vaut à mon avis ne pas résister.
Rédigé par : PhJ. | 14 janvier 2012 à 14:08
Alina est fort coquine sur la photo, on pourrait imaginer un livre vidéo. Par exemple ce jour en plus d'avoir la stupéfaction de voir Jamel chez MON vendeur et bien tout le monde se file cette vidéo musicale en train de devenir culte chez les anglo-saxons, alors que c'est un vieux film français de Joel Rea interdit par la commission de censure de l'époque. Pourquoi pas un livre vidéo?
http://www.youtube.com/watch?v=qKa7gx2wk7E
Rédigé par : AK | 14 janvier 2012 à 14:11
Joel Séria pardon.
http://fr-fr.facebook.com/pages/Jo%C3%ABl-S%C3%A9ria/47927168628
Rédigé par : AK | 14 janvier 2012 à 14:15
Prenez un café (ou un grand verre d'eau) et relisez attentivement l'ensemble du texte, PhJ.
Il n'y est pas question QUE d'illustration de roman. Voyez comme votre cerveau, déjà habitué à la lecture-zapping, n'a retenu qu'une possibilité alors qu'elles sont multiples.
Ceci dit (pour en revenir à l'illustration que vous semblez mépriser, peut être par préjugé ou ignorance), l'exemple de la Divine Comédie de Dante illustrée par Gustave Moreau est l'exemple-type de "beau livre littéraire" qui ne fonctionnerait pas en numérique.
Pour le reste je n'ai rien contre le livre numérique, en tablette ou en lévitation autour de la planète Mars, je me dis simplement que d'ici quelque temps, j'aimerais avoir le CHOIX: des tablettes, oui, mais aussi des livres-papier.
Je me porte donc en faux contre les corbeaux de mauvais augure qui nous annoncent d'un ton lugubre (mais où semble percer une imperceptible jubilation) la mort du livre-papier.
Rédigé par : Jean Rage | 14 janvier 2012 à 15:39
Non, c'est vrai, Jean, pardon, il n'est pas question que d'illustration, j'ai trop vite lu-zappé. Il est question de "livre-concept", de quelque chose de luxueux, de photos, d'iconographie inédite, et surtout de "livre-objet". Ça change tout, je suis vraiment désolé d'avoir mal interprété votre pensée. (Il manque à mon avis le petit cadeau sous blister, mais je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas.)
Rédigé par : PhJ. | 14 janvier 2012 à 19:17
@Jean Rage
Gustave Doré.
Rédigé par : Homsi | 17 janvier 2012 à 12:22
Dieu, cet enfumeur de girafes...
Rédigé par : Axonge | 02 février 2012 à 14:14
(...) quelque chose de luxueux et/ou d'iconoclaste serait une belle idée. Un livre-concept, ou un livre illustré de photos ou d'illustrations
Hé mais pas bête ! puis-je me permettre de proposer une version susceptible de se voir avalisée par Mr Tariq Ramadan en personne (grosses parts de marché bien juteuses à conquérir) ? Le Boucher Halal, ça s'appellerait...
Rédigé par : Axonge | 05 février 2012 à 15:49
[...] La viande casher est donc, a priori, interdite par la législation européenne. Cependant, dans un souci de tolérance vis-à-vis des groupes religieux, certains pays ont mis en place un régime de dérogation pour ce qu'ils appellent l'abattage rituel : Directive 93/119/CE et décision 88/306 de la Communauté européenne.
Pas de jaloux... ma suggestion vaut aussi pour les Juifs !
Rédigé par : Axonge | 07 février 2012 à 16:15