Matthias “BenReilly” Jambon-Puillet ne mâche pas ses mots: "La littérature générale française actuelle manque de coups de poing dans la tronche." Pour Matthias, les romans français sont bien mollassons comparés aux productions anglo-saxonnes, comme “Fight Club" de Chuck Palahniuk. Matthias a donc envie “de lire des grandes scènes de bagarre avec du style dedans, de la poésie, des bons mots." Il espère “lire un combat sous la plume de [Régis] Jauffret, [Phillippe] Jaenada et leurs potes qui font des livres bien écrits.”
Je vois très mal Jauffret ou Jaenada écrire des récits bien sanglants. Leurs romans sont formatés pour ne déranger personne. L’objectif est simple: engranger les critiques positives dans toute la presse amie, du Figaro à Elle magazine. Si Matthias croit vraiment qu’un tel système peut produire un Palahniuk français, il se met le doigt dans l’oeil...


Je galère pour taper à une main, (vu que j'ai l'autre derrière la cornée), mais je trouve ça un peu triste, à l'heure de l'internet 2.0 et tout, de devoir racler les fonds de blog pour trouver une citation à rebloguer entre deux bouts de commentaire.
La dictature du "old" nous rattrape tous.
Sinon, pour rester dans le sujet, je préfère espérer que me résigner. Ça coûte pareil question énergie et c'est bien meilleur pour la tension.
Je crois.
Des bisous.
Rédigé par : LeReilly | 23 janvier 2012 à 08:10
C'est pas un peu l'équivalent post-moderne du bon vieux franchouille "Il leur faudrait une bonne guerre, tiens"? A moins que ce soit une forme crypto-gay du "Fais-moi mal, Johnny"?
Aïe. Je me frotte les yeux devant la pauvreté de l'analyse appliquée au champ littéraire. En même temps, connaissant l'esprit pervers et le raisonnement perfide de "Zizanie" Wrath, il est bien possible qu'il y ait surinterprétation légèrement psychotique sur les bords... Wait and see la suite.
En même temps les jugements à l'emporte-pièces et surtout les délires d'interprétation sont monnaie courante sur le net: c'est la rançon légèrement paranoïaque du numérique.
Il faut le savoir, on le sait et pourtant, personnellement je ne m'y habitue pas. Je veux dire à la crétinerie ordinaire.
Rédigé par : Random Five | 23 janvier 2012 à 08:23
C'est rigolo, la photo on dirait du West Side Story. Pas particulièrement neuf tout ça. Sinon mettre du testostérone dans nos romans, pourquoi pas, sauf que la violence est aujourd'hui tellement banalisée dans l'actualité qu'il est difficile de rivaliser avec la réalité. Je suis plus concerné par l'abdication dont vient de faire l'objet Salman Rushdie au festival de Jaipur... en voila des "mecs qui en ont"... et qui embauchent des tueurs à gage !
Rédigé par : roger cointreau | 23 janvier 2012 à 08:33
Très effet de mode, de penser que la violence est en soi un facteur d'amélioration des oeuvres, que le lourd, le brutal, le saignant vont tout arranger... Si "De sang-froid" est un grand livre, ce n'est pas parce qu'il décrit un fait divers sanglant, mais d'abord parce qu'il est magnifiquement écrit et qu'il pose la question de la motivation d'un meurtre.
Vouloir imposer l'esthétique du coup de poing dans la gueule est aussi réducteur et sectaire que la littérature "mollassonne" qu'on prétend dénoncer.
En plus, c'est méconnaître totalement la différence culturelle entre les deux continents. Si la littérature américaine porte cette violence, c'est aussi parce que sa société l'expérimente à un point qu'on préfère ne pas imaginer. C'est sûr que si les gens pouvaient porter un flingot dans les rues de Paris, l'imaginaire social aurait vite d'autres sujets de préoccupation que la conversation germanopratine.
Rédigé par : Arobase | 23 janvier 2012 à 10:00
ce post est complètement crétin. ça ne fait pas de la bonne pub à ce Matthias “BenReilly” Jambon-Puillet, si ce n'est pour démontrer que la dictature du cool (à l'anglo-saxonne) l'a, lui, rattrapé. par ailleurs le dernier jauffret (claustria) a plutôt l'air noir, dans son genre...
Rédigé par : prince léo | 23 janvier 2012 à 11:12
... et le dernier Jauffret ("Claustria" donc) a dérangé la famille Stern. Du coup, quand Wrath déclare qu'elle voit "très mal Jauffret ou Jaenada écrire des récits bien sanglants. Leurs romans sont formatés pour ne déranger personne", eh bien elle se trompe.
Ca s'appelle la preuve par l'exemple.
(Elle devrait aussi regarder ce qui sort en ce moment dans la Série Noire de Gallimard, car pas mal d'auteurs français ont pondu dernièrement des récits bien sanglants, pour une nouvelle fois la paraphraser.)
Rédigé par : Philippe M. | 23 janvier 2012 à 12:59
Ça manque de saucisse, aussi, le roman français.
Mais comme ça dérangerait la clique germanopratine des amateurs de ris de veau, je suppose qu'il ne faut pas trop espérer.
Rédigé par : Marcel | 23 janvier 2012 à 13:18
Dans mon dernier roman (Héritage, Editions Joëlle Losfeld, janvier 2012), il y a et des saucisses et des bagarres
Je dis ça comme ça...
Rédigé par : mange tes livres | 23 janvier 2012 à 13:46
@mange tes livres; je l'ai terminé il y a deux jours, je me demande si ce n'est pas un de vos meilleurs romans, ça m'énerve d'ailleurs que l'on ne parle pas assez de votre oeuvre dans les medias dominants.
"Héritage" est un roman intimiste relatant avec humour et tendresse la vie à deux d'un couple d'homosexuels (la scène du repas familial est grandiose) et qui bascule à mi-chemin dans le roman noir. Beaucoup de thèmes dans ce roman, abordés avec finesse: l"amour, la jalousie, la vie de bureau, la médiocrité, la vie de famille... Les scènes en prison de la 2ème partie sont étonnantes de crédibilité. Pourtant l'auteur est une femme qui à ma connaissance n'est pas "repris de justice". C'est le talent du romancier de se mettre dans la peau de personnages de fiction et d'en faire une oeuvre qui témoigne d'une époque.
Rédigé par : Nicole | 23 janvier 2012 à 14:08
Pour du sanglant, il y a aussi mon charcutier quand il fait le boudin...
Rédigé par : Henri | 23 janvier 2012 à 16:16
Vous devriez lire Gilles et Jeanne de Tournier.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_et_Jeanne
Jorge Semprún écrivait en français. "Comment raconter une vérité peu crédible, comment susciter l'imagination de l'inimaginable, si ce n'est en élaborant, en travaillant la réalité, en la mettant en perspective? Avec un peu d'artifice donc! ... par l'artifice de l'oeuvre d'art bien sûr!"
Simenon, 6ème auteur le plus vendu dans le monde, 700 millions de livres, Frédéric Dard, 30 ème, presque 300 millions, 45ème Gérard de Villiers, 45 ème auteur, 150 millions. Ce n'est pas un grand auteur, mais c'est putain de violent. SAS aurait pu faire la même carrière cinématographique que James Bond, mais c'est trop hard trash pour le mettre en scène.
Rédigé par : AK | 23 janvier 2012 à 16:21
Il faut lire Christian Gouy (jadis Novi, ici).
http://livre-libre.net/eress/livre.php?ido=62
C'était ma minute copinage.
Ah, Jaenada sanglant ? Connaissant un peu le bonhomme, pardon, l'ourson, je crois que l'exemple est mal choisi !
Rédigé par : Francois Martini | 23 janvier 2012 à 16:31
En fait, ce Matthias reproche à la France de produire une littérature civilisée ?
Rédigé par : Francois Martini | 23 janvier 2012 à 16:36
La chose la plus drolement erronee que Wrath ait pu produire concerne quand meme Regis Jauffret et ses livres faits pour ne deranger personne.
Invitons donc Wrath a lire les auteurs dont elle parle, ce qui la changera, et a se pencher un peu sur Jauffret (dont je pense sans me tromper qu' il doit y avoir dans ses ouvrages, quelques scenes de bagarre, ou si ce n' est pas le cas, un bon nombre de choses qui derangent ou remuent). Allez, quelques conseils pour elle : Clemence Picot, Autobiographie, Fragments de la vie des gens, et le dernier en date, Claustria, qui ne pourra que la detromper.
Je signale aussi que j' ai poste une critique sur le premier roman publie par Jauffret, Seule au milieu d' elle, a cette adresse : http://hermitecritique.wordpress.com/2012/01/20/regis-jauffret-seule-au-milieu-delle/
Voila, un peu de lecture et de domentation ne vous ferait pas de mal, Wrath.
Sinon, bravo a BenLeReilly que je suis depuis quelques temps pour ses critiques toujours pertinentes, et qui a l'honnetete de savoir de quoi il parle.
Excusez pour les accents, clavier qwerty
Rédigé par : hermitecritique | 23 janvier 2012 à 18:16
@Nicole
Merci, Nicole, voilà qui me fait vraiment chaud au coeur !
Comme disait un auteur croisé il y a peu, "j'ai peu de lecteurs, mais ils sont tous formidables."
Je n'ai rien contre, d'ailleurs, avoir plus de lecteurs, seraient-ils un peu moins formidables.
Rédigé par : mange tes livres | 23 janvier 2012 à 18:23
@Mange tes livres: vous êtes "trop" sympa;)
Petite anecdote: c'est dans la librairie Coiffard de Nantes où je suis entrée il y a une quinzaine de jours pour "voir" si Amélie Nothomb n'avait pas changé, que je suis tombée sur votre nouveau roman. Comme quoi, elle sert à quelque chose Amélie Nothomb, quand elle fait ses dédicaces... Elle ne change pas mis à part le fait qu'elle boit du champagne tout en signant ses bouquins et qu'elle porte un chapeau noir tellement haut qu'on la croirait sortie de Poudlard;)
Rédigé par : Nicole | 23 janvier 2012 à 20:40
Mais qui écrit encore "avec ses tripes", en France ? (à part les bouchers-charcutiers, évidemment.) Car je suppose que c'est à cela qu'on fait allusion ici sous la métaphore des "coups de poing sur la tronce" non ? (sinon c'est idiot.)
Ah si, il y avait ce jeune plouc "déniché" par P.O.L qui parlait de la jeunesse rurale je crois (un truc très hard, donc)... (N'est-ce pas Pierric Bailly ?)
Rédigé par : Ivanovitch | 23 janvier 2012 à 21:02
Wrath ne lit pas mes livres, je dois me rendre à la douloureuse évidence. Il y a deux crânes fracassés dans le dernier (c'est quand même autre chose qu'un coup de poing dans la tronche, pardon). Bon, pas l'ombre d'une saucisse, malheureusement. J'en mets partout dans le prochain, c'est décidé.
Rédigé par : PhJ. | 24 janvier 2012 à 15:23
Bien. Reste à présent à trouver un blog où l'auteur déclarera en substance que décidément ça manque de chaussettes bleues à pois roses dans le roman français actuel, et la dame de ces lieux aura son nouveau billet.
Vivement !
Rédigé par : Ringo Maridcheila | 24 janvier 2012 à 16:41
non-article, non-sujet et commentaires redondants... sur le fond, c'est quoi ce discours sur palahniuk... si on enlève quelques ouvrages plutot bons... fight club, survivant... combien mediocres: monstres invisibles, a l'estomac... tu parles de fond de commerce mais sais-tu que palahniuk lui aussi gere son fond de commerce pour adolescents en mal de sensation forte qui n'ont pas une faculte de concentration des plus averee?
Rédigé par : loulou blou | 24 janvier 2012 à 18:59
- La victime a été tuée à la saucisse et au marteau
- Euh, non, faucille
- Ouais mais on lit saucisse, quand même...
Rédigé par : Grenouille Bleue | 25 janvier 2012 à 09:51
Gideon Defoe, à propos de Yuri Gagarine :
"Sur le point de devenir le premier homme dans l'espace, son souci principal était d'emporter suffisamment de saucisses à bord. On doit le respect à quelqu'un qui aime à ce point les saucisses."
Voilà un auteur qui a compris le truc.
Rédigé par : PhJ. | 27 janvier 2012 à 14:02
La saucisse était une des obsessions des Russes, sous le communisme, aussi.
Rédigé par : Francois Martini | 27 janvier 2012 à 14:37
Tiens, les fonctionnaires parlent de saucisses entre eux. M'étonne pas!
Rédigé par : salut | 27 janvier 2012 à 14:39