Devinez qui est l’auteur de ce passage:
Cela faisait bien vingt minutes que je promenais mon chariot entre les linéaires et les gondoles de l'hypermarché, je n'avais toujours rien déposé dedans. Crevettes pénéides de Nouvelle-Calédonie ou veau d'Aquitaine élevé sous la mère? Courgettes blanches de Virginie ou potimarron Uchiki Kuri? Je ne me sentais pas tant en proie à une indétermination de gourmet qu'au découragement pur et simple.
[...] Devant moi, une cliente en sandales de bain élastomères et tatouée sur sa cheville d'un papilllon à l'envol manipulait de dos d'encombrants packs de bouteilles d'eau minérale à l'intérieur de son chariot. Elle se penchait en extension sur ses muscles jambiers fléchisseurs chaque fois qu'elle s'étendait vers la tête du trapèze métallique. Dans un claquement du caoutchouc des semelles sur son talon nu, l'axe de ses mollets pivotait légèrement, et alors le lépidoptère semblait décamper pour de bon.
Sexe et supermarché: on pense bien sûr à Michel Houellebecq. Et bien non, l’auteur est en fait Nicolas Fargues. Son neuvième roman, La ligne de courtoisie, vient de sortir chez P.O.L. Fargues a un physique de mannequin, et on l’imagine mal galérer pour plaire aux femmes. Mais il a bien compris que le désespoir sexuel houellebequien est un bon créneau en ce moment. A croire que toute la “jeune garde” de romanciers est influencée par l’auteur des Particules élémentaires...

Ah, ce Nicolas Fargues, toujours aussi beau. Enfin la photo choisie est particulièrement flatteuse, on voit bien que vous ne parlez pas de C. Delaume. En même temps, faut se lever tôt pour trouver une photo où il aurait l'air moche. Pourtant, sa beaugossitude ne me donne pas forcément envie de le lire. Si c'était un acteur, ça marcherait. Le nombre de films que j'ai pu voir juste pour James McAvoy, quoique là, c'est encore différent, c'est son accent qui est craquant. D'ailleurs à chaque fois qu'il américanise sa façon de parler, le charme est rompu.
Pour en revenir à Nicolas Fargues, je crois l'avoir vu allumer en direct un cierge pour les Haïtiens, à l'époque du tremblement de terre. C'est plus ce genre d'engagement qui peut me donner envie de lire un auteur, plus que sa jolie figure.
Rédigé par : Em | 09 janvier 2012 à 12:04
Un cierge ? Waow ! Ils ont dû être vachement contents !
Rédigé par : Scott Summers | 09 janvier 2012 à 12:58
J'en ferais bien mon quatre heures, être prise au supermarché entre les carottes et les navets, quel programme...
Rédigé par : chamelle bien élevée | 09 janvier 2012 à 13:04
C'est à la fois très plat et très laborieux, comme écriture... En ce sens, la filiation avec Houellebecq est nette, mais n'importe quel tâcheron pourrait s'en réclamer...
Rédigé par : Ivanovitch | 09 janvier 2012 à 13:22
« Sexe et supermarché: on pense bien sûr à Michel Houellebecq. »
Pas du tout. Le style n'est pas celui de Houellebecq. Ce style précieux et descriptif indique un roman sans intérêt qui servira aux historiens, plus tard, à reconstituer notre mode de vie, rien de plus.
Faudrait voir à lire un peu, Wrath.
Rédigé par : Francois Martini | 09 janvier 2012 à 13:31
(Ah, Scott, je t'aime.)
J'allais dire aussi, comme Martini : non, ça ne ressemble pas du tout à du Houellebecq. C'est la grande finesse wrathienne. Chaque fois qu'il y a des tongs et un supermarché, on est "influencé par Houellebecq".
Rédigé par : PhJ. | 09 janvier 2012 à 14:44
En fait, l'influence de Robbe-Grllet est aussi forte que celle de Houellebecq, dans ces extraits.
Rédigé par : Francois Martini | 09 janvier 2012 à 15:13
Moi aussi James mac Avoy m'a fait voir un certains nombre de niaiseries..je pensais à être la seule à craquer sur cet acteur même-pas-beau..Voici pour le premier outing de 2012 (merci Em de m'avoir donné ce courage.. )
Rédigé par : beebop | 09 janvier 2012 à 15:40
Whaou, la bombe, et il dédicace où? Au moins, quitte à coucher avec des écrivains (dans le but de réussir hein, pas pour le plaisir), autant les choisir jeunes et beaux... Cela dit, je manque peut-être d'arguments là...
Rédigé par : salut | 09 janvier 2012 à 15:45
Le style ? Annuaire téléphonique, non?
Rédigé par : Henri | 09 janvier 2012 à 15:45
Il a étudié dans la même école de théâtre que Paolo Nutini, Paolo me fait craquer pour ma part. Le charme des écossais.
http://video.mytaratata.com/video/iLyROoaftDcO.html
Rédigé par : gloups | 09 janvier 2012 à 15:47
waouh, on voit même le sein sous le tee shirt... si on achète ses livres on a droit au strip ?
Rédigé par : valerie | 09 janvier 2012 à 18:03
Vous n'y êtes pas, François: l'influence indéniable est celle de Spirou, lu sous Prozac.
Sinon, le garçon manque un peu de nerfs, de tendons. Un léger enrobage graisseux qui annonce une cinquantaine problématique. Mais ça peut plaire aux jeunes filles prépubères (corps inoffensif, lisse, sans poils) ou aux MILF après maternité.
Pour le texte, strictement RIEN à dire.
Rédigé par : Ken | 09 janvier 2012 à 21:50
La cinquantaine est toujours problématique. À peine sorti de la mid-life crisis, commencent les rhumatismes…
Rédigé par : Francois Martini | 09 janvier 2012 à 23:09
"le désespoir sexuel houellebequien est un bon créneau en ce moment".
Un créneau qui a une bonne dizaine d'années. Le "en ce moment" est peut-être de trop.
Rédigé par : Ringo Maridcheila | 09 janvier 2012 à 23:58
Méthode Wrathienne : je prends un court extrait de n'importe quel livre/article, et je prétextitille le net-surfeur en mal d'occupation (dont je fais partie). Quand la mayo ne prend pas, j'invective nominément (PHJ, Marien...) ; bref, du déjà vu. Wrath : quelques articles bien sentis qui surnagent dans une soupe trop liquide.
Rédigé par : DraaK | 10 janvier 2012 à 06:10
Le désespoir sexuel houellebequien est acceptable à condition de servir expressément les intérêts de la France.
Toute entreprise privée de littérature est à encourager particulièrement si son bilan comptable pondéré des frais de fonctionnement est positif.
Rédigé par : Jay Toubon | 10 janvier 2012 à 09:30
Bon. Bien.
Vu le niveau d'analyse littéraire atteint par l'hôtesse, il est temps de passer aux choses sérieuses.
Et sinon, ça rapporte combien, ce blog avec les pubs, en bas à gauche et en haut à droite? C'est payé en fonction du nombre de clics? Du nombre de posts? De la fréquence hebdomadaire? Du niveau de polémique? Du pourcentage de ventes après consultations des offres?
Parce que sinon, je ne vois pas. Je veux dire, l'intérêt de la chose. Ou plutôt si: n'étant la passion de la littérature qui vous meut, reste le lucre. Ou la perversité. Le plaisir de dire du mal. Tout à la fois. L'exutoire à la détestation de soi. Une façon comme une autre (quoiqu'un peu vile) de combler les grandes vides existentiels.
Non mais sérieusement, ça rapporte combien? Parce que je suis prêt à me sacrifier moi aussi, hein, à perdre quelques heures, entre la poire te le fromage, donner une (petite) partie de mon énergie au Dieu Blog. Vu le niveau des billets, ça permettrait même d'en dupliquer 2 ou 3 autres du même tonneau.
Après, c'est vrai, il faut tenir le rythme de la médiocrité, notez, c'est un peu comme tenir un troquet et la conversation de café du commerce: c'est pas donné à tout le monde.
Blog. Créer un blog. Finalement quelle drôle d'idée. En tout cas le vôtre, c'est pas "Wrath" qu'il fallait le nommer. C'est "Envy".
Rédigé par : Ran | 10 janvier 2012 à 09:50
Il n'y a rien qui ressemble de près ou de loin à un "désespoir sexuel houellebequien" dans ces deux extraits.
Rédigé par : Thierry Tuborg | 10 janvier 2012 à 13:03
@Ran ça rapporte la maigre, la mince, la petite impression d'exister, et peu importe la qualité, qu'on l'encense, qu'on l'attaque, la wrath ne cherche qu'à être mentionnée, rien de plus.
Rédigé par : ahlala | 10 janvier 2012 à 14:49
Wrath, allez jeter un coup d'oeil au dernier billet d'Assouline paru dans le Monde des Livres : il y évoque à un moment un bouquin paru chez Grasset dont l'auteur s'occupait de la réception des manuscrits arrivés par la Poste.
Rédigé par : Philippe M. | 11 janvier 2012 à 10:48
http://lespostiers.fr/2012/01/08/dune-generation-decrivaines-jolies/
le lien au-dessus devrait vous énerver Wrath, un post juste sur des filles qui ont écrit un livre et qui ont pour point commun d'être plutôt jolies (comme tant d'autres filles en France...) Elles ont toutefois un physique plus passe-partout que ce Nicolas Fargues qui fait craquer ma copine...
Rédigé par : Robin | 11 janvier 2012 à 16:37
C'est très jeunes bourgeoises à petits seins-bourgeons, tout ça.
Ca manque de MILF et de beyatch...
Rédigé par : Rahan | 11 janvier 2012 à 16:50
Heu… Claire Castillon est hyper craquante.
Rédigé par : Francois Martini | 11 janvier 2012 à 18:58
@Philippe M.: Merci pour l'info!
Rédigé par : wrath | 12 janvier 2012 à 07:40
Bruno Migda a bien réussi son coup.
Rédigé par : lle | 12 janvier 2012 à 13:28