L’angoisse de la page blanche est un mythe. Pour
ce blogueur, le “writer’s block” est lié à la difficulté inhérente à l’écriture:
Vous allez toujours être insatisfait avec ce que vous écrivez. Cela fait partie de la nature humaine. Dans nos têtes, les histoires sont parfaites et magiques. Mais dès qu’il s’agit de les mettre sur le papier, les choses se gâtent. Et là, une petite voix intérieure nous dit que, finalement, c’était une idée pourrie et que mieux vaudrait tout abandonner.
Or, mieux vaut écrire quelque chose de pas terrible plutôt que de baisser les bras. C’est pareil dans tous les métiers: vous imaginez un chirurgien refuser d’opérer parce qu’il ne “le sent pas” ce jour là? Bref, il faut accepter qu’il y ait des jours avec et des jours sans - et continuez à écrire. Bon, si vous avez des conseils pour surmonter l’angoisse de la page blanche, laissez un commentaire - et n’oubliez pas de jeter un coup d’oeil à ma rubrique
Les conseils de Wrath....
Le meilleur conseil que j'ai reçu, c'est de prendre rendez-vous avec soi-même : tel jour, telle heures je suis devant ma feuille de papier, que ça me plaise ou pas, comme un rendez-vous chez le dentiste. Forcément qu'un jour, à force de rester devant une page blanche il va sortir quelque chose.
Rédigé par : Irina Alexandrovna | 07 mars 2012 à 08:15
Euh, moi si le chirurgien ne le sent pas, je préfère qu'on reporte à un autre jour...
Rédigé par : quellebandededingues | 07 mars 2012 à 09:29
Et voilà, c'est avec ce vieil argument débile rabaché à tous les "wannabe" qu'on se retrouve avec trop de bouquins dont 90% sont des merdes inutiles à l'humanité.
"Mieux vaut écrire quelque chose de pas terrible". Tout est dit.
C'est une certaine vision.
Quand on n'a rien à dire, mieux vaut ne rien écrire, point.
Rédigé par : Don Chalimont | 07 mars 2012 à 10:34
"Les 90% de merdes inutiles à l'humanité" ne sont pas le fait des wannabes... puisque justement ils n'arrivent pas à se faire publier ! Voyez plutôt du coté des "filles et fils de" ou "des copains de"...
Rédigé par : Irina Alexandrovna | 07 mars 2012 à 10:54
Grâce au plagiat, cette angoisse disparaît pour beaucoup.
Rédigé par : Robin | 07 mars 2012 à 11:43
D'ac avec Irina (et Wrath, quasiment). Il faut écrire, qu'on ait envie ou pas. (Un moyen est effectivement de se fixer des heures – c'est aussi ce que je fais.) Avec ces conneries d'inspiration et de muses qui viennent délicatement se poser sur votre épaule, on écrit une page tous les six mois et, souvent, pour ne pas dire toujours, c'est minable (genre trop mièvre, ou trop sophistiqué, ou trop ceci ou cela). La page blanche, ce n'est pas un problème d'inspiration, mais de peur. Or le seul remède contre la peur, c'est l'action. Donc voilà, il faut écrire, même si ce qui sort ce jour-là est nul. Ça permet de passer jusqu'au jour suivant – sinon, le jour suivant, on en est toujours à la page blanche. (Et ensuite, bien sûr, il faut revenir sur ces trucs nuls, quand on a moins peur, ne pas les laisser tels quels.)
Rédigé par : PhJ. | 07 mars 2012 à 13:59
A quel titre, Wrath, êtes-vous qualifiée pour donner des conseils en matière d'écriture ?
Quelle réussite vous donne autorité ?
Je ne demande pas si votre conseil est bon ou mauvais (la réponse dépend des auteurs), je demande simplement s'il est légitime.
Rédigé par : Passant | 07 mars 2012 à 14:40
Je ne comprends pas qu'on érige une méthode personnelle en règle. A chacun de trouver son fonctionnement. Bien sûr, plus on écrit et plus on écrit facilement . Mais l'inspiration ça existe. Partout. ça ne garantit pas le talent ou une production géniale certes, mais ça facilite pas mal dans un premier temps.
Et puis tout ramener à la peur, c'est ennuyeux. La peur de quoi? Qu'est ce qu'on risque devant une feuille? On voit que vous avez pas fait la guerre.
Bref, le coté très volontaire, j'aime pas. Mais chacun sa façon de fonctionner.
Rédigé par : salut | 07 mars 2012 à 14:41
@ passant. En fait, dans votre idée, il y a ceux qui ont le droit de parler, et les autres. C'est un peu facho non?
Rédigé par : salut | 07 mars 2012 à 14:42
Le cinéma aime bien véhiculer des clichés comme celui-ci : l'inspiration est ce qui saisit l'écrivain tout à coup et sa main, à la différence d'une main normale, devient créatrice de mots dans la fièvre... un peu comme le génie fou dans son labo...
Il faut faire réver le bon peuple...
Plus raisonnablement, un écrivain sans doute - je n'en suis pas un mais simplement un peintre qui vend quelques toiles - doit ressembler à un artisan.
Et les "à cotés" pour un artisan en dehors de la création sont tout aussi importants: faire sa publicité, être ouvert et sympa avec ses clients, étudier de nouvelles choses, avoir un réseau etc.
Finalement, si tu es parisien, avec un réseau, connu, si tu as écrit un livre " normal", prosaïquement, tes chances de te faire éditer chez Robert Laffont par exemple sont grandes.
Rédigé par : coucou | 07 mars 2012 à 14:56
Tout le monde a le droit de parler, ne serait-ce que pour ne rien dire, j'en suis évidemment d'accord. C'est ce qui fait le charme des blogs littéraires, notamment en section "commentaires".
Mais parler, c'est une chose, donner des conseils, c'en est une autre. En quoi est-ce "facho" ?
Quand on ne sait pas faire un quatre quarts, est-on crédible pour expliquer comment faire un soufflé Grand Mariner ?
Rédigé par : Passant | 07 mars 2012 à 14:59
Oui passant, mais là le débat nest pas de faire un bon livre, mais d'écrire... Il me semble. Et même un mauvais cuisinier peut parler de sa façon de casser les oeufs et rater son gâteau, non?
Rédigé par : salut | 07 mars 2012 à 15:11
"facho", c'est excessif...(pardon)
Rédigé par : salut | 07 mars 2012 à 15:12
@salut : oui réduire l'angoisse à la peur est un peu réducteur, l'angoisse se situe peut-être du côté de l'incertitude, du doute.
le doute de la page blanche serait un terme un peu plus juste : douter de ce qu'on va écrire c'est, à mon avis, l'essence - ou le diesel- même de l'écrivain.
quant aux remèdes - de grand-mère - comme se mettre tous les jours à heures fixes devant sa page, passer à l'action, écrire même si c'est nul and co, c'est comme préféré la cire chaude à la crème dépilatoire en terme d'épilation : ça n'empêchera jamais les poils de repousser.
Rédigé par : sophie | 07 mars 2012 à 15:53
Chirurgien, rendez-vous chez le dentiste, faire la guerre, artisan, soufflé grand marnier, casser les oeufs, diesel, crème épilatoire...
Que de métaphores inspirées... Vous vous chauffez tous pour écrire un chef d'oeuvre dans la nuit, c'est ça?
Rédigé par : Marco | 07 mars 2012 à 16:25
Ce n'est pas une "règle", Salut et Sophie, en tout cas en ce qui me concerne je ne pensais pas à ça. C'est une règle pour moi, c'est tout – c'est ce que demandait Wrath, il me semble. Et juste un conseil comme ça, à prendre ou pas, si on se sent concerné ou pas (c'est fait pour ça, les conseils).
Quant à cette histoire de "peur", euh, on n'a le droit de parler de peur que face à 50 types armés de mitraillettes ? Encore une fois, je parle pour moi. Le doute, l'angoisse, c'est tout le temps – donc heureusement que ce n'est pas synonyme de page blanche, je n'écrirais jamais rien. La peur, c'est autre chose. Pour moi, c'est vraiment une question de trouille, la page blanche, pas de doute ou d'angoisse. Ça ne m'est pas arrivé depuis longtemps, mais avant, quand ça me prenait, le seul moyen était de m'envoyer une demi-bouteille de whisky (bon remède contre la peur). J'écrivais ensuite des choses consternantes et pathétiques, bien sûr, mais au moins j'écrivais, repartais, et pouvais revenir dessus plus tard. Cela dit, Salut, si pour toi la page blanche c'est simplement quand l'inspiration mystérieuse qui jadis nimba l'âme de Mozart et Goethe ne vient pas flotter autour de ta table d'artiste, pas de souci, chacun ses impressions.
Rédigé par : PhJ. | 07 mars 2012 à 16:32
100 % d'accord avec Philippe.
La "peur", c'est aussi ne pas savoir pas quoi ni par où commencer. Le début ? Certes, mais la première phrase est essentielle, ou, du moins, a-t-on tendance à s'en faire une montagne. Giono disait : "Mon livre est fini, il ne reste plus qu'à l'écrire". D'où l'intérêt de s'astreindre à l'écriture quand une bonne histoire à l'air prête à se développer, quitte à revenir sur ce foutu début et d'autres passages un peu "forcés"...
Rédigé par : Petit Rictus | 07 mars 2012 à 16:51
On peut être mal inspiré, aussi.
Rédigé par : salut | 07 mars 2012 à 17:08
"Mieux vaut écrire quelque chose de pas terrible" : on ne pourra pas dire que Marie-Lisette ne s'applique pas ses propres conseils...
Rédigé par : wrathoune | 07 mars 2012 à 18:35
Personnellement, j'écris comme un tueur en série passerait à l'acte : par périodes de fortes impulsions, irrépressibles en fait. Je ne sais pas si c'est bon ou mauvais, je ne me pose jamais la question, ça m'est juste nécessaire à ce moment où je le fais. Hors de ces étranges "fenêtres d'écriture", je peux rester des semaines, des mois sans aucune envie, comme un tueur reste inactif. Mais quand "ça" vient, c'est très bon et délicieux, j'aime beaucoup. Donc l'angoisse de la page blanche, non, jamais.
Rédigé par : Lone | 07 mars 2012 à 18:59
Le tout est de commencer. Ce qui n'est pas commencé n'étant pas à finir, la problématique n'en est en fait pas vraiment une. C'est à dire que si vous commencez un roman, vous le finirez. Logiquement. Et que si vous ne commencez rien... C'est une lapalissade mais je ne comprends pas trop ces histoires d'angoisse, d'inspiration, etc... Du moment que vous vous lancez dans l'écriture d'un roman c'est que vous avez un sujet et une matière. Après une fois que la narration est débutée, elle appelle naturellement une suite, un personnage appelle une psychologie, un cadre de vie, etc... Les histoires de page blanche c'est effectivement très cliché cinématographique...
Rédigé par : Ivanovitch | 07 mars 2012 à 20:16
@PhJ : c'est tordant : vous faites la "une" de bibliobs avec cet aphorisme impérissable "Il n'y a rien de plus différent qu'une femme et un ours". On sent bien là tout l'acuité, le sens de l'observation qui sont le propre du grand écrivain :)
Rédigé par : Ivanovitch | 07 mars 2012 à 20:26
La comparaison entre un écrivaillon-débutant-amateur et un chirurgien est d'une rare pertinence !
Rédigé par : Tommy | 07 mars 2012 à 22:43
Personnellement, j'ai toujours fait très attention de ne jamais commencer à écrire.
Je me félicite chaque jour de tous les emmerdements que ça m'a évité.
Rédigé par : Jean Démoulins (et parfois 2) | 08 mars 2012 à 01:12
Lone a tout dit : on est écriveur quand on a quelque chose à écrire, et le reste du temps on peut être autre chose.
C'est sans doute en vivant qu'on trouve quelque chose à écrire, pas forcément en cherchant.
Rédigé par : LauGid | 08 mars 2012 à 08:23
Méfions-nous de ceux qui disent écrire dans l'inspiration et le plaisir... ils sont à mettre dans la même catégorie que ceux qui affirment avoir été publié "par la poste"...histoire de décourager la concurrence : selon eux "il y aurait déjà trop de livres"...
Rédigé par : yousef | 08 mars 2012 à 08:31
"le seul moyen était de m'envoyer une demi-bouteille de whisky (bon remède contre la peur)"
Il y a une peur plus terrible encore, que la page blanche, Phj, c'est, en ouvrant la bouteille de whisky, d'éprouver cette angoisse lancinante "sera-t-il bon?"
Rédigé par : Henri | 08 mars 2012 à 11:54
Ah non, j'ai mes marques, Henri. Il y a quand même quelques valeurs sûres dans la vie.
@ Ivanovitch : Impressionnant, hein, cette lucidité, cette profondeur philosophique, alliées à la plus pure élégance littéraire.
Rédigé par : PhJ. | 08 mars 2012 à 15:40
@ PhJ. : J'ai lu votre livre, Vie et mort de la jeune fille blonde. Olala, j'ai fait de ces rêves, mais de ces rêves .... Ceux qui l'ont lu voient sûrement de quoi je parle.
Rédigé par : robin | 08 mars 2012 à 18:55
Et si le point de départ, c'était d'abord une envie, celle de raconter une histoire ? Or aujourd'hui, on a davantage l'impression de se retrouver de plus en plus face à des textes écrits par des gens qui règlent leurs comptes et leurs problèmes, comme si l'écriture c'était une thérapie : aucun intérêt, sauf pour les professionnels de la cervelle ! Et si les auteurs arrêtaient de se la jouer autant ? Ca aiderait peut-être à relever le niveau général de la littérature française actuelle, pas franchement bandante (par contre, allez faire un tour chez les nippons par exemple !) Même sur le web, terres de richesse (qu'on dit), j'ai du mal à trouver de bonnes histoires à lire, hors de ces conventions égotiques et pas criblées de fautes. Parce qu'écrire, c'est aussi du travail. Beaucoup de travail. Sans aucune promesse. Et donc faut avoir envie.
Rédigé par : Huhu | 08 mars 2012 à 19:18
L'écriture est avant tout une thérapie. L'écrivain se soigne au travers du rire, des larmes, de l'observation de ses contemporains, des moeurs de son temps, de l'exploration de son moi intérieur, et par la description, retranscription de la plongée sensuelle, érotique, en l'autre. L'écriture est une exploration et une distanciation, ce qui est le propre même de la thérapie. Ce recul sur soi-même, sur ses problèmes, cette faculté à les analyser, à les contempler et donc à pouvoir mieux les surmonter, à moins les subir au premier degré. Les artistes sont tous malades. Les grands artistes sont des grands malades. Qui surmontent comme ils peuvent cette condition terrestre en la transcendant au travers de l'art.
A travers et dans le bon sens comme disait M...
Rédigé par : Ak | 09 mars 2012 à 00:51
@Robin: "Grâce au plagiat, cette angoisse disparaît pour beaucoup." Excellent conseil, si l'on en croit le nombre d'affaires dans le petit milieu germanopratin...
Rédigé par : wrath | 09 mars 2012 à 07:19
@Ak: Rien à dire vous avez tout dit. Merci
Rédigé par : Valérie | 10 mars 2012 à 21:41
J'ai écrit cela sans me relire en 2 minutes top chrono. Service rapide. Je carbure au café cardamone.
Rédigé par : Ak | 10 mars 2012 à 23:48
Valérie, votre blog érotique m'est interdit.
Rédigé par : Ak | 11 mars 2012 à 00:12
@Ak: Interdit? Il vous fait mal aux yeux ou vous avez moins de 18 ans? Si c'est le premier cas j'en suis désolée je fais ce que je peux et sinon pour le second vous êtes bien chanceux
Je vous embrasse
Rédigé par : Valérie | 11 mars 2012 à 12:14
Je suis à Dubai.
Rédigé par : Ak | 11 mars 2012 à 13:43