Le New York Review of Books n’a pas été particulièrement impressionné par le dernier roman de Michel Houellebecq (“La carte et le territoire”, qui vient juste de sortir aux Etats-Unis). La prestigieuse revue new-yorkaise consacre l’essentiel de son article aux deux premiers romans de Houellebecq (“Extension du domaine de la lutte” et “Les particules élémentaires”) et cite de longs passages sur la misère sexuelle occidentale. En contraste, “La carte et le territoire” est jugé plutôt décevant. Houellebecq y parle de travail plutôt que de sexe. “It is an uncontroversial idea”, déclare la journaliste Elaine Blair, qui semble avoir trouvé le roman soporifique.
Reste à savoir si la réputation de Houellebecq outre-Atlantique va survivre à une série de romans ratés (La possibilité d’une île était déjà très moyen...) Qu’en pensez-vous?

Son dernier roman a effectivement été une énorme déception. Vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent. Une histoire à roupiller accoudé à un zinc, et une enquête soit disant policière, navrante. Il a vraiment décroché le Goncourt à l'usure. Mais de la à dire que sa réputation en pâtira, c'est sous-estimé le talent de l'écrivain qui peut nous pondre un nouveau grand livre s'il cessait un peu se prendre pour le grand manitou des Lettres françaises. Et de se remettre véritablement au travail au lieu de nous feindre la modestie en permancence...
Rédigé par : LVE | 05 mars 2012 à 08:29
Toujours cette foutue fausse question du sujet.
Rédigé par : PhA | 05 mars 2012 à 08:38
Oui, PhA, un auteur pas trop méconnu appelait ça "se branler à l'extérieur".
Rédigé par : Rouget Anouar | 05 mars 2012 à 09:47
Ce que j'en pense ? Il va pas faire "long feu" comme ça à tirer sur la cigarette notre Houellebecq national !
Rédigé par : delphino | 05 mars 2012 à 11:45
mais... c'est pas lui sur la photo !
Et qu'on ne me dise pas que c'est l'éclairage qui le rend soudain beau : il tient sa cigarette normalement, au lieu de la tenir entre le majeur et l'annulaire.
Rédigé par : quellebandededingues | 05 mars 2012 à 12:51
C'est un des rares auteurs français à se vendre dans le monde anglo-saxon malgré tout. Et qui ait autant de papiers sur lui.
http://articles.boston.com/2012-01-01/books/30575773_1_islamophobia-territory-michel-houellebecq/2
http://www.guardian.co.uk/books/2011/sep/21/houellebecq-map-and-territory-review
http://www.nytimes.com/2012/01/15/books/review/michel-houellebecqs-version-of-the-american-thriller.html?pagewanted=all
Rédigé par : Exit3 | 05 mars 2012 à 13:49
Au fond, votre rêve, W.rath, c'est de voir s'écrouler tous les auteurs français qui ont eu l'outrecuidance de se faire publier par un éditeur français.
Cela ne prouvera bien, mais ça vous fera du bien : vous n'aurez plus personne à jalouser.
Rédigé par : Passant | 05 mars 2012 à 14:12
Houellebecq est le meilleur écrivain français vivant, aucun de ses livres n'est raté, et surtout pas le dernier qui est bouleversant pour qui sait lire...
Il faut vraiment n'avoir aucune expérience réelle de la vie et aucune culture pour dire des choses aussi stupides que celles qu'on lit ici.
pauvre Houellebecq... Quand il sera mort on dira (trop tard) "C'était un génie, un visionnaire"
Les humains sont majoritairement sots, jaloux, incultes, aigris. Céline l'a dit mille fois mieux que mon modeste commentaire.
Rédigé par : Ras la frange de la bêtise humaine | 05 mars 2012 à 18:30
Bon ben voila : C'est Houellebecq le plus grand écrivain du monde à travers tous les siècles... qu'on se le dise !
Rédigé par : Ras la couette | 05 mars 2012 à 18:56
"Céline l'a dit mille fois mieux que mon modeste commentaire." Ah ben ça c'est sûr ! Ras le cul des connards.
Rédigé par : Scott Summers | 05 mars 2012 à 19:53
J'ai cette impression qu'il existe aujourd'hui chez les critiques une absence de nuance qui les contraint à mêler déception personnelle et absence de qualité des objets artistiques qu'ils commentent.
Considérer le dernier opus de Houellebecq comme un mauvais livre revient à se poster dans une attitude simplement provocatrice. Houellebecq écrit fluide, sait construire une intrigue, dispose d'une patte reconnaissable et parvient à faire passer ses idées (peu importe ce qu'elles sont) à travers ses romans. Tout cela, qu'on se le dise, n'est pas à la portée du premier venu. Un livre réunissant ces qualités est donc un bon livre. Qu'on l'aime ou pas et qu'on le juge plus ou moins réussi qu'un autre opus du même auteur.
Enfin, Wrath qui tape sur son idole à la manière de Fogiel, ça reste suffisament réjouissant pour avoir envie d'en débattre. ^^
Rédigé par : MystereNW | 05 mars 2012 à 22:56
@MysterNW : non il écrit pas très fluide, son style est même assez pesant (certains disent que c'est fait exprès, c'est possible, perso j'y crois pas mais bon). Vous voulez dire "lisible" je suppose, ou "facile à lire".
Il sait construire une intrigue simple, oui, bon, mais enfin c'est pas vertigineux non plus.
Sa plus-value, c'est sa capacité à rendre un certain air du temps, en gros un nihilisme dépressif sur fond de misère sexuelle. C'est censé être super sulfureux mais enfin à l'arrivée c'est quand même l'idole des bobos inrocks (dont il fait régulièrement la couv'), ça remet un peu les choses à leur place, je trouve.
Rédigé par : Scott Summers | 06 mars 2012 à 00:24
Il est possible que l'on ne donne pas le même sens au concept de fluidité. Selon moi, un texte est fluide lorsqu'on peut le lire à haute voix sans accrocher les mots ni perdre le sens d'une phrase un peu longue. Hors, Houellebecq, s'il est réputé pour ses phrases à rallonge, ne m'a pour autant jamais perdu.
Quant à rendre l'air du temps, je pense qu'il est loin d'être le seul à le faire et que c'est justement dans les Inrocks qu'on s'exstasie sur le choix de ses thématiques. A mon sens, Houellebecq se singularise plutôt sur sa bonne maitrîse de l'adéquation entre le fond et la forme. Il écrit froid, parfois chirurgical, pour dépeindre la face morose du monde urbain. Et c'est cette radicalité (couplée à son efficacité) qui selon moi fait mouche.
Rédigé par : MystereNW | 06 mars 2012 à 01:12
Mouais, si vous voulez, moi j'aurais dit qu'il écrit mou, tout simplement, mais c'est vrai, il y a un côté tabac froid dans son style. Par contre, la radicalité, je vois pas très bien.
Rédigé par : Scott Summers | 06 mars 2012 à 02:36
J'ai du mal à le lire, je le trouve ennuyeux... Et je trouve son désenchantement facile. Sans lutte et sans invention. Et heureusement, je ne vis pas du même air du temps que lui.
Rédigé par : salut | 06 mars 2012 à 09:36
"A mon sens, Houellebecq se singularise plutôt sur sa bonne maitrîse de l'adéquation entre le fond et la forme"
Putain, Scott, pourquoi tu laisses passer des trucs pareils..?
Avec lui, toute entreprise privée de littérature court à sa ruine.
Si tu ne le fais pas au nom du bon sens, fais le pour la France.
Rédigé par : Jean Démoulins (et parfois 2) | 06 mars 2012 à 13:56
Tiens, encore un troll incapable de supporter une autre opinion que la sienne. Deux sur un même blog ? Impossible ! Goliadpine, mon ami, veux-tu bien reprendre ton pseudonyme original ? :)
Rédigé par : MystereNW | 06 mars 2012 à 14:13
Houellebecq a-t-il une seule fois revendiqué quelque subversion ?
Rédigé par : Francois Martini | 06 mars 2012 à 14:33
Il faut avoir un sacré culot pour appeler ça une "opinion"...
Je vais te révéler un grand secret, Nawak, ouvre bien les oreilles, écarquille bien les yeux, ne chahute pas, bref, sois à ce qu'on te dit:
Il y a toujours "adéquation" de la forme et du fond puisque la forme... C'est le fond.
Etonnant, non?
Rédigé par : Jean Démoulins (et parfois 2) | 06 mars 2012 à 15:22
Marie-Lisette lirait donc la NYRB ! Voilà une nouvelle. On y parle assez peu de Jodi Picoult pourtant, non plus que des auteurs chéris par ses "copines de book-club".
Rédigé par : wrathoune | 06 mars 2012 à 15:36
Peut-être qu'il plagie Max Gallo?
Rédigé par : Henri | 06 mars 2012 à 16:10
@scott : mais si Houellebecq a une esthétique, elle ne vous plaît peut-être pas parce qu'elle est négative (ou devenue branchée) mais il en a une, qui essaie d'embrasser le monde (et c'est rare) (ce n'est pas un formaliste)
Rédigé par : alain | 06 mars 2012 à 16:28
Il n'est pas un peu vieux maintenant ce Houellebecq ? Il a peut être perdu en "fluidité" aujourd'hui ?
Rédigé par : sisi | 06 mars 2012 à 19:05
« Le Prix Goncourt vous empêche à jamais d'être aimé, comme il faut, par ces inconnus admirables de qui l'on veut être aimé. »
(Alain-Fournier, Lettre à René Bichet, 2 novembre 1912, dans : Alain-Fournier, "Lettres au petit B.", Émile-Paul Frères, Paris, 1936, page 183.)
Rédigé par : Cenotrope | 06 mars 2012 à 23:14
@alain : oui j'ai pas dit le contraire.
@desmoulins : si on devait relever toutes les conneries qu'on entend ici, on n'en finirait jamais... et pour le coup, je vois assez bien ce que MrNW voulait dire : un style crapoteux et neurasthénique pour une vision du monde sordide et désenchantée, il y a une forme de cohérence.
Rédigé par : Scott Summers | 07 mars 2012 à 18:47