Dans un article sur les cours de creative writing, la journaliste britannique Danuta Kean demande aux wannabes de bien réfléchir à leurs objectifs avant d’investir dans une formation. Tout le monde veut produire un bestseller et décrocher un prix littéraire prestigieux, affirme-t-elle. Mais soyons réaliste: quels sont vos objectifs minimums? Finir votre roman? Décrocher un contract avec un éditeur? Mieux comprendre comment marche le milieu de l’édition?
Bien sûr, les wannabes français se posent rarement ce genre de questions, puisque les cours de creative writing sont quasiment inexistants (je ne parle pas des “ateliers d’écriture” à 1500 euros organisés par Gallimard pour plumer les plus naïfs). Mais il n’empêche qu’il est important de se poser quelques questions si vous écrivez. Prenez quelques instants pour mettre sur papier vos objectifs, à court et long terme. Que ferez-vous si votre premier roman n’est pas publié, par exemple? Avez-vous le courage et le temps libre pour persévérer, sans aucune garantie de succès?
Se fixer des objectifs, c’est aussi accepter que l’écriture est un job difficile, ingrat, et peu ou pas rémunérateur. Après un certain nombre de refus, il est acceptable de se dire: “OK, si mon prochain roman ne trouve pas preneur, je laisse tomber.” Autrement dit, si l’écriture est source de frustration et de sentiment d’échec, il est peut-être temps de passer à autre chose...

Et vous, Wrath, dans cette optique, quels sont vos objectifs ? Cela serait intéressant à connaître, pour une meilleure compréhension de vos chroniques.
Rédigé par : Passant | 14 mai 2012 à 06:46
Entièrement d'accord avec Passant, ce serait intéressant, en effet.
Rédigé par : SarahC. | 14 mai 2012 à 09:03
Ce billet est une sorte de confession personnelle, non?
Rédigé par : Fu Manchu | 14 mai 2012 à 09:25
Cela ne me traverse pas l'esprit d'écrire pour les autres. C'est de la pure branlette, une thérapie, parfois de la survie, de l'amusement aussi, et publier, je m'en contrefous, sauf au niveau du plagiat... C'est une protection malgré tout, koike... En tous domaines, je tente de créer là où je note un manque. Raison pour laquelle le plagiat me paraît si crétin car cela enlève tout le plaisir de l'écriture. Creuser en soi, se révéler à soi-même, offrir ce qui n'a pas été encore offert, traiter de sujets sous un angle différent. C'est peut être mauvais mais c'est une sensibilité unique. Que ce soit une pièce de théâtre sur la bisexualité, un scénario sur l'identité sexuelle, un roman sur la transmutation des énergies sexuelles, un court sur l'abus sexuel des hommes dans leur enfance, des paroles de chanson, ma raison d'écrire est UNIQUEMENT de m'offrir à moi-même ce que je ne trouve pas sur le marché, d'offrir éventuellement aux autres (ma famille, mes amis, mes amours ou ex amours), une approche en laquelle je crois. Là est l'essentiel. On écrit si l'on écrit pour l'Autre, avant tout pour ses proches. J'aurais adoré garder de mes parents, un dessin, une peinture, une musique, une chanson, un texte même de quelques pages. Ma grand-mère paternelle nous a tous sciés en laissant dans un cahier quelques écrits d'une rare sensibilité. Mon frère m'en parle souvent car ses écrits étaient assez éloignés de ce qu'elle nous montrait d'elle. De mon père, une correspondance à sa maîtresse, que mon frèro a jeté sans m'avertir, ce que je regrette car il écrivait très bien.
Je rêverais que mes amis écrivent des blogs, des livres, des chansons, juste pour mon plaisir, je suis enthousiaste des autres, mais malheureusement beaucoup ne sont pas très créatifs même leur page FB est terne. Ils ne ressentent pas ce besoin du partage.
A part cela, on peut trouver tout ce que j'écris très mauvais, cela me fait le plus souvent rigoler, je n'ai pas de grandes prétentions artistiques.
Rédigé par : Ak | 14 mai 2012 à 13:12
Ce serait un peu comme volailler alors, si ça ne marche pas j'arrête la volaille!
Rédigé par : Henri | 14 mai 2012 à 15:50
"Que ferez-vous si votre premier roman n’est pas publié, par exemple? Avez-vous le courage et le temps libre pour persévérer, sans aucune garantie de succès?"
J'ai écrit trois romans, tous publiés sur internet et imprimables à la demande. Je suis en train de finir un recueil de textes.
"Écrivain du dimanche", ça me va très bien comme ça.
Rédigé par : esperaza | 14 mai 2012 à 16:49
AK : si on résume tous vos écrits parlent de sexe ?
Rédigé par : Darcourt | 14 mai 2012 à 17:07
Selon notre amie Marinette, c'est exactement comme la volaille, Henri, oui. "Tout le monde veut produire un best-seller et décrocher un prix prestigieux." (Tout volailler veut vendre le plus de poulets possible.") Parfois, souvent, je me demande pourquoi je continue à venir lire ce qui s'écrit ici. Quand je vois des merveilles de ce genre, je sais. (Sans vouloir être méchant, quel esprit bas et lourdaud vous avez, Lise-Marie... Vous n'imaginez pas que les gens puissent faire des trucs, surtout quand ils réclament des efforts ingrats et peu rémunérateurs, pour autre chose que l'argent et le prestige ? Vous n'imaginez pas qu'on puisse écrire pour une autre raison ? Je suis sûr que si, allez. Vous avez sans doute des amies qui ne sortent le soir à Vancouver que pour harponner des types riches qui présentent bien, mais ne me dites pas que vous ne connaissez pas aussi quelques folles qui cherchent juste à rencontrer un homme, peu importe sa place dans la hiérarchie de HSBC, dont elles pourraient être vraiment amoureuses...)
Rédigé par : PhJ. | 14 mai 2012 à 19:57
Darcourt, une émission assez forte sur la BBC en 2011, who do you think you are, on pouvait observer le poids de la généalogie dans le processus de créativité. Mon arrière grand père avait reçu un obus dans le bas ventre en 14-18 à Verdun et avait marché avec ses intestins dans le casque. Il est revenu à la maison, jeune marié père de deux enfants, sans sexe. Il est possible que ce traumatisme ait influencé l'approche de la sexualité de notre famille, et donc la mienne, car oui, je suis un peu obsédée par le thème de l'impuissance masculine, la perte de la sexualité, etc. Il a mis des années à mourir de cette blessure. J'ai fait le lien entre mes petits écrits et l'histoire familiale en regardant cette émission, l'année dernière. Je peux donc livrer une tentative d'explication. Mon arrière grand-mère est morte elle très âgée, je l'ai donc connue et elle était très importante pour mon père; sacrale. Elle s'est plainte toute sa vie de ce désastre sur sa sexualité, elle était scorpion.
Rédigé par : Ak | 14 mai 2012 à 21:07
Moi, je sus comme Proust : mon objectif est que mes amis s'amusent en me lisant.
Rédigé par : Francois Martini | 14 mai 2012 à 21:08
@ AK: Je ne savais pas tout cela et ton analyse est intimement troublante mais ce que je sais c'est que putain quand tu écris d'après ce que j'ai pu lire ca le fait! Je t'embrasse
Rédigé par : Valérie | 14 mai 2012 à 21:19
Rires. Le thème de la pièce n'est pas la bisexualité mais l'impuissance, rectification. Je précise cela à toi qui est un(e) chantre de la bisexualité féminine. On est heureux c'est le principal, heureux d'écrire et de partager. Mais je dois dire que je suis avant tout lectrice des autres! Et enthousiaste de l'autre, chère Tendre garce bien plus talentueuse que je ne le suis.
Phil, oui à bas les bourses pleines! :@)
Rédigé par : Ak | 14 mai 2012 à 22:00
C'est clair qu'elle a du talent, la Tendre Garce.
Et sinon, je relève avec délectation le (col)lapsus - précisément - du demi-sec au sujet de Proust.
Allez, parlons de cul.
Rédigé par : Jackalope | 14 mai 2012 à 22:12
Phil vous n'avez rien à voir avec Voici perso, mais vos collègues lançant sur internet que Delarue a bloqué une plage alors qu'il lutte contre la maladie, cela fait honte d'être humain. Et les commentaires sur les sites net aussi.
Rédigé par : ajout | 14 mai 2012 à 22:52
Précision; j'ai fait lire un manuscrit à Million en 2008 par un hasard internet (qui ne m'avait pas informée qu'il allait ouvrir une maison d'édition), il m'a proposé d'écrire une nouvelle (il a publié mon brouillon écrit en 4 minutes en fait, je ne connaissais pas sa revue), j'avais envoyé un truc à Scheer aussi (pas un manuscrit, un texte). Ils ont tous deux été charmants surtout Million, et j'ai été lue! Je n'ai envoyé à personne depuis. Je n'y ai même pas pensé je dois dire. Je tapote sur mon blog pour me changer les idées comme je jouerais au golf, sans prétention littéraire (il est très mal écrit d'ailleurs). Et voilà. On peut passer du temps sur le blog de Wrath sans être obsédé par une publication.
Rédigé par : Ak | 15 mai 2012 à 10:29
C'est toi, Maurice?
Rédigé par : Charloque | 15 mai 2012 à 20:20
@Passant: Mon objectif, c’est de trouver suffisamment de temps pour entretenir ce blog (pas facile quand on bosse 60h/ semaine!)
Rédigé par : wrath | 16 mai 2012 à 04:28
Ah oui, c'est vrai, la "valeur-travail".
Rédigé par : Hannibal Lecteur | 17 mai 2012 à 17:09