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07 mai 2012

Commentaires

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Passant

Ce billet reflète une belle ambition littéraire, bravo !

Elsa C

Ben ouais, pour être publié, il faut "séduire". Pour décrocher un poste, il faut "séduire" aussi le recruteur. Pour obtenir un prêt, il faut "séduire" son banquier. Etc. Les qualités "techniques" (écriture, CV, capacités financières) ne suffisent pas... Merci Wrath de rappeler ainsi les fondamentaux de l'existence en société.

Consultator

Si le dénommé "Salut" commençait par écrire à peu près correctement le français, il pourrait peut-être prétendre, après des années d'effort, d'abnégation et de volontarisme, à un début de carrière littéraire. Et encore, ce n'est pas garanti sur facture.

Règle numéro 1 (la vraie): pour être publié, il faut être publiable; donc savoir écrire et y adjoindre un minimum de talent, de vision, de personnalité propre.

Une fois ce premier programme accompli, vous pourrez toujours tenter de pincer les fesses d'un académicien ou de porter le manteau d'une baronne des Lettres. Mais pas avant, voyez. Après.

Kanata

"Règle numéro 1 (la vraie): pour être publié, il faut être publiable; donc savoir écrire et y adjoindre un minimum de talent, de vision, de personnalité propre."

En théorie, oui, ce serait logique. Mais en pratique, il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil rapide aux têtes de gondoles pour comprendre à quel point cette affirmation est fausse... (c'est dommage, je le concède volontiers, mais sur le marché du roman francophone, je n'ai pas lu grand-chose de "publiable" ces derniers temps)

Nathalie

Bonjour, moi-même "wannabe" -même si je n'aime pas le terme-, je pense que les règles que vous évoquez sont importantes mais pas déterminantes. Et puis je ne crois pas que dire tout le temps amen aux éditeurs soit une bonne chose. C'est toujours bien quand on nous bouscule dans la vie, les éditeurs n'y dérogent pas. Je viens d'ailleurs de finir un roman ou l'auteur raconte comment il a refusé d'être publié chez, on le devine, 13E note éditions. Hé bien, ça ne doit pas lui avoir été trop néfaste puisqu'il a trouvé son bonheur dans une autre maison tout en racontant ses déboires avec la précédente... Je pense donc qu'il faut savoir mordre de temps à autres...

roger cointreau

Règle n° 1 pour séduire : bien choisir son eau de toilette ! Pas entêtant, pas envahissant, juste une pointe de musc pour les hommes, évitez le muguet pour les femmes.

Règle n° 2 : parler avec aisance et détachement de tous les sujets. Exemple : vous avez fait un séjour dans une prison marocaine, ne soyez pas prolixe de détail sordides, parlez plutôt de votre carnet en peau de taupe.

Règle n° 3 : faites en sorte que vous respiriez la santé, donnez l'apparence d'avoir de l'énergie quand votre éditeur (ou votre éditrice) est au trente sixième dessous à se demander s'il finira l'année.

Bref, mettez tout dans les apparences et ne vous faites pas de soucis pour vos écrits et il y a des personnes qui sont payés pour vous arranger tout ça.

Xou

"Sur le marché du roman francophone, je n'ai pas lu grand-chose de "publiable" ces derniers temps". Comme il y va, Kanata ! Il arrive à se mettre dans la peau de tous les éditeurs de la place et sous-entend que son roman sera, quant à lui, vraiment publiable. Voilà un ouanapouète qui jauge, enfin, la qualité absolue des textes. Ceux des autres n'auraient valu qu'un "non" de sa part. Mais le sien, alors là "oui", mille fois "oui" plutôt qu'une !
Bon sang, comme l'écrivain aime à se regarder la boudine !...

robin

A kanata : à part les têtes de gondoles, vous lisez quoi ?
A wrath : il va vraiment falloir faire un effort sur le français.

SALUT

Oui, mais je crois aussi aux rencontres, aux vraies rencontres, elles sont rares mais cela arrive. Bien sûr, c'est pas avec une rencontre de cet ordre qu'on obtiendra une bourse. Mais peut être un début de solution, un éclaircissement. Et il existe parfois des gens qui veulent vous aider, comme ça, par gentillesse, qui ne se limitent pas à un jugement hâtif sur votre apparence ou votre potentiel. Heureusement.

Consultator

Tu confonds avec Disneyland. Si tu veux être publié, arrête de rêver et bosse: écris.

Consultator

...et pour les bourses, faut déjà avoir publié pour prétendre à. Donc, les boeufs d'abord, la charrue après. C'est pas compliqué.

SALUT

Hé, Consultator, je vous ai rien demandé, allez prêcher vos conseils à deux balles à quelqu'un d'autre. Et on évite le tutoiement hein, j'aime pas trop.

PhJ.

En ce qui me concerne, je suis d'accord avec tout le monde (ma longue expérience de la vie en société littéraire – devenir très sympa, c'est le secret). Il vaut mieux habiter Paris, se montrer utile et sortir (mais enfin, Lisette, c'est comme si vous disiez : "Pour devenir président de la République, il vaut mieux avoir quelques amis qui vous soutiennent"). Et, je suis évidemment d'accord avec ça aussi : il vaut mieux savoir écrire, proposer quelque chose d'à peu près correct. Parce que je suis d'accord encore (c'est un métier) avec Kanata ("Y a qu'à jeter un rapide coup d'oeil aux têtes de gondole"), mais je ne sais pas si Kanata a lu ce que reçoivent les maisons d'édition. Les têtes de gondole lamentables sont souvent de purs chef-d'oeuvres à côté des manuscrits refusés (à part quelques très, très rares exceptions, mais là on parle de 0,001% des manuscrits envoyés). Prenons par exemple le roman d'Ivanovitch (mais ce n'est pas très sport, je reconnais, je n'ai lu que des extraits), n'importe quelle tête de gondole lamentable peut le regarder en face sans honte. En ricanant, même.

gibusclub

Ah mon Philou, c'est pas sympa ce que tu fais !!

C'est pas parce qu’Ivanovitch te ridiculise avec le personnage de "L'Ecrivain" que tu dois te moquer de lui.

Extrait :
"L'Ecrivain est passé me voir pour m'entretenir de son dernier projet littéraire avec quelques bouteilles de Kronenpils. Bien entendu je n'ai rien à foutre du dernier projet de l'écrivain qui, comme tous les précédents est condamné à la nullité. Non que la prose de l'écrivain soit indigeste, elle est au contraire tout à fait lisible, mais elle brille par l'absence totale d'un quelconque propos. Bien évidemment me direz-vous la littérature ne se résume pas au débat d'idées. Cependant l'absence totale d'idée rend cette dernière particulièrement lénifiante. Vous l'aurez compris, l'Ecrivain est en totale correspondance avec son époque, ce qui lui assure un certain succès. Le fait que sa production soit nulle et dénuée d'un quelconque intérêt est à cet égard tout à fait secondaire.
(...)
Le côté agaçant de l'Ecrivain réside dans le fait que malgré sa nullité crasse et son absence profonde de talent et d'originalité, il parvient toujours à s'assurer le succès et à faire l'unanimité. Ce qui pourrait paraître paradoxal à première vue s'explique en réalité très simplement : l'Ecrivain correspond à l'air du temps. Son physique est tout à fait commun, ses aptitudes littéraires également, et son propos est celui de monsieur tout-le-monde.
Cette médiocrité lui permet de susciter l'adhésion de l'écrasante majorité des individus qu'il est amené à fréquenter à un moment ou à un autre, tant du point de vue personnel que professionnel."

gibusclub

Extrait du "Chameau sauvage" (Philou, t'as pas honte d'écrire pour ne rien dire ?) :

"Un jour, ce n'est rien mais je le raconte tout de même, un jour d'hiver je me suis mis en tête de réparer le radiateur de ma salle de bains, un appareil à résistances fixé au-dessus de la porte. Il faisait froid et le radiateur ne fonctionnait plus (ces précisions peuvent paraître superflues : en effet, si le radiateur avait parfaitement fonctionné, un jour de grande chaleur, je ne me serais sans doute pas mis en tête de le réparer - je souligne simplement pour que l'on comprenne bien que ce premier dérapage vers le gouffre épouvantable n'était pas un effet de ma propre volonté, mais de celle, plus vague et pernicieuse, d'éléments extérieurs comme le climat parisien ou l'électroménager moderne : je ne suis pour rien dans le déclenchement de ce cauchemar). Dans le domaine de la réparation électrique, et d'ailleurs de la réparation en général, j'étais juste capable de remettre une prise débranchée dans les trous. Pas de prise à ce radiateur, évidemment. Mais je ne sais pas ce qui m'est passé sous le crâne ce jour-là, je me suis cru l'un de ces magiciens de la vie pour qui tout est facile (il faut dire que jamais encore je n'avais été confronté à de réels obstacles, ni dettes faramineuses, ni chagrins d'amour, ni maladies graves, ni problèmes d'honneur avec la pègre, ni pannes de radiateur, rien, peut-être un ongle cassé - alors naturellement, j'étais naïf)."

PCG

Ma pauvre Wrath. Il est utile de dézinguer la grande partouze germanopratine quand on parle plagiat, par exemple. Mais n'avez vous jamais pensé qu'écrire des articles avec quelques soubresauts de style pourrait vous aider à trouver un éditeur ? C'est mon cas. Et je le jure, je ne connaissais personne dans l'édition, absolument personne. Vous devriez lire ça : http://blogs.lesinrocks.com/chesterfield/2012/03/16/typologie-du-jeune-auteur/

Coin-Operated Boy

Rhoo, modération a priori ?

Coin-Operated Boy

Ah non. Blacklistage. Tss.

Ak

Vieux chameau talentueux; lorsque Léo Scheer avait tenté l'expérience Manuscrit, j'avais été horrifiée de lire un commentaire de Gilou le fou, affirmant que c'était une perte de temps complète, qu'il ne trouverait aucun talent. Ce qui est absurde puisque Gallimard publie chaque année de simples manuscrits envoyés par la poste sans recommandation (c'est ce qui fait à mon avis la force de Gallimard d'ailleurs, de la Collection Continents noirs aussi), or aucune différence entre un manuscrit envoyé par la poste ou via internet. Le problème qui s'est très vite posé avec m@nuscrit est que certains livres dont Hyrok, étaient bien meilleurs que la production habituelle des ELS mais traités comme de sous livres, j'aime bien Léo, ce n'est pas une méchante critique, c'était simplement révoltant.

L'extrait d'Ivanovitch est excellent.

http://stephane.million.free.fr/biblio.html

Ak

http://www.scribd.com/doc/73253289/Balkan-Trip

Un style brute de décoffrage. Je trouve le début sur la sa... vraiment très bon.

roger cointreau

Je vois ici et là avec quel mépris on traite les têtes de gondole... et valorise les petits écrits de wannabe au détriment d'auteurs écrivant sans faute d’orthographe. Quelle tristesse à l'image de cette France qui s'enlise dans la facilité, le laxisme et le tropisme. Des noms d'excellence comme ceux de Gallimard, Leo Scheer et Gilles Cohen Solal sont régulièrement entachés et recouverts de pestalotias. Que chacun garde sa place ! Un peu de dignité tout de même !

Ak

Roger on pourrait imaginer que Houellebecq, Auster ou JK Rowling se soient découragés au 17ème refus... Nous évoquions Toole...

Ivanovitch, oui il y a quelques fautes dans votre texte. Et il doit être encore travaillé, le mot nul (nullité, etc.) est trop souvent répété, mais un vrai style amusant et différent.

Roger, des journalistes connus et des tas d'auteurs font des fautes et bénéficient de correcteurs habituels travaillant pour la presse ou les maisons d'édition.

Je respecte les productions de Gallimard, des ELS, et de HO, mais cracher sur des gens qui n'ont pas encore trouvé d'éditeur est indigne dans le contexte actuel.

Ivanovitch

@roger cointreau :
Je te tiens, mon champion ! (à moins que ce ne soit du second degré. Et là je serai très déçu...)
@AK : "Et il doit être encore travaillé"
Le travail ne mène à rien. C'est l'excuse du tâcheron. Au contraire il faut laisser le génie s'exprimer dans toute sa puissance. Mais bon, ce n'est pas vraiment l'endroit indiqué pour en parler... Si vous avez réellement quelque chose à dire contactez moi par MP.

Ak

Ivanovitch :o) J'ose espérer que c'est du second degré, comme vous le savez sans doute il y a encore un gros travail à effectuer, pas seulement au niveau des fautes d'orthographe. Mais je ne suis pas éditrice, simple lectrice. Cependant, il est vrai qu'il ne faut pas formater vos textes. Le début est wolinskien, rentre dedans à souhait, puis on perd de l'intérêt pour l'histoire.
Or un livre publié, c'est souvent un livre dont on ne décroche pas.

Scott Summers

Ouais ouais "le génie s'exprimer dans toute sa puissance", t'as raison, mon gars. Yen a vraiment qui se la racontent grave, quand même. Mais tu crois vraiment qu'un génie servirait son propos génial (l'air du temps est médiocre, la vie est médiocre, les écrivains sont médiocres, hou ! trop puissant !) avec des incises aussi lourdes que "me direz-vous" ou "vous l'aurez compris" ? Mais si tu étais un peu plus tâcheron et un peu moins génial, tu te poserais cette question (nécessaire) à chaque phrase : à quoi ça sert ? Cette phrase, ce mot, cette virgule, ce "Bien évidemment" ici, cet "à un moment ou à un autre" là, sont-ils VRAIMENT indispensables ? Ca t'éviterait de pondre des lieux communs dans un style d'ado attardé.

Consultator

Marre de la censure, Wrath.
Pourquoi caviarder un post qui argumente sur l'extrait de Balkan Trip en essayant d'être objectif?!

Tu préfères les arguments plus lapidaires? Ok. C'est mou, le thème est éculé, le style n'est n'y fait ni à faire; bref, c'est de la daube moyenne. Ca te va? Plus facile à lire?

N'oublie jamais que ton site ne survit que par ses commentaires (sinon il y a longtemps qu'il aurait disparu dans le fion de l'internet). Alors calme-toi sur la censure!

itou

Ce n'est pas forcément de la censure Consultator, il peut y avoir des soucis du coté de typead le fournisseur de ce blog. Il m'arrive souvent de poster, il semble que mon message est enregistré mais en y revenant il n'y est plus :(

Peut être aussi une histoire de filtrage de certains mots ?

En tout cas c'est pénible !

Coin-Operated Yoda

Filtrage de mots et/ou d'adresses mail, m'est avis.

Cela dit, c'est tout de même son droit le plus strict, à notre hôtesse. Raison garder il faut.

Au moins Lisette ne pratique-t-elle pas la modération mécanique a priori, que tout libertaire idéaliste d'Internet se doit d'avoir en sainte horreur.
Reconnaissons-lui donc, à Dame Colère, le mérite local de cette persistance relative d'une plage de liberté dans la blogosphère littéraire.

Disons simplement qu'entre le verrouillage autocratique d'un espace censément public (ou plutôt devrais-je dire ouvert) et la dérive de commentaires parfaitement illisibles à la manière de ceux qui polluent l'intégralité des fils de la République des livres, il y a sûrement un juste milieu à trouver.

Nul doute, eu égard à l'esprit de nuance qui préside à la rédaction des billets, que ce ne sera pas ici que pareille avancée se produira.
Mais bon, allez, il y a pire ailleurs.

(La bonne foi me saisit telle une amante longtemps éconduite. Diable, c'est étrange.)

Consultator

@ Coin-Operated:
D'adresse-mail plutôt parce que filtrer des mots qui ne sont pas à caractère injurieux ni insultants, je ne vois pas comment. A moins que les mots "style", "rythme", "littérature", "exigence", ne soient des gros mots, bien sûr.

Si ce billet passe, ce n'est donc pas non plus un filtrage par adresse mail.
C'est donc bien le contenu du post qui la dérange. Si il n'est pas injurieux (et c'était le cas), c'est juste une réaction de petite mesquinerie intellectuelle.
Ce n'est pas grave, effectivement, vu le niveau de raisonnement de l'hôtesse.

Simplement je ne m'emmerderai plus à prendre le temps de développer une argumentation. Point barre. Et là je le redis: sans les coms, ce site qui ne vaut pas grand-chose, ne vaut plus rien et donc disparaît.

Ivanovitch

Là je vous retrouve Scott, et j'étais sûr que vous ne me décevriez pas. Autant il est facile de dézinguer un texte, autant vous parvenez dans cet exercice à vous tirer une balle dans le pied. Je vois deux solutions : soit vous êtes trop con pour arriver à troller correctement (et avouez que ce serait quand même un comble), soit cet exercice vous demande de forcer votre nature et dans ce cas là je vous pardonne bien volontiers. Car être un larbin est dans la nature de bien des gens, mais être en plus un abruti congénital et ne rien entraver comme le suggère votre com, c'est un peu fort. Il paraît qu'en plus vous êtes prof. C'est consternant mais en un sens cela explique bien des choses...

Cavalerie

Là je le retrouvais Scott, et j'étais sûr qu'il ne me décevrait pas. Autant il est facile de dézinguer un texte, autant il parvenait dans cet exercice à se tirer une balle dans le pied. Je ne voyais que deux solutions (explications possibles serait plus juste, au passage): soit il était trop con pour arriver à troller correctement, ce qui eût quand même été un comble, soit cet exercice lui demandait de forcer sa nature et dans ce cas là je lui aurais bien volontiers pardonné. Car être un larbin est dans la nature de bien des gens, mais être en plus un abruti congénital et ne rien entraver comme le suggérait son com, c'était un peu fort. Je crus comprendre qu'il était prof. Cela me consterna mais en un sens ça expliquait bien des choses...

Vous êtes meilleur en colère, je trouve. Vous devriez essayer d'écrire dans cet état d'esprit: il n'y a pas de mot en trop (bon là je ne garantie pas la justesse de tous les accords de temps dans ma translation ( attention: jeux de mot idiot merci de ne pas le relever).

gibusclub

Ah, mon Philou...
Tes petits copains sont décidément bien discrets, bien silencieux pour critiquer l’extrait du « Chameau sauvage ».
Je serais heureux d’entendre Scott Summer à ce sujet, histoire qu’il nous explique les qualités extraordinaires de ta prose indigente.

Est-ce que tu serais pas victime de tous ces gens qui t’adorent parce que tu es tellement sympatoche ?
Peut-être que tous tes amis sont horriblement indulgents à l’égard de tes romans, qu’ils n’osent pas (du tout) critiquer... et tu te retrouves donc dans une sorte de cour, entouré de petits flatteurs complaisants qui t’ont fait croire (par pure amitié) que tu étais aussi génial que John Kennedy Toole (alors qu’objectivement, tu ne lui arrives pas du tout à la cheville).

Ça me rappelle un conte d’Andersen : « Les habits neufs de l’empereur ».

"Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par dessus tout être bien habillé. Il avait un habit pour chaque heure du jour.
Un beau jour, deux escrocs arrivèrent dans la grande ville de l’empereur. Ils prétendirent savoir tisser une étoffe que seules les personnes intelligentes pouvaient voir et proposèrent au souverain de lui confectionner des vêtements. L’empereur pensa que ce serait un habit exceptionnel et qu’il pourrait ainsi repérer les personnes intelligentes de son royaume.
Les deux charlatans se mirent alors au travail.
Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vint voir où en était le tissage de ce fameux tissu. Il ne vit rien car il n’y avait rien. Troublé, il décida de n’en parler à personne, car personne ne voulait d’un empereur sot.
Il envoya plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Ils ne virent pas plus que le souverain, mais n’osèrent pas non plus l’avouer.
Tout le royaume parlait de cette étoffe extraordinaire.
Le jour où les deux escrocs décidèrent que l’habit était achevé, ils aidèrent l’empereur à l’enfiler.
Ainsi « vêtu » et accompagné de ses ministres, le souverain se présenta à son peuple qui, lui aussi, prétendit voir et admirer ses vêtements.
Seul un petit garçon osa dire la vérité : « Mais il n’a pas d’habit du tout ! ». [ou dans une traduction plus habituelle : « le roi est nu ! »]. Et tout le monde lui donna raison. L’empereur comprit que son peuple avait raison, mais continua sa marche sans dire un mot."

Ak

Phil critiquant Toole et Ivanovich se prenant pour un génie; je crois bien que c'était un trait d'humour. Mais il faudrait qu'ils mettent un petit sigle à côté de leurs blagues pour que tout le monde comprenne.

Par rapport à Léo Scheer et l'expérience M@nuscrit, j'ai oublié de préciser qu'il a rectifié le tir en prenant dans son écurie, des écrivains de m@nuscrits. Notamment ce mois-ci le bouquin de Rip sortant dans sa collection avec une très belle couv (sur sa vie dans une prison marocaine). Jean Clet Martin aussi. Etc. Et il faut bien reconnaître que Léo Scheer publie tout un tas de premiers romans.

http://www.leoscheer.com/spip.php?article2293

Ivanovitch

@Cavalerie : vous êtes fort sympathique mais pourquoi vous branlez vous comme ça sur mon com ? Vous ne faites, en ce sens, que reproduire ce que fait Scotty. On reconnait là la tare congénitale du prof de français qui ne peut pas s'empêcher de disséquer la moindre chiure de mouche tout en produisant invariablement le même genre de commentaire stylistique. Imaginez un instant ce que serait une littérature de prof de français(et dieu sait que nous n'en sommes pas loin en France...), le gnoki stylistique (produit du "bien écrire" académique et rédactionnel qui consiste à "bien réfléchir à chaque virgule", et à "ce qu'on pourrait retrancher") qui en résulterait, sans parler de l'inintérêt du propos.
Voyez-vous cavalerie, je suis plutôt open comme garçon, mais ériger le moutonisme scolaire en modèle littéraire, c'est malheureusement consternant de connerie condescendante et en quelque sorte "institutionnelle". Il faudrait d'ailleurs se demander en quoi la contribution massive des profs de français à la production littéraire est aujourd'hui responsable de son abêtissement et de son conformisme niais pour bien cerner toute l'étendue des dégâts. Donc ne vous y mettez pas, vous aussi, par pitié.
Sinon, bien sûr il y a la drogue, et là je crois qu'il y a un vrai créneau à saisir pour les gens comme Scott (ou même vous). Je ne sais pas moi, essayez la Withe Widow par exemple...

prod

@Ivanovitch : je suis pas mal d'accord avec ce que vous dites mais au lieu de s'en prendre aux "censeurs" je m'en prendrais plus au public, aux lecteurs : ce sont eux qui achètent les livres et pour le prix ils veulent que l'auteur porte "une belle cravatte". Le consommateur a une idée de ce que doit être un livre et ceux qui les produisent font en sorte que ce produit réponde à cette demande.

prod

"cravate" avec un seul "t', ça le fait aussi :)

Ivanovitch

"Le consommateur a une idée de ce que doit être un livre et ceux qui les produisent font en sorte que ce produit réponde à cette demande. "
La question du "consommateur" est à mon avis largement subsidiaire. Comme vous l'avez vous-même (presque) noté, ce sont les producteurs qui façonnent le goût des consommateurs. L'industrie culturelle dispose pour cela de multiples relais et d'une force de frappe efficace. Le consommateur culturel est le produit d'une sélection en amont qui détermine ses choix, ses goûts, et les produits qui lui sont destinés. Le lectorat d'aujourd'hui se subdivise en plusieurs strates qui se recoupent rarement. Celle que l'on retrouve ici est composée principalement des "grands lecteurs", c'est à dire des personnes lisant plus de 10 livres par ans selon l'étude sur les pratiques culturelles des français. Qui sont-ils ?
En majorité des femmes, des diplômés, travaillant pour leur immense majorité dans la sphère culturelle et essentiellement dans les métiers liés au livre. On retrouve ici notre prof de français ainsi que l'ensemble des techniciens de la langue, mais aussi les médiateurs culturels, bibliothécaires, documentalistes, ainsi que les professionnels du livre et les auteurs eux-même. On voit par la même que ce milieu s'auto-produit, s'auto-alimente pour l'essentiel, les uns étant les consommateurs des autres (sans oublier tous les parasites subventionnés). Ce pourquoi ce milieu est fondamentalement sclérosé et dégénérescent.
Il y a un autre lectorat, composé des lecteurs "occasionnels", qui est pour le coup beaucoup plus disparate. Là on trouve aussi bien l'acheteur de prix littéraires, sensible à la légitimité de sa pratique, que le lecteur de littérature de plage (Marc Levy ou Jaenada, par exemple) à la recherche d'un divertissement "culturel".
Il faudrait aussi mettre à part les lecteurs de littérature de "genre" qui sont souvent compulsifs et qui correspondent le plus souvent à l'ancien lectorat dit "populaire" issu des classes moyennes qui s'est massivement détourné de la production généraliste et qui se concentre maintenant sur le polar, ou la SF pour le public masculin. Le marché est au final très segmenté ce qui conduit à une normalisation de plus en plus fine de la production.
On a une opposition de plus en plus marquée entre différents lectorats qui correspondent à des types de produits culturels de plus en plus spécifiques. Ainsi le prototype de l'écrivain à la fois populaire et "légitime" du point de vue des élites culturelles, semble condamné à disparaître.

Grenouille Bleue

Je suis d'accord avec le commentaire de "Salut" que vous citez, moins avec l'analyse que vous en faites.

C'est à mon avis essentiel de faire preuve de bonne humeur, de sympathie et de gentillesse envers les gens qui nous entourent (éditeurs, journalistes, critiques... y compris ceux qui n'apprécient pas ce qu'on écrit).

Je pense qu'on gagne beaucoup plus en étant souriant qu'en râlant sur tout et tout le temps. Je ne pense pas que ce soit spécifique au métier d'écrivain: c'est une des règles de base de la politesse.

Personnellement, j'essaie toujours d'envoyer un mail aux critiques qui se font l'écho de mon livre, et je trouve que c'est la moindre des choses. De la même manière, je me rappelle avoir eu une caméraman qui m'a abordée en me disant: "j'ai commencé à lire votre roman mais je l'ai vite refermé, l'introduction m'a fait peur, je ne sais pas ce que vous avez dans la tête mais vous êtes un psychopathe".

Bon. Je trouvais ça plutôt amusant, nous avons donc discuté de ses impressions, et hier, donc un mois après cette fameuse rencontre, je recevais un mail de sa part me disant qu'elle avait fait l'effort de se replonger dans le livre après la rencontre, et qu'elle avait finalement adoré.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que wrath, tout ça tout ça.

Bref, faut-il un mentor ? Non. Faut-il se montrer sympathique ? Oui. Comme partout.

Grenouille Bleue

Hum.
A la relecture, mon message sonne très orgueilleux et content de lui.

...
Parfait :o


PS: Je viens de lire les autres commentaires, et l'extrait du chameau sauvage m'a donné envie de jeter un oeil au roman. Comme quoi.

Philippe

Tu vas finir par faire un ulcère, Ivanovitch, c'est tout ce que tu vas gagner à t'énerver de la sorte contre le monde entier. Mon pauvre ami.

gibusclub


Je pense que Grenouille Bleue est un exemple de ce qu'il faut faire.
Ivanovitch, pourquoi tu n'essaierais pas d'écrire un polar de 200 ou 300 pages (plutôt bien rythmé et "actif" au niveau de l'action) pour essayer de te faire publier par Les Editions du Masque ?
Maison qui publie 30 ou 40 manuscrits reçus par la poste chaque année (mais à ce sujet, il faudrait poser la question à Grenouille Bleue, bien mieux informé que moi).

Certes, c'est assez formaté, et il faut se conformer à une ligne éditoriale bien précise, mais si tu veux faire de la littérature populaire de qualité, ça peut être un bon créneau (où a réussi d'ailleurs Agatha Christie... Agatha Christie, est-ce que c'est plus mauvais que du Simenon ? Je ne crois pas).

Grenouille Bleue

D'après ce que je sais (mais j'écris, je ne suis pas éditeur, donc je peux me tromper sur l'envers du décor) ils lisent tous les manuscrits qui leur arrivent.

En moyenne, il me semble qu'ils publient entre trois et quatre nouveaux auteurs par an, ce qui est déjà pas si mal. Peut-être qu'il y en a plus si on rajoute la littérature jeunesse (Msk).

Comme le dit Gibusclub, je n'ai jamais prétendu écrire de la grande littérature. L'objectif était de faire un "roman de plage"¨, et je crois que ça a marché. Par contre, je ne suis pas vraiment d'accord sur la ligne éditoriale bien précise: j'ai au contraire l'impression que chaque roman est complètement différent, et qu'il n'y a pas de cohérence particulière - en-dehors d'un mystère à résoudre, et encore.

Pour finir, je vois tout le monde rêver d'être publié chez Gallimard ou Le Seuil, mais en-dehors des romans qui reçoivent des prix littéraires, je crois avoir lu quelque part qu'un manuscrit Gallimard moyen se vend à 800 exemplaires - soit beaucoup moins qu'un roman policier moyen.

Ce n'est pas un hasard si, dans les meilleures ventes de romans français, on retrouve trois écrivains de purs polars (JC Grangé, F Vargas, F Thilliez) et deux écrivains qui flirtent avec le genre (Musso, Levy).

En tout cas, pour l'instant, ça marche très fort (http://www.facebook.com/lestalonshauts pour les différents articles de presse).

gibusclub

Aux Editions du Masque, "trois ou quatre nouveaux auteurs par an" SEULEMENT ???

Mais ce sont des rats !!
Encore plus avares que Gallimard et compagnie.

J'avais lu "30 ou 40 manuscrits" dans le guide AUDACE, j'en suis presque sûr... mais c'était il y a 12 ans (et je n'ai plus le guide sous la main).
"Ah, cet' époque, ma p'tite dame, c'est plus ce que c'était, les temps sont durs, c'était mieux avant !!" (comme dirait Novi).

Bon, laisse tomber Ivanovitch, trouve-toi une corde, et une branche d'arbre (solide, la branche - faudrait pas qu'elle cède au moment opportun).

Ming Li Fu

ça y est, c'était couru, Ivanovitch est passé en pilotage automatique (il clavarde le poing levé).
Y'a plus qu'une panne de courant pour l'arrêter.

Pourquoi faut-il que le lemming se conduise en lemming?

robin

A tous : Mais on trouver-on ce fameux livre d'Ivanovitch ?
A wrath : il semble qu'on puisse tout de même être publié sans séduire, ni être du milieu, voire du 6è, je pense à Pierric Bailly et J. Douard, tous deux publiés chez POL après envoi postal. Cela dit, j'imagine que c'est très rare. Enfin, Grenouille bleue l'a vécu, si j'ai bien compris.

Ming Li Fu

Tiens, Robin, voilà le lien du chef d'oeuvre en question... Tu le lis (2 pages suffisent) puis tu rapprocheras ta lecture des interventions d'Ivanovitch et là, si tu as un certain sens de l'humour, le fou rire devrait inévitablement te gagner:

http://www.scribd.com/doc/73253289/Balkan-Trip

Jamie

@robin: tu cliques sur son pseudo, au zyva novice. Et après, mais juste avant d'entamer la lecture, tu prends du Spasfon ou un truc du genre, pour atténuer les spasmes, des mouchoirs pour t'essuyer les yeux, et tu essaies de poser ton menton dans ta paume, hein, le coude bien appuyé sur la table, afin de prévenir deux risques : 1) te décrocher la mâchoire de rire, et 2) que les bras t'en tombent. On ne sait jamais.

robin

Merci beaucoup à Jamie et à Ming Li Fu. Je bosse ce soir mais dès ce week end, au plus tard, j'attaque la lecture.

robin

Bon, j'ai commencé. J'ai l'impression (certes, un a priori) que wrath et Ivanovitch pourraient bien s'entendre sur le plan littéraire, même s'ils semblent opposés d'un point de vue politique.

D. Curry

Au moins ça lui fait un lectorat, au bougre. Il suscite un début d'intérêt, même indirect, et gagne ensuite la possibilité de surprendre en bien.
Bon, le problème, c'est qu'à ma connaissance on n'a jamais vu femme à barbe passionnée de chant finir soliste à l'opéra.

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