Ma grande amie Chloé Delaume marche sur mes terres en jouant à la vipère littéraire. Sur son compte Twitter, elle s’en prend à Nelly Kaprièlian, critique littéraire aux Inrocks: “Kaprielian est à la critique littéraire ce que Claire Chazal est au journalisme. Balladur en moins, Houellebecq en plus.”
Kaprièlian est en effet une fan de Houellebecq (comme nous l’apprend Paris Review). Et Delaume ne peut pas supporter l’auteur des Particules élémentaires:
Louèlbec est un produit dérivable, pour l'instant livre et film, mais il n'est pas impossible que sous peu Agnès b en fasse un tee-shirt offert pour tout achat supérieur à 60 euros au Club des Créateurs Beauté.
Mon dieu que c’est mal écrit! Delaume n’est pas près de me détrôner dans le rôle de la vipère littéraire...

Hélas non, chère Wrath, cent fois NON! Vous n'êtes pas prête de détrôner Chloé Delaume ou Nelly Kaprielan sur l'échelle de la fiellitude cuculturelle. Mais oui, c'est cruel mais il faut l'admettre une bonne fois pour toutes.
Certes, vous faites partie toutes les trois de la même catégorie de reptile féminin, prompte à exprimer sa personnalité par une forme d'agressivité chronique (attitude assez banale somme toute, que l'on retrouve chez la guêpe ou le frelon) mais il n'en reste pas moins qu'il existe, à Saint Germain des Près, une HIERARCHIE cuculturelle.
Dont, malheureusement, vous-ne-faites-pas-partie. Vous "n'en êtes pas". Il va donc falloir attendre encore un peu pour prétendre à être la candidate au trône si convoité. Pourquoi? Mais tout simplement parce que vous n'êtes pas de la FAMILLE, très chère.
Qui plus est, vous cumulez les fautes de goût:
1. Vous êtes une outsider qui n'a jamais publié, malgré des efforts louables et notoires il y a quelques années mais peu récompensés. Les gens sont méchants. Et encore plus les éditeurs mâles soixantenaire à la testostérone défaillante, stimulée par de jeunes sylphides aux lèvres purpurines et aux formes aguichantes (Delaume appelle ces individus poilus et fort bons vivants, des "couillidés", avec sa générosité humaine qui la caractérise).
2. Vous êtes exilée chez les pl... chez nos amis canadiens (Oyez!Oyez! Caribous!) et, à moins de nous annoncer in petto que vous signez prochainement chez l'éditeur de Douglas Coupland...votre chance d'accéder au podium est des plus faibles. Vous restez une indécrottable provinciale. Ce qui est indiscutablement rhédibitoire. Ou alors il faut séduire dur et coucher hard. Ne pas mégoter sur les sacrifices corporels.
Car voyez-vous, dans cette lutte impitoyable à la notoriété cuculturelle (car il ne s'agit que de ça, bien sûr; vous n'imaginez pas une seconde que ces charmantes serpentines se préoccupent de littérature), les places sont chères et défendues âprement. Un vrai nip de guêpes. Ou de vipères. BREF.
En l'état actuel des choses, mon cursus d'ex-zoologue cuculturel m'autorise à vous classer dans la catégorie des ORVETS (Anguis fragilis) qui n'est pas un serpent malgré les apparences ( fragiles, comme l'orvet) mais un simple lézard, un peu handicapé, le pauvre, par une atrophie des pattes. Il est d'ailleurs souvent aux menus des deux autres espèces ci-dessous.
Pour conclure rapidement (car mon temps est compté), je classerai la petite Delaume dans la famille des Viperidés, sous l'appellation de "Vipère Péliade"(vipera Berus), au corps relativement large, aux flancs droits, d'aspect gris ou brun avec de grosses écailles autour des yeux, et présente dans à peu près toute l'Europe, dans des lieux propices à tous colloques, signatures, cérémonies officielles (bien entendu, tous frais payés et défraiements de circonstance). Ce qui ne l'empêchera pas, bien au contraire, de cracher son venin sur les institutions car la vipère est naturellement agressive, (et plus particulièrement auprès des partenaires de son espèce). Attention, la vipère Péliade peut parfois servir d'alimentation à la Couleuvre Vipérine (Natrix Maura) qui peut être confondue avec une..vipère (vous voyez le type de conflits que peut engendrer ces rencontres...).
La couleuvre, elle, est caractérisée par son indolence chronique qui, aux retours des premiers rayons de soleil, l'autorise à ne rien à foutre et à glander aux terrasses des cafés.
C'est en cela qu'elle incarne parfaitement la Nelly Kaprielan, sorte de Colubridé par foutue de dépasser les deux feuillets de copie hebdomadaire, et encore, avec gros relâchement de style caractéristique(si l'on peut dire, puisque le style en question ne dépasse le niveau d'un commentaire facebook) .
Ci-dessous un exemple de prose typique de couleuvre (attention, la lecture peut être urticante pour le cerveau mais elle est totalement inoffensive):
http://www.lesinrocks.com/2012/06/17/livres
Rédigé par : Dr Feelgood | 16 juillet 2012 à 09:23
"Certes, mais encore une fois : so what ? "
Le "so what" de cette Nelly Kapriélan possède un de ces chics!
Rédigé par : Henri | 16 juillet 2012 à 10:57
http://vipere-litteraire.over-blog.com/
Ce blog anonyme était très renseigné, trop peut-être ...
Il s'est brusquement arrêté le Mardi 19 mai 2009.
L'auteur est mort ?
Quelqu'un sait ?
Rédigé par : A-propos | 16 juillet 2012 à 11:12
Malgré la jolie analyse de Dr Feelgood, je dirais que le problème n'est pas de savoir à quoi ressemble une vipère du web, ni de calculer son degré de nocivité. Ce qui est problématique et pathétique, c'est, quand on s'appelle Chloé Delaume, et qu'on a pondu quelques romans imbitables (lisibles uniquement par quelques snobs se sentant plus intelligents en goûtant sa prose aussi absconse qu'ennuyeuse), d'oser s'attaquer en croyant faire de l'humour (il faudrait qu'elle prenne des cours pour être drôle) au seul écrivain français marquant de ces 20 dernières années. Dans 20 ans on citera "Extension du domaine de la lutte" et Les particules élémentaires" comme des chefs d'oeuvre, on parlera de Houellebecq comme d'un grand auteur; quand il sera mort bien sûr, parce qu'en France on n'encense que les auteurs morts. Houellebecq est déjà considéré comme un auteur majeur à l'étranger. Dans 20 ans qui achètera du Delaume ? Même à 0,20 d'euros les bouquinistes n'en voudront pas.
Rédigé par : Appoline | 16 juillet 2012 à 11:53
Houellebecq, seul écrivain marquant de ces vingt dernières années ?
Euh...
A part ça, ils ont l'air d'avoir du temps libre, tous ces gens s'envoient des vannes par palanquées via Twitter, Facebook et autres blogations.
A quand le blog qui parlera des blogs qui parlent du monde impitoyable de l'édition ?
Rédigé par : Arobase | 16 juillet 2012 à 12:08
Où l'on observe qu'un compte Twitter de vipère permet, en plus de cracher son venin, de lécher des croupes aux nouveaux postulants à des postes hauts placés, l'animal à sang froid insultant ses collègues d'infortune sans jamais insulter l'avenir des relations presse.
Ssssssi ccccc'est pas sssssscandaleux...
Rédigé par : Hanna Kondah | 16 juillet 2012 à 18:31
@Appoline, tu es un enfant de la bêtise mariée à l'ignorance, je sais que ce n'est pas de ta faute, mais quand même, cette arrogance débile, c'est dur. Et sinon, les cours d'humour, c'est toi qui les donne ? Très bon, la chute : "Même à 0,20 d'euros les bouquinistes n'en voudront pas." Haha ! Quel trait d'esprit.
Rédigé par : Scott Summers | 16 juillet 2012 à 20:30
Plusieurs personnes se sont demandées ici ce qu'est un "globo". Voici donc sa définition :
La globo est un état de complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.
J'espère ainsi avoir répondu à vos attentes.
Veritas odium parit
Rédigé par : roger cointreau | 17 juillet 2012 à 14:04
Les goûts et les couleurs ne se discutent pas.
Mais Houellebecq est le grand écrivain le plus vivant que je connaisse... dans la lignée des déconneurs très ironiques comme Platon (Le Banquet) ou encore Descartes (Discours de la méthode)... ce dernier aurait sans doute qualifié avec affection "d'esprits moyens" ceux qui ne saisissent pas la portée du propos.
Mais bon...comme dit l'intéressé "dans la vie tout peut arriver. Et surtout rien" (M. Houellebecq Plateformes)
Rédigé par : stéphane | 17 juillet 2012 à 23:07
C'est très révélateur, un compte Twitter. Beaucoup plus parlant qu'un livre ou qu'une interview où l'on est toujours tenté de fabriquer sa légende autofictionnelle.
CNL, Fileppetti, Trierweiler, Pulvar, Fleur Pellerin, Télérama, Inrocks, re-CNL, etc...Toutes ces indications sur des humeurs et des préoccupations essentiellement public-relationnelles, forment un autoportrait plus vrai que nature. Et, paradoxalement, aux antipodes du minicourant dit de l'autofiction, qui a disparu dans les limbes des années 2000, avec pertes et sans fracas (mais avec Christine Angot).
Rédigé par : Vigie75006 | 18 juillet 2012 à 13:11