Pour publier chez Gallimard, mieux vaut
connaître des gens à Paris. Et mieux vaut vivre à
Paris et traîner avec des gens de l’édition. Voilà pourquoi les
journalistes et les profs parisiens sont sur-représentés chez
Gallimard.
Prenons l’exemple de Clélia Anfray, qui vient de
publier Le coursier de Valenciennes
dans la collection la Blanche (le
livre a été sélectionné pour le prix du premier roman).
Sur le site de Gallimard, on apprend simplement que “Clélia Anfray vit et travaille à Paris.”
Il s’avère qu’Anfray est une enseignante-chercheuse à Paris. Je doute fort qu’elle ait envoyé son roman par la Poste...

Mon dieu, un professeur de Lettres Modernes, chercheur au CNRS, publié chez Gallimard ! C'est sûr c'est du piston, je ne crois pas une seconde qu'elle ait les qualités littéraires nécessaires pour être publiée. C'est comme en médecine, ils prennent les gens qui sont doués en biologie - rendez-vous compte !
Wrath, vous êtes bien étrange.
Avez-vous ne serait-ce que feuilleté ce livre ?
Il suffit de lire le premier paragraphe pour se rendre compte que ça sonne bien.
(et puis s'il suffisait de vivre à Paris pour être édité, je ne vois pas ce qui empêcherait n'importe quel Rastignac de la littérature de faire les kilomètres nécessaires)
Rédigé par : Bernardo | 26 septembre 2012 à 08:37
Ça ne va pas marcher. Image pas assez glamour. Les hommes ne fantasment pas, les femmes ne s'identifient pas.
Elle serait mannequin ou créatrice de mode, je ne dis pas. Mais, franchement, une universitaire... Gallimard a bien raison d'essayer de passer ça sous silence.
Rédigé par : Marcel | 26 septembre 2012 à 10:24
Wrath a raison : Clélia Anfray n'est pas du tout inconnue du monde littéraire puisque sa thèse sur Zola a été publiée chez Cerf. Notez au passage la petite phrase "Nos collègues publient...". Voila un garant absolu pour tout éditeur d'avoir une réserve de clients potentiels :
"Très chers collègues, nous vous informons que notre collègue Clélia Anfray publie son premier roman... soyez tous présents... un pour tous, tous pour un, amen"
http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_318872/nos-collegues-publient-clelia-anfray
Rédigé par : Rozo | 26 septembre 2012 à 11:22
Je ne voudrais pas être dur avec une auteur qui publie ici son premier ... Zeus, je suis halluciné de trouver chez Gallimard un livre aussi bâclé.
Rédigé par : Don | 26 septembre 2012 à 15:28
C'est vrai, c'est plutôt honteux d'avoir été assez bonne pour que sa thèse sur Zola soit publiée. Ça me dégoûte, ces gens travailleurs qui, peut-être, auraient en plus un peu de talent. Et quand je vous lis je vois que je suis loin d'être le seul.
Rédigé par : Grosse Fatigue | 26 septembre 2012 à 15:58
En exergue de son livre, cette petite référence à Germinal de Zola :
"Dehors, le temps était de plus en plus doux, le ciel de suie se cuivrait, chargé d'une de ces longues pluies du Nord, dont on sentait l'approche dans la tiédeur humide de l'air."
Ça me donnerait bien envie de relire Zola...
Rédigé par : corpus christi | 26 septembre 2012 à 21:09
"Dehors, le temps était de plus en plus doux, le ciel de suie se cuivrait, chargé d'une de ces longues pluies du Nord, dont on sentait l'approche dans la tiédeur humide de l'air."
T'écrit un début de roman dans ce style aujourd'hui, les éditeurs vont pas plus loin et t'envoient juste la lettre type de refus trois mois plus tard !
Ah, c'est pas Levy ou Musso qui se permettraient d'écrire des phrases léchées dans ce genre. Et il faut prendre exemple sur eux.
Rédigé par : Arsinoe | 27 septembre 2012 à 00:29
tout le monde sait qu'il faut toujours debuter un roman par: la nuit etait sombre et humide".... meme quand tout se passe durant la journee.
Rédigé par : robert | 27 septembre 2012 à 01:18
et meme en periode de canicule.
Rédigé par : robert | 27 septembre 2012 à 01:20
Dites les radins : sur le site de Gallimard il y a un extrait de 20 pages plus une lecture par Thierry Hancisse, Sociétaire de la Comédie-Française. Comme à la messe on peut écouter et lire en même temps l'extrait !
J'avoue qu'avec un pareil lecteur même une daube devrait bien passer !
http://www.gallimard.fr/rentreelitteraire/CleliaAnfray.htm
Rédigé par : regnum carpat | 27 septembre 2012 à 10:31
Wrath se la joue petit, car dans la sélection du prix du premier roman on trouve Félicité Herzog "fille de Maurice Herzog, héritière des aciéries du Creusot et de la duchesse d’Uzès". Ça a tout de même une autre allure ! Surement une familière d'Isabella de Sainte-Maresville.
http://www.liberation.fr/livres/2012/09/20/felicite-herzog-chute-de-pere_847707
Rédigé par : readlocks | 27 septembre 2012 à 16:15
Lu l'extrait en diagonale. Ça m'a l'air très solide. Habité. Avec (évidemment?) du Zola au bord des lignes. Et, chose rare pour un roman d'universitaire, à première vue je n'aperçois pas de quadrillage en arrière-plan.
Rédigé par : Karl | 27 septembre 2012 à 17:53
Oh ! Karl, comme vous pouvez être drôle ! Cette histoire de quadrillage : bien vu ! hi ! hi !
Rédigé par : yvette | 28 septembre 2012 à 09:11
Une fois de plus de la littérature faite par des profs, pour des profs...
Et après on s'étonne que les "jeunes" ne lisent plus ou que les ventes s'effondrent...
Ah si, j'oubliais, il y aussi l'autre versant majeur de l'Everest littéraire français : la littérature de journaliste pour des journalistes.
What else ?
Rédigé par : Ivan | 28 septembre 2012 à 09:28
Karl : ici c'est mon trottoir. Le bois de Boulogne c'est un peu plus loin. Vous y serez plus à l'aise, vous verrez !
Yvette, le tapin de Saint-Germain
Rédigé par : Yvette | 30 septembre 2012 à 07:53
@Paul Sunderland : vous êtes stupide ! Vous êtes en train de vous créer une image désastreuse sur le net alors que vous cherchez à travailler dans l'édition !
Rédigé par : deo gratias | 30 septembre 2012 à 10:47
Deo Gratias: je vous aime.
Rédigé par : Paul Sunderland | 02 octobre 2012 à 10:23
Je viens de lire "Le coursier de Valenciennes" d'une traite : c'est plutôt réussi, et, pour qui a des souvenirs de Valenciennes c'est même assez juste et touchant. Le style est parfois un poil scolaire, mais la fluidité et l'histoire l'emportent.
Rédigé par : Heyholetsgo | 24 octobre 2012 à 09:44