Mais les choses sont en train de changer. Dans les pays anglophones, les éditeurs ont compris que les apprenti-écrivains sont une source de profit à ne pas négliger. On appelle ça “"monetising the slush pile" (=faire de l’argent avec la pile de “déchets” envoyés par des inconnus). HarperCollins et Penguin ont lancé leur propre site pour courtiser les wannabes: Authonomy.com et Bookcountry.com.
Et ça marche: les apprenti-écrivains se mettent à rêver d’une histoire à succès façon Fifty Shades of Grey, un roman érotique qui a d’abord été autopublié avant de connaître un succès planétaire. Après avoir longtemps courtisé les éditeurs, les wannabes ont enfin l’impression d’être pris au sérieux. Les éditeurs français ont commencé à imiter ce modèle (regardez les cours d’écriture chez Gallimard). L’histoire d’amour entre éditeurs et wannabes est désormais dans les deux sens...

" le wannabe est traité comme un admirateur un peu trop moche et un peu trop collant." Bravo, Wrath, pour cet instant de lucidité.
Hélas, vous revenez trop vite à votre pente naturelle: " L’histoire d’amour entre éditeurs et wannabes est désormais dans les deux sens." T-t-t-...
Rédigé par : Antoinette | 05 septembre 2012 à 10:09
En 2011 aux USA, les gros succès éditoriaux ont été le fait de wannabes refusés par toutes les maisons d'édition, et s'autopubliant sur Kindle. Cela change la donne. Cependant, il ne faut pas oublier que Danielle Steele est l'auteur le plus vendu dans le monde, si je recevais son manuscrit, je ne la publierais pas, car je ne penserais pas que cela puisse intéresser qui que ce soit et que cela n'entrerait pas dans ma ligne éditoriale.
http://www.lematin.ch/culture/Une-romance-sadomaso-vient-taquiner-Harry-Potter/story/14196931
"Jamais encore un livre destiné à un public adulte ne s'était vendu autant, aussi vite", relève l'éditeur, le groupe anglo-saxon Random House. Avec près de 40 millions de livres vendus en quelques mois, seul Harry Potter et ses sept tomes détrônent encore Ana Steele et Christian Grey, le couple sulfureux du roman d'EL James.
http://www.liberation.fr/culture/2012/05/01/ecrivains-l-aubaine-ebook_815584
Edition. L’explosion des ventes de liseuses fait apparaître, outre-Atlantique, un nombre croissant d’auteurs qui décident de s’autopublier sur le Net. Un nouveau souffle pour des plumes inconnues ou oubliées.
Depuis plus de deux ans, aux Etats-Unis, les eBooks sont en train de révolutionner le secteur du livre et de l’édition. De plus en plus d’auteurs, inconnus ou oubliés, se retrouvent ainsi dans les listes des best-sellers du New York Times ou de USA Today pour plusieurs semaines.
http://www.carrechic.com/blog/livre-captivant-a-ne-pas-rater/
C’est à dix-sept ans, après avoir écrit plus de 50 nouvelles, qu’elle achève la rédaction de son tout premier roman. Elle en écrira beaucoup d’autres, qu’elle proposera en toute logique à plusieurs éditeurs et agents littéraires… sans succès.
Autopubliée sur Internet, elle devient millionnaire…
Le 15 avril 2010, elle décide alors d ’autopublier une de ses séries, De mon sang, en livre numérique. Et là, c’est l’explosion ! Plébiscitée par des blogueurs, qui l’ont lue, adorée et chroniquée, la série s’est fait rapidement connaître sur la Toile. En six mois, elle vend 150 000 exemplaires de son ouvrage pour des gains s’élevant à 20 000 dolla rs. Aujourd’hui, sa série s’est vendue à plus d’un million et demi d ’exemplaires ! Elle est désormais publiée par les prestigieuses maisons d’édition St. Martin’s Press aux États-Unis et Pan Macmillan en Grande-Bretagne, mais aussi par de nombreux autres éditeurs dans le monde entier.
Rédigé par : Edition | 05 septembre 2012 à 10:14
Un "apprenti écrivain" qui envoie son manuscrit à un éditeur est un con. Il faut d'abord finir son apprentissage. C'est l'évidence même. Les éditeurs ne sont pas des écoles de formation à l'écriture.
De rien.
Rédigé par : Tom Cantor | 05 septembre 2012 à 10:30
"En six mois, elle vend 150 000 exemplaires de son ouvrage pour des gains s’élevant à 20 000 dollars" (environ 16 000 euros)
Et bien, elle s'est fait arnaquer sur internet (ou pire, elle s'est auto-arnaquée).
Chez un éditeur "traditionnel", elle aurait pu toucher, aux pourcentages habituels et pour un bouquin vendu à un prix courant de 15 dollars, entre 180 et 220 000 $. Il suffisait d'attendre un peu ou de persévérer.
Bon ok, elle est maintenant éditée en édition traditionnelle... C'était donc un marchepied, pas la "révolution numérique" annoncée par les frustrés de l'édition classique
Rédigé par : Adam Loss | 05 septembre 2012 à 10:57
Malheureusement, ce n'est pas en France que ça arriverait, le marché de l'ebook est bien trop confidentiel.
Rédigé par : Grenouille Bleue | 05 septembre 2012 à 11:29
C'est surtout que rien ne change, sauf que la communication ne passe plus par le papier. Pour le reste c'est comme d'hab : quelques "wanabis" qui ont trouvé leur créneau deviennent écrivains. Les autres restent wanabis.
Rédigé par : Francois Martini | 05 septembre 2012 à 12:50
Ce billet est d'un optimiste inquiétant.
"Une histoire d'amour entre éditeurs et ouannabis dans les deux sens"
Mais ils ne sont pas censés se haïr, se détester, se mépriser, se mener une guerre sans merci dans le milieu hostile de l'édition ?
Qu'est-ce qui vous arrive, Wrath ?
Rédigé par : Arobase | 05 septembre 2012 à 13:02
Fifty shades n'a pas été autoédité, c'était une fanfiction de Twilight publiée gratuitement en ligne. Face au succès de ce texte, il a été repris et nettoyé par un éditeur qui a mis en place une énorme machine promotionnelle.
Sinon, plus près de nous, en France, un des plus gros éditeurs de littérature de l'imaginaire surveille les statistiques de vente d'Amazon des livres des petits éditeurs/autoédité pour aller débaucher les auteurs qui fonctionnent bien.
On se doute bien qu'ils en ont rien a foutre des manuscrit qu'on leur envoie.
Rédigé par : BBbleu | 05 septembre 2012 à 13:56
"On se doute bien qu'ils en ont rien a foutre des manuscrit qu'on leur envoie."
C'est évident. Les autres moyens de trouver des textes sont plus sympas (rencontres) et plus efficaces (pas de millions de pages à lire).
Rédigé par : Francois Martini | 05 septembre 2012 à 16:39
@Martini: Oui, on peut même coucher; c'est assez déluré, Saint Germain, avec un peu d'alcool et de baratin.
Rédigé par : Saint Germain | 05 septembre 2012 à 17:28
Damn, si j'avais su...
Rédigé par : Grenouille Bleue | 05 septembre 2012 à 18:04
Oui, S G, mais "coucher", c'est dans la rubrique "rencontres" !
On n'est pas en Amérique, ici. Coucher fait partie de la vie quotidienne.
Rédigé par : Francois Martini | 05 septembre 2012 à 18:50
Voilà un wannabe qui ne copine pas ou si peu. Et pourtant il publie chez Gallimard, un chef-d’œuvre, un vrai. Je veux bien sûr parler de Pierre Jourde et de son dernier livre, Le Maréchal absolu. Faites le buzz, amis de la littérature ! Il mérite que tous les habitants de France en achètent chacun au moins deux exemplaires. Il mérite bien plus que Florian Zeller édité lui aussi chez Gallimard, juste à côté. Faites le buzz et sauvons la littérature !
http://www.gallimard.fr/rentreelitteraire/PierreJourde.htm
Rédigé par : Un ami des lettres | 07 septembre 2012 à 01:28