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Revues littéraires

« Vous êtes vieux, chômeur et provincial? Le fondateur des éditions Intervalles veut entendre parler de vous! | Accueil | Top 10 des Bellâtres des Belles Lettres (Hélas, pas de PhJ!) »

25 octobre 2012

Commentaires

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un auteur qui dit merci à la poste

Ma méthode : aucune. La première phrase me vient, puis la première page. Je laisse reposer quelques semaines en y réfléchissant consciemment ou non. Puis je reprends la plume (l'ordi) et j'improvise la suite. Une fois les personnages créés, ils m'entrainent dans l'histoire. Donc pas d'intrigue prévue à l'avance. Je ne connais pas la fin quand j'écris le début.
Cela dit, je n'ai encore écrit que deux romans. Je peux m'améliorer.

Alain

Le temps d'écriture donné par cette "méthode" est donc de 9 jours, si j'ai bien compté. En prenant pour base un petit roman de 150p il faut écrire 16p/jour. Bon courage...
Ma métode, c'est trois mois de réflexion, doc puis écriture d'une demi à quatre pages quatre fois par semaine. Je "note" des commentaires sur mon dictaphone comme ça me vient pour changer tel ou tel truc de l'écriture, des personnages, du plan. Je re-écoute et je re-note, ou j'applique et j'efface la note...

Grenouille Bleue

Personnellement, j'emploie une méthode qui choque tous les écrivains, mais je me lance dans le roman avec juste une vague idée, sans plan, et surtout SANS ME RELIRE. L'objectif étant de ne pas passer trois jours sur chaque chapitre pour cause de perfectionnisme galopant.

Ensuite, une fois le roman terminé (bancal, bourré de répétitions et d'erreurs, donc), je me pose et je le corrige en plusieurs passages jusqu'à ce qu'il me paraisse convenable.

L'avantage, c'est que je prends beaucoup de plaisir à écrire puisque je ne sais pas le matin même où je vais me retrouver le soir.

Donc en termes de jours, ça donnerait:

Jours 1-15: Ecriture du premier jet
Jour 16: Première relecture
Jours 17-28: Fluidification, correction des incohérences, coupe à la hache dans les passages ennuyeux, cohérence d'ensemble
Jours 29-30: Le dernier coup de polish (coquilles & co)

un auteur qui dit merci à la poste

Alain : au final, vous mettez combien de temps pour écrire un roman ?

Henri

Moi c'est pareil quand je prépare mon boudin noir, je fais un plan, puis je prends de la graisse de cochon, ensuite du sang de cochon, de la viande de cochon et de l'intestin de cochon.
Je malaxe, je malaxe, je laisse reposer.
Je fais cuire
et hop!

salut

Enfin moi, ça me parait quand même bizarre d'écrire un roman en un mois... Même en ne faisant que ça 7 jours sur 7 et 12 heures par jour, 4 mois ne me suffisent pas... Mais bon, je dois me trainer

PM

Pour boucler chacun de mes deux romans, d'environ trois cents pages, j'ai mis huit mois. Mais l'écriture n'est qu'un plaisir, coincée dans les fenêtres offertes par mon emploi du temps. Ceci dit, même si je ne faisais que ça, je ne vois pas comment finaliser un texte sur 30 jours en suivant la "méthode" publiée dans le Guardian. Ces six étapes ne ressemblent à rien, sont bâties sur de gros clichés scolaires, et je suis prêt à parier qu'aucun auteur n'a jamais emprunté un tel parcours pour atteindre son but. Oui, ce sont des conseils de maîtresse d'école, utiles certes pour rédiger une bonne rédac étoffée à la sortie du CM2, mais un tantinet ineptes pour celle ou celui qui veut s'amuser autour d'une trame romanesque.

Scepticus


Je ne comprends pas l'intérêt de ces conseils : à quoi bon écrire un roman en 30 jours ? Est-ce pour battre les records de Simenon ?

Encore faut-il écrire comme Simenon.

Même Stendhal a quand même eu besoin de deux mois (du 4 novembre au 25 décembre 1838) pour bâcler La Chartreuse de Parme. Et ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux.

L'écriture serait-elle une corvée dont il faut se débarrasser ? Dans ce cas, mieux vaut changer de métier. Ou de hobby.

Prochaine chronique : comment faire l'amour en une minute ?


robert

Le probleme aujourd'hui c'est que tout le monde pense qu'un roman doit faire 500 pages. C'est le syndrome S King qui va ecrire trois pages de lourdeurs indigestes pour dire que le heros principal vient d'ouvrir la porte.
Mais quelqu'un comme Simenon ecrivait bien la plupart des Maigrets en 30 jours. 15 jours de reflexion, de plannification, et 15 jours d'isolement dans sa chambre pour ecrire le tout.
Bien sur il allait a l'essentiel, il ne cherchait pas a vendre ses romans au poids!

Alain

@un auteur qui dit merci à la poste

Entre six et huit mois, si je suis pas bousculé par des imprévus, ou si je m'aperçois pas au bout d'une cinquantaine de pages que ça ne va pas et poubelle (ça m'est arrivé deux fois..)

Alain

@Grenouille bleue

"Personnellement, j'emploie une méthode qui choque tous les écrivains, mais je me lance dans le roman avec juste une vague idée"

Chacun fait sa sauce, ça ne me choque pas du tout, perso..J'ai lu des trucs assez dingue sur les "méthodes" d'écrivains. Comme Van Vogt - auteur de SF - qui réglait son réveil pour être réveillé trois fois dans la nuit. Il avait des idées nouvelles, comme ça, et il se levait pour les noter...

J'emploie ta manière pour les nouvelles. Pour le roman, je le sens pas, ou je le sens plus. J'ai besoin de me faire un cadre modifiable évidemment et me reposer là-dessus pour me concentrer sur l'écriture...

Alain

@un auteur qui dit merci à la poste

Tu fais une page et puis tu laisses reposer plusieurs semaines..C'est étonnant. Je suppose que ça mature à l'intérieur...
Quand je commence à écrire, je tente de ne pas lâcher. Sinon, je perds le feeling, le déroulé vague pas de l'histoire, mais de l'atmosphère, de ce que je veux faire ressentir au travers des événements. Remarque, bien souvent tout ça se passe inconsciemment et l'histoire m'entraine hors des chemins prévus..C'est bien...

Gogol

En ce qui me concerne, je fonctionne un peu comme un tueur en série ou un maniaque sexuel : des périodes de pulsion d'écriture en continu, avec un besoin effréné, quasiment obsessionnel, pendant des heures, pour m'immerger dans cet univers et ne plus exister que là. Et puis ça passe. Dans une seconde phase, je ne fais rien, pas même de simples corrections, je ne supporterais pas de relire quoi que ce soit et ça me sauterait au visage. Ensuite vient la 3° phase, pendant laquelle je peux regarder ce que j'ai écrit et corriger "de tête", au calme et sans désir particulier d'écrire, je corrige sans état d'âme, froidement, comme si c'était un autre qui avait écrit. Vient enfin une 4° phase, identique à la 2° où même mes corrections m'insupportent. Puis, au bout d'un certain temps, la 1° phase de pulsion revient, et le cycle recommence. Je ne peux travailler sur l'organisation de l'univers (gestion temps, espace, personnages, cohérence, etc) que pendant la 3° phase (phase de correction). La durée des phases (crises ?) varie, de quelques jours à quelques semaines. Je pense que si on me dérangeait pendant la 1° phase, je serais capable de réactions animales agressives, mais pendant les autre sphases, ce que j'ai écrit m'est indifférent. En marge, il m'arrive aussi d'avoir des phases exhibitionnistes, avec le désir d'être lu, et des phases "dissimulatrices", pendant lesquelles je voudrais que personne, jamais, ne puisse lire ce que j'écris, afin d'en jouir mieux encore. Globalement, avec l'écriture, je fonctionne comme une sorte d'autiste qui se créerait son propre univers mental, et c'est délicieux. Si je pouvais supprimer les phases d'exhibition, et donc écrire sans aucun désir d'être lu, j'aurais atteint une sorte d'idéal onirique. Il va donc sans dire qu'à mes yeux, comptabiliser son temps d'écriture - qu'il soit long ou cours - n'a aucun sens : autant vaudrait compter le nombre de ses battements de coeur ou les secondes de sa vie.

secondflore

Ha! Lise-Marie, on attend tes conseils à toi! ^
Cela dit, pour couper court aux débats de posture, je me permets de livrer la dernière phrase du document :
"Day 30 (...) Only then, finally, is it time to start writing the book itself."
Ha ha.

Appoline

Boris Vian a écrit "J'irai cracher sur vos tombes " en 15 jours. C'était Boris Vian. Nous ne sommes pas tous des Boris Vian, restons lucides et modestes.

konsstrukt

(les six roman pornos que j'ai publié à la musardine - qui sont tous calibrés à 200.000 signes, donc sont assez courts - ont été écrits en 7 jours. 6 de premier jet (à raison de 15/16 heures par jour) et un de relecture. épuisant mais marrant. mon dernier roman non porno, nuit noire, a été écrit en un an et demi alors qu'il n'est pas tellement plus épais. chaque bouquin impose son rythme, quoi)

Enjoy

Ahaha, j'adore cette grosse majorité "d'auteurs" qui partent de rien, ne savent pas où ils vont, et "se laissent emporter par leurs personnages".

Abreuvés aux grandes déclarations d'intention des plumitifs médiatiques en promotion, crânebourrés par les interviews et les papiers où chaucun pprend la pose, on est en plein dans le cliché de l'inspiration divine, du talent inné, du grand n'importe quoi à la française.

On voit le résultat pour la littérature actuelle qui encombre les tables des libraires: des romans poussifs, sans point de vue autre que des clichés ou des idées politiquement correctes, sans rythme, le plus souvent cérébraux et sans enjeux existentiels forts. Sans style non plus, d'ailleurs.

C'est le gros problème de la complaisance littéraire française: on préfère s'en remettre à son génie personnel que de bosser, bosser, bosser le texte, le pourquoi et le comment.

Un vrai roman, c'est 90% de transpiration pour 10% d'inspiration. Ici on a exactement le contraire: 90% de narcissisme sur ses petits affects et 10 % de boulot sur le texte.

Et voilà le travail: des bouquins qui tombent des mains au bout de dix pages.

Valerie

En résumé faut être assez branleur pour écrire un bouquin alors! C est génial ! Enfin une méthode qui fonctionne. Merci

EJac pagiale

L'assommoir n'a pas dû être écrit en seulement un mois... Mais Poésie interrompue de Paul Eluard peut être en quelques jours, les poètes doivent certainement écrire très rapidement, en une éjaculation spontanée et créatrice, je me trompe peut être sur ce point.

Maginhard

Moi, j'ai écrit en 5 ans un texte publié à compte d'éditeur de 225 pages ...

Marco

Perso il me faut, parallèlement à mon travail, deux ans pour écrire un mauvais roman. Pour un roman inachevé qui aurait peut-être été bon au final mais on ne le saura jamais puisque inachevé (et son inachèvement est plutôt un mauvais signe), trois à quatre ans. Et pour écrire un bon roman achevé, pas pu me chronométrer encore. Jamais essayé.

Guillaume P.

@Grenouille bleue

"Personnellement, j'emploie une méthode qui choque tous les écrivains, mais je me lance dans le roman avec juste une vague idée"

Il y a des écrivains qui font comme ça, et pas des moindres ! (d'ailleurs j'ai beaucoup aimé votre livre Les talons hauts rapprochent les filles du ciel (@Enjoy : lisez-le et vous changerez peut-être d'idées)).

Pour ma part, je cherche encore une méthode qui me convienne, et je suis reconnaissant à tous les contributeurs de cet article ! Pour l'instant, j'écris, tous les jours 1h30, avec une vague idée de là où je veux aller, sans me relire, mais je réfléchis chaque soir avant de m'endormir à la suite de mon histoire, et j'essaie de faire attention à la dramaturgie pour ne pas trop me planter. Ensuite, je relis et corrige en gardant à l'esprit toutes les règles pour raconter une histoire (la première étant de faire en sorte que le lecteur ne s'ennuie pas mais au final c'est plutôt une conséquence !)
A part ça, je ne suis absolument pas contre un plan de structure (toujours modifiable évidemment), la preuve j'ai participé à un des concours Welovewords que Wrath aime tant où on en demandait un.

esteban

A quoi ça sert d'écrire un roman qui sera lu par une dizaine de personnes... en dehors de notre petit réseau ?

Sachons que personne n'attend notre chef-d’œuvre et que les éditeurs sont envahis par des sollicitations de tout bord. Je ne parle pas des rares livres édités par "discrimination positives" ou des prix du genre...


Marcel

Il manque un détail important dans ces conseils : il faut d'abord trucider tout ce qui fait du bruit autour de vous et se débrouiller pour que les corps ne soient pas découverts avant un mois.

konsstrukt

esteban : on n'écrit pas un bouquin pour qu'il soit lu ; on l'écrit parce qu'un truc, de l'ordre de la nécessité intérieure ou de la folie douce (selon la valeur que tu accordes à la littérature en tant qu'engagement métaphysique) te pousse à le faire. ensuite, ensuite seulement, on le publie parce qu'on a la conviction qu'il existe une poignée de gens (plus ou moins importante, mais enfin, même cent mille lecteurs, ça reste une grosse poignée, rien de plus)que ça pourrait toucher, tu cherches un moyen de le publier. faut pas confondre les deux activités, elle n'ont rien à voir.

konsstrukt

la même, avec une syntaxe un peu moins débile :

esteban : on n'écrit pas un bouquin pour qu'il soit lu ; on l'écrit parce qu'un truc, de l'ordre de la nécessité intérieure ou de la folie douce (selon la valeur que tu accordes à la littérature en tant qu'engagement métaphysique) te pousse à le faire. ensuite, ensuite seulement, on le publie parce qu'on a la conviction qu'il existe une poignée de gens (plus ou moins importante, mais enfin, même cent mille lecteurs, ça reste une grosse poignée, rien de plus) que ça pourrait toucher. faut pas confondre les deux activités, elle n'ont rien à voir.

Alain

@konsstrukt

Ah, je me demandais si quelqu'un aller oser parler de l'essentiel...Avec tous ces pros du buzz, de l'entregent, de l'inspiration hors-sol et des tablettes de chocolat on finit par croire qu'il suffit de poser sur une page trois âneries, et que ça fait roman. Pour certains oui. Mais pas pour un écrivain.

Enjoy

L'enculage de mouches a de beaux jours devant lui. Derrière aussi d'ailleurs.

Ivanovitch

@esteban : si l'on regarde le fond des choses (hum) écrire un roman ne sert à rien (sauf peut-être à passer le temps, ce qui n'est déjà pas si mal).

esteban

@konsstrukt : mon message était une provocation que je ne regrette pas vu la chouette réponse que tu donnes et que je partage volontiers !

@Ivanowitch : je ne dirai pas uniquement "à passer le temps", il y a aussi une démarche thérapeutique à écrire, personnellement cela a été ma première motivation...

Team Poésie

je sens que je vais éjaculer.

Grenouille Bleue

@Konsstruct: On peut également souhaiter écrire un livre car on aime raconter des histoires, et faire sourire son public. Pas besoin de trouver une justification philosophico-catarthique à l'écriture, chacun a ses propres raisons.

konsstrukt

esteban : ah bin chic, alors

grenouille : aimer raconter des histoires, j'appelle ça une nécessité intérieure puissante. les miennes sont encore plus triviales que ça, si tu veux savoir. par contre, si tu vois une allusion à la catharsis dans mon message, chapeau.

Enjoy

Ce blog est LE temple de l'enfonçage de portes ouvertes. Pour l'adjectif j'hésite entre magique et merdique.

Alain

Ca n'a peut-être rien à voir mais à quand un Goncourt de l'édition indépendante...

écriture d'un roman

merci pour cette traduction. a quel moment faut-il décider de la fin ?

readlocks

Écriture d'un roman : 127 € !!!

Plus con que moi tu meurs !

readlocks

Attends ! 127 € , c'est Hors taxe !
TTC ça fait 151,89 €

Sacré Arwen Lukas , encore un filou !

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