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29 septembre 2007

Matthew Barney, "Drawing restraint" @Serpentine Gallery

Drawing_restraint Je suis généralement très critique vis-à-vis de l'art contemporain: disons que le ratio de talent se situe aux environs de 1/1000 (le même que pour la littérature française, en somme!)

Et Matthew Barney fait indéniablement partie des rares à s'être donné la peine de construire une véritable oeuvre. La série des "Cremaster" m'obsède depuis un moment (cf la photo que j'ai choisie pour illustrer mon blog, tirée de Cremaster 4).

Je me suis donc empressée d'aller voir la nouvelle expo de Barney à la Serpentine Gallery. Pour ceux qui connaissent un peu Londres, vous savez que la Serpentine est une très belle galerie, lumineuse et blanche, au milieu de Hyde Park. Le seul problème, c'est que les plafonds sont bas, alors que Matthew Barney a besoin d'espace.

Bilan un peu mitigé, donc. Les thèmes favoris de Barney sont bien là (déformation du corps et des organes génitaux, décomposition,...) Mais l'expo est trop petite pour laisser une impression mémorable. Seule exception: la sculpture de navire, qui occupe toute une pièce et vaut vraiment le coup d'oeil.

Bon, il me reste à aller voir le film "Drawing Restraint 9", qui passe dans 1 seul cinéma, à une heure pas pratique et pour la colossale somme de £11.

Parfois, je me demande si les artistes veulent vraiment atteindre le grand public (ou seulement toucher quelques mécènes fortunés!)

21 octobre 2006

Next Big thing (II)

Hirstshark Trouver des nouveaux talents devrait être une partie intégrante du travail d'éditeur. Or, le principe de responsabilité semble complètement inconnu dans le milieu de l'édition en France , contrairement au Royaume Uni (voir mon post Next Big Thing I).

Examinons maintenant le milieu de l'art contemporain. A la fin des années 80 émerge une nouvelle génération (qui va devenir les "Young British Artists") décidés à renouveler une scène artistique bien moribonde.

Parmi eux, celui qui deviendra le leader du courant: Damien Hirst (de loin le plus talentueux). Après ses études à Goldsmith College, Hirst cherche un propriétaire de galeries afin d'organiser une exposition "solo".

Il rencontre d'abord Karsten Schubert, l'homme alors le plus puissant dans le milieu de l'art contemporain. Schubert commet l'erreur de sa vie: il rejette Hirst. Dès lors, sa carrière est brisée (voir ICI)

Le collectionneur qui, le premier, a fait confiance à Damien Hirst s'appelle Charles Saatchi. Il est devenu un "household name" (= aussi connu que la Reine).

Qu'il ait tiré un maximum de gloire et d'argent de son pari sur Hirst me semble tout à fait justifié. Investir sur un jeune artiste comporte des risques financiers importants. A partir de là, il est normal que ceux qui ont du flair soient récompensés et les autres sanctionnés.

Revenons maintenant au milieu de l'édition français. Est-il normal que Ronald Blunden, directeur éditorial de Calmann-Lévy, se vante d'avoir raté "Les Bienveillantes" de Littell ? (voir le blog d'Assouline).

Bien que je n'ai aucune envie de lire ce qui a tout l'air d'un navet de 900 pages, je trouve ça pathétique qu'aucune sanction ne soit prise contre Blunden.

Les éditeurs français ont visiblement honte d'être de simples MARCHANDS de littérature (d'où leurs ambitions littéraires). Quand ils font perdre de l'argent à leur maison, ils se rabattent derrière des arguments artistiques, du genre "ce bouquin ne m'a pas plu, je ne l'ai donc pas publié".

Je n'aurais aucun problème avec ce type de discours si les éditeurs valorisaient systématiquement la qualité. Or quand il s'agit de publier des écrivains médiocres pistonnés, tout le monde se précipite.

Conclusion: Le travail d'un éditeur n'est pas de prendre en compte UNIQUEMENT la qualité littéraire ou UNIQUEMENT la capacité d'un livre à vendre. Il s'agit de concilier ces deux dimensions. Et en cas d'erreur, l'honnêteté voudrait qu'on l'avoue, au lieu de se cacher derrière des arguments bidons...

Rentrée littéraire 2008

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