There will be blood trailer 2
Vidéo envoyée par mamouang
En tant que fan n°1 de Paul Thomas Anderson ("Magnolia", "Boogie nights"), je me suis précipitée pour aller voir son dernier film: "There will be blood".
Mais voilà, j'aurais dû me méfier: quand la presse est unanime pour saluer un chef d'oeuvre, ce n'est jamais très bon.
Dans "There will be blood", Daniel Day Lewis joue un homme d'affaires à la recherche de pétrôle. Il tente sa chance à Little Boston où vit une communauté isolée et très religieuse. Eli Sunday, qui anime l'église locale, voit d'abord d'un bon oeil l'installation de puits de pétrôle. Mais bientôt, des tensions apparaissent entre "oil men" et villageois...
"There will be blood" est donc un film honnête, très regardable malgré des longueurs (ça dure 2h38, quand même!) Le jeune Paul Duno est vraiment impressionant dans son rôle de prêtre charismatique. Mais en toute franchise, je comprends mal pourquoi Day Lewis a eu l'oscar du meilleur acteur. Sa performance est loin d'être exceptionnelle. Mystères d'Hollywood...
"Les Ambitieux", c'est le film que tout wannabe doit absolument regarder.
J'ai trouvé que cette comédie sur le milieu de l'édition parisienne était très réussie: drôle et ultra-réaliste...
L'histoire: Julien Demarsay, un libraire de province, rencontre le fils d'un éditeur parisien. Il lui confie son premier roman, et obtient un rendez-vous à Saint-Germain-des-Prés (ça sent bon le copinage!). Mais l'éditrice qui devait le recevoir, Judith Zhane, n'a pas pris la peine de lire son roman.
D'où le dialogue suivant:
" Judith Zhane: Disons que vous avez un certain style, un sens aigu de l'observation. En somme, vous connaissez bien ce dont vous parlez...
Julien Demarsay: _Bah oui, je parle de moi.
_Justement, c'est un petit peu ça le problème. Il y a trop d'autofiction dans les romans...Il faut que les jeunes auteurs s'ouvrent sur le monde. Moi, pour que je publie un titre, il faut que je sois secouée, émue, ou au moins un peu dérangée. (voix de prof de yoga) Essayez de comprendre ce qui vous anime, cherchez votre sujet!
_Je parle de mes émotions, j'essaie d'être sincère...
_Bah oui, mais la sincérité, c'est un minimum, ça n'a jamais fait un artiste, la sincérité! Il faut avoir une raison suprême pour écrire."
(Admirez la langue de bois et les grandes phrases pédantes, très caractéristiques du milieu. Ne manquent plus que les conseils du type: "travaillez votre style", "il est important de lire", "soyez patient", etc...)
Pour voir le trailer, c'est ICI.
Au cas où vous l'ignoriez, le cinéma britannique de qualité est produit en Ecosse, pas en Angleterre. Les réalisateurs anglais préfèrent les grosses comédies ("Hot Fuzz"), les pseudo-pornos ("9 songs") ou les blockbusters internationaux ("Bridget Jones's diary"). Ne parlons même pas des drames sociaux gauchistes, façon Ken Loach...
Bref, si vous préférez les (bons) films arty, mieux vaut se tourner du côté d'Edimbourg ou de Glasgow. "Hallam Foe", que je viens de voir en avant-première, raconte l'histoire d'un jeune homme élevé dans un château écossais. La mort de sa mère l'a transformé en un être solitaire et voyeur. Ces pratiques de "peeping tom" finissent par pousser sa belle-mère à bout. Hallam part alors pour Edimbourg, où il rencontre une belle jeune femme qui lui fait penser à sa mère. Il se met alors à l'espionner et à essayer de se rapprocher d'elle à tout prix...
Mon avis: un film tout à fait regardable, avec une bonne BO (qui a d'ailleurs reçu un prix au Festival de Berlin). Le problème, c'est que le personnage d'Hallam est un peu basique. Une fois qu'on a compris qu'il faisait une fixation malsaine sur sa mère, on en a fait le tour. Dommage, car Jamie Bell ("Billy Elliot") est vraiment un acteur convaincant.
(Dans le genre "cinéma écossais arty", je vous conseille plutôt le magnifique "Morvern Callar"...)
"You're definitely NOT the arty type", m'a dit ma copine finlandaise Kristina après m'avoir entraînée au Portobello Film Festival. Et effectivement, les "expérimentations" artistiques, en cinéma comme en littérature, me font bailler d'ennui.
Bon, il faut dire que le Portobello Film Festival est particulièrement hard-core. J'aurai dû me méfier en regardant le programme. Que peut-on attendre d'un film intitulé "Red and Green Psychedelia"? Comme le nom l'indique, il s'agit d'une multiplication d'images rouges et vertes. "A travers cette juxtaposition d'images, c'est toute l'ambiance psychédélique des Swinging 60's qui est recréée". (Mouais, ça sentait le bullshit, j'aurais dû le savoir!)
Conclusion: ne jamais faire confiance à l'avant-garde artistique. Le terme même "avant-garde" a des relents nauséabonds: on sent que François Bon et consort ne sont pas loin, avec leur "travail sur la langue" et autres conneries. Idem au cinéma: on ne fait pas un film avec un écran noir (ou rouge ou vert) et des hurlements.
Décidément, Kristina a raison: "I'm not the arty type". Je préférerais toujours un roman d'aéroport et un blockbuster à des délires d'artiste perturbé...
Je reviens de l'avant-première de "Waitress", un film qui sortira le 5 septembre en France (et début août en Angleterre).
C'est un film plein de bons sentiments qui m'a gentiment bercée pendant 1h30. L'histoire de Jenna, une serveuse d'une petite ville américaine, dont le hobby consiste à cuire des tartes aux noms étranges.
Quand elle apprend qu'elle est enceinte de Earl, son mari qu'elle déteste, elle imagine une nouvelle recette: "I don't want Earl's baby pie"...
Résignée à garder l'enfant, Jenna se rend régulièrement chez le Dr Pomatter, un médecin nerveux et maladroit dont elle finit par tomber amoureuse. Mais voilà, comment entretenir une liaison avec son gynécologue quand on est enceinte et affligée d'un mari terriblement jaloux?
Je sais, l'intrigue est grotesque et les blagues pas toujours très drôles. Mais le film est sauvé par sa bonne humeur et la performance de Keri Russell dans le rôle de Jenna...
"Waitress" est le dernier film de la réalisatrice et actrice Adrienne Shelly. Elle a été assassinée peu après par un ouvrier de son immeuble, à qui elle reprochait de faire trop de bruit. Fin tragique, donc, pour une artiste pleine de joie de vivre.
Bon, je vous laisse avec les recettes de "Pregnant miserable self-pitying loser pie" et de "I can't have an affair because it's wrong pie": ICI
(Mais comme je suis nulle en cuisine, je crois que je vais me contenter du film...)
A priori, les films qui mettent en scène des écrivains, je préfère éviter. A fortiori s'il s'agit d'écrivains de Brooklyn, perturbés par des questions existentielles (postmodernisme, littérature kafkaienne,...).
Mais bon, j'ai quand même regardé "The Squid and the Whale", et finalement c'était une bonne surprise.
Bon, le scénario n'est pas d'une originalité folle (c'est d'ailleurs le problème de beaucoup de films "indie" américains). Le réalisateur Noah Baumbach a en effet puisé dans ses souvenirs d'adolescent, marqué par le divorce de ses parents.
Dans le film, Bernard Berkman est un écrivain qui a connu le succès avant de voir sa carrière s'enliser. Il est maintenant condamné à recevoir des lettres-types de refus ("that's not for me", lui écrit un agent littéraire). Et pendant ce temps, sa femme Joan fête sa publication chez un grand éditeur new-yorkais...
Bien sûr, leurs deux fils réagissent très mal à l'annonce du divorce. Le cadet (joué par l'excellent Owen Kline) se transforme en un pervers juvénile, quand il n'est pas occupé à se saouler à la bière. L'aîné fait meilleure figure, mais souffre en silence.
Le film tient essentiellement par les performances des acteurs, notamment de la mère (jouée par Laura Linney) . On sent qu'elle cherche à séduire ses fils, quitte à dépasser certaines bornes (cf récits de sa vie sexuelle).
Noah Baumbach, le réalisateur, a confié qu'il adore prendre des personnages de bourgeois intello, qui préfèrent analyser le monde autour d'eux plutôt que de porter un regard lucide sur eux-même.
Je pense quand même que ce type de personnages entraînent souvent des films "self-concious" et nombrilistes. "Les Berkman se séparent" est une exception, heureusement. Mais de façon générale, je me méfie des artistes qui parlent d'artistes. Pas vous ?
Je viens d'assister à une avant-première de "Sherrybaby", un film indépendant américain avec Maggie Gyllenhaal (actrice révélée par "Secretary").
"Sherrybaby" raconte l'histoire de Sherry Swanson, une ex-toxico qui vient d'être relâchée de prison et qui cherche à revoir sa fille. Mais entre temps, la fillette a été confiée au frère de Sherry et se souvient à peine de sa mère...
Maggie Gyllenhaal est plutôt convaincante en junkie qui aimerait s'en sortir, mais n'est pas prête à faire les efforts suffisants.
Et le personnage de Sherry m'a fait penser à Sue dans "Sue perdue à Manhattan": une femme qui utilise sa sexualité comme moyen d'obtenir de l'affection.
Mais là où j'ai été un peu déçue, c'est que "Sherrybaby" reste un film "bien comme il faut" malgré des dehors subversifs (inceste, drogue, sexe,...) Bien sûr, je pourrais dire que l'intrigue est trop cliché. Mais je pense que le principal problème est le personnage de Sherry, qui n'est pas suffisamment poussé dans ses retranchements. Au final, on a un peu l'impression de regarder un téléfilm social...
Conclusion: Quand un film ou un livre déçoit, la faute revient presque exclusivement toujours aux personnages. Un bon personnage crée l'intrigue. Et non l'inverse...
PS: "Sherrybaby" sortira fin juillet en Grande Bretagne. Mais le film est déjà sorti en France, sans faire beaucoup de bruit (malgré une projection au festival de Deauville)...
"Le cinéma indépendant américain est-il autre chose qu'un repère pour stars déjantées, avec ces scénarios de malaise et de dépression ?", se demande le mensuel britannique Sight & Sound.
Et effectivement, les films "indies" projetés au festival de Sundance sont plus glauques les uns que les autres: "SherryBaby", sur une mère qui sort de prison et tente de renouer des liens avec sa fille; "The dead girl" sur la mort d'une jeune fille; et le film que je viens de voir en avant-première, "Half Nelson".
Ryan Gosling joue le jeune prof drogué dans "Half Nelson", avec un réalisme assez dérangeant. Il multiplie les regards fuyants et embués, les tics nerveux et les sourires gênés, comme pour montrer que le personnage n'accroche pas vraiment au monde qui l'entoure.
Seuls ses élèves pourraient, à la rigueur, lui donner envie de décrocher. Drey, par exemple: à 13 ans, elle a déjà la maturité des enfants obligés de prendre leur vie en main. La scène où elle rentre dans un appartement pour vendre de la drogue et tombe nez à nez avec son prof est notamment très réussie...
Donc que les films indépendants parlent de dépression, d'addiction, de pauvreté, de souffrance et de deuil ne me dérange pas, au contraire...
Bon allez, j'attends vos listes des 5 meilleurs "indie films" récents...
(Les miens: 1. Mean Creek 2. Thirteen 3. Capote 4. Secretary 5. Half Nelson)
En ce moment, je passe mes soirées au cinéma (ce qui explique que je n'ai pas le temps d'éditer mes Podwrath, désolée...)
Parmi les déceptions, "The Black Book" de Paul Verhoeven: une jeune femme juive s'engage dans la résistance hollandaise et reçoit l'ordre de séduire un dirigeant nazi. Bon, le charme de Carice Van Houten ne fait pas tout: l'intrigue est complètement invraisemblable et la succession de rebondissements finit par lasser...
Côté bonne surprise, un film qui sortira le 14 février en France: "The last King of Scotland" de Kevin MacDonald. Le dictateur ougandais Amin Dada, qui prétendait être le dernier roi d'Ecosse, est joué par l'excellent Forest Whitaker. Malgré quelques longueurs, le film offre le portrait convaincant d'un homme à la fois drôle et sanguinaire, lunatique et ambitieux. Et le réalisateur ne s'encombre pas de bienpensance post-coloniale, ce qui est appréciable. A voir, donc...
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