Je me souviens qu'en hypokhâgne, je m'étais tapée une dissertation de 6 heures sur "le personnage". Et pour résumer, voilà ce qu'il fallait écrire: le personnage, c'était bien au 19ème siècle; mais depuis, on a vachement évolué et le personnage est un simple "numéro matricule" (Alain Robbe-Grillet). Donc tout écrivain sérieux se doit de valoriser le style et les mooots. Bref, il doit tuer ses personnages, son intrigue, et (si possible) ne parler de rien.
Ah, les désastres du nouveau roman et autres foutaises post-Barthes !
Je préfère largement lire The Creative Writing Coursebook
, qui replace à sa juste valeur les délires "modernistes":
"Arguments over the nature of character in fiction were the topic and focus of much twentieth-century literary debate and writing. The modernist movement was obsessed with it, bent on resisting a Victorian notion of character that believed in a tightly constructed, preordained "human nature". Victoria Woolf's later novels, for example, are meditations on the construction of character, a question that pushes beyond the pages of her book into life, asking what it means to have identity"
Bon, je vais traduire la suite en français:
"Un écrivain au début de sa carrière doit apprendre à construire un personnage avant d'essayer de briser le moule. Picasso a bien appris à créer des dessins parfaitement réalistes avant d'oser casser la figure humaine dans ses peintures cubistes. Beaucoup d'étudiants en creative writing, captivés par les conceptions théoriques du personnage, essaient d'écrire des narrations expérimentales sans avoir d'abord tenté de créer un personnage réaliste. Or le premier roman de Virginia Wool, "The voyage out", est un hommage au roman victorien".
Donc avant d'avoir du "style", avant d'être "gourmands de mots", avant d'être publié aux Editions de Minuit, mieux vaut maîtriser les techniques narratives de base (et donc imiter Marc Lévy!)
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