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26 juillet 2008

Chef d'oeuvre inconnu N°1: "L'ami de Bono"

Vous est-il déjà arrivé de tomber sur un "chef d'oeuvre inconnu"? Un livre qui n'a pas eu le succès qu'il mérite?

J'ai envie de relancer ma rubrique "Ecrivains/ Editeurs en marge" en parlant d'un roman de Jean Grégor paru en 2005: "L'ami de Bono". L'histoire d'une classe de quatrième, tous plus ou moins fans de musique. On suit ces adolescents devenus adultes, à travers leurs choix et leurs déceptions.

Comme le dit l'auteur sur son site: "Qu’y avait-il derrière les promesses de l’émotion? Rien. Du vide, du sec, des crédits, des divorces, des maladies, l’aridité du silence." Seul Danny Dane saura rester fidèle à sa passion de jeunesse: le chanteur Bono...

"L'ami de Bono" est donc un roman émouvant et qui sonne juste. Je me suis sentie proche du personnage Danny, grand adolescent qui refuse de renoncer à ses rêves. Et la grande réussite de Jean Grégor est d'avoir inséré des morceaux de musique dans la trame narrative: on a vraiment l'impression d'écouter un bon album...

Dommage que "L'ami de Bono" ne soit pas encore sorti en poche, comme le souligne Lire est un plaisir. Malgré une publication chez Mercure de France et une bonne couverture de presse, la version brochée ne s'est écoulée qu'à environ 800 exemplaires (sce: Edistat).

A l'heure où Jean Grégor publie un nouvel ouvrage (Tu aurais pu, chez Balland), il est temps de (re)découvrir cet auteur!

Et si vous connaissez d'autres "chefs d'oeuvres inconnus", les commentaires vous sont ouverts...

26 juin 2008

Les petits éditeurs, garants de la qualité et de la diversité littéraire?

"Que se passe-t-il lorsque [...] la profusion des informations disponibles sur un auteur ou une oeuvre ne permet plus sa découverte, mais sert un processus de nature boulimique et systémique, qui ne laisse plus de place à l’assimilation ?

La nature de l’Internet, ses capacités presque infinies d’absorption de données, permet de mettre tout ou presque à la disposition du public. Mais ce processus signifie peut être l’inverse de celui de la découverte.", écrit Joël Faucilhon dans Le livre : que faire ? (vous pouvez lire sa contribution sur Lekti).

La thèse de Joël Faucilhon est simple: Internet a tendance à générer une masse d'information indigeste, ce qu'il appelle le "bruit de fond". D'où la nécessité d'un tri de ces informations selon des critères de qualité, tri qui, selon lui, doit être opéré par les petits éditeurs et libraires indépendants. Il s'agit maintenant pour eux de s'associer pour pouvoir concurrencer Amazon et Fnac.com.

Joël Faucihlon a raison et tort. Raison quand il met en avant le rôle déterminant d'Internet dans l'économie du livre. N'importe quel petit éditeur peut ouvrir un site, et même proposer de la vente en ligne (voir L'Altiplano, par exemple). De même, n'importe quel écrivain ou wannabe peut ouvrir un blog pour accéder à des lecteurs.

Bref, Internet permet aux "petits" de tenir tête aux "grands": vous n'avez besoin de vous appeler Patrick Modiano pour tenir un blog qui marche (j'en suis la preuve vivante!)

Mais Joël Faucihlon a tort de survaloriser le rôle des petits éditeurs pour l'accès à la diversité littéraire. Son erreur est d'associer diversité et qualité. Beaucoup de petits éditeurs ont une production littéraire indigente (exemple ICI). En clair, la plupart des éditeurs, grands ou petits, ne font pas leur travail correctement: sélectionner les meilleurs textes et les proposer au public.

Les lecteurs n'ont pas besoin d'un plus grand choix de livres médiocres. Ils ont besoin de romans de qualité, de romans lisibles, qui parlent du monde tel qu'il est.

Comment assurer une sélection juste et méritocratique des textes littéraires ? La solution est donnée implicitement par Joël Facihlon, qui a mis sa contribution online gratuitement. Si un texte est bon, il sera lu, repris, cité par d'autres internautes.

Malheureusement, ce modèle est très efficace pour des essais courts. Dans le cas de roman, c'est beaucoup moins évident: qui a envie de lire 200 pages sur un écran d'ordinateur? Donc pour l'instant, les romanciers n'ont pas le choix: publication papier ou nothing at all...

(Si vous voulez lire l'introduction de "Le livre, que faire?" en PDF, c'est ICI)

03 février 2008

Mary Dollinger Interview Ephémerveille

Mary Dollinger Interview Ephémerveille
Vidéo envoyée par Le-titan

Interview de Mary Dollinger, auteur de "Au Secours Mrs Dalloway" et Journal Désespéré d'un Ecrivain Raté, publiés aux éditions Jacques André.

Le jeune intervieweur, Lucas du blog Ephémerveille, s'en sort bien malgré quelques hésitations et maladresses. Et c'est intéressant de donner la parole à une auteure anglaise, qui regrette qu'il n'y ait pas plus d'agents littéraires en France...

02 janvier 2008

Journal désespéré d'un écrivain raté, Mary Dollinger

Journal_desespere_d_un_ecrivain_rat Commencer la nouvelle année avec le Journal désespéré d'un écrivain raté, ça ne donne pas forcément envie. Mais le court texte de Mary Dollinger est tout sauf déprimant.

C'est une suite de petites scénettes: Henri Beyle face à une éditrice pas convaincue par la "Chartreuse de Parme"; Emile Zola défendant les descriptions détaillées du "Bonheur des Dames"; l'éditeur d'Alfred de Musset qui lui propose d'écrire l'histoire de sa romance avec George Sand plutôt que d'obscures poèmes.

Dans une autre scénette, George Sand se heurte également à l'incompréhension des éditeurs:

"Madame,

J'ai lu avec intérêt votre manuscrit "La Mare au Diable". En dépit des nombreuses qualités de votre texte, il ne m'est pas possible d'envisager sa publication, celui-ci étant trop éloigné de la ligne éditoriale que je souhaite adopter. En plus, cette histoire d'une idylle, pour le moins rustique semble à contre-courant de ce que le public demande actuellement. Les coutumes de votre Berry natal, que vous décrivez avec force détails, nuisent également au rythme du récit [...]"

Vous l'avez compris, "Journal désespéré..." se veut une douce satire d'éditeurs pas toujours très lucides. Le problème, c'est que la réalité est bien plus déprimante que ce tableau gentillet. Les wannabes qui reçoivent des lettres personnalisées se comptent sur les doigts de la main. Quant à être reçu par un éditeur pour parler de son texte, c'est mission impossible.

Tout cela est bien sûr de la fiction. Mais je pense que quitte à écrire une satire, autant s'inspirer vraiment de la réalité. Et la dénoncer.

Les meilleurs passages de "Journal désespéré..." sont ceux où Mary Dollinger parle de sa propre expérience d' "écrivain raté". Enfin, pas si raté que ça puisqu'elle a fini par trouver un éditeur lyonnais, Jacques André. Mais son parcours a été long et compliqué, entre découragement et piège de l'auto-publication.

Comme quoi, quand on s'accroche, on finit par y arriver (c'était mon message d'espoir pour la nouvelle année!)

06 septembre 2007

"Petit et méchant", Blaise Gauquelin

" "Petit et méchant" vous a-t-il déjà choquée?" me demande le service presse de l'Altiplano.

Si je voulais leur faire plaisir, je jouerais à la Christine Boutin, "oh mon dieu, "trou de balle" est un gros mot". Mais malheureusement pour Blaise Gauquelin, jeune journaliste qui vit en Autriche, son premier roman arrive un peu tard. Les Guillaume Dustan et autres Hervé Guibert ont balayé le terrain: la sodomie et les scènes de cul trash ne suffisent plus à attirer le lecteur...

Heureusement, "Petit et méchant" ne se résume pas à son premier chapitre. Le reste est plus soft: le narrateur Balthazar est un journaliste qui se retrouve à Vienne en plein changement politique. Le parti Ö (Ö comme Österreich) a gagné les élections: mauvaise nouvelle pour les immigrés et les socialistes, qui sont pourchassés par la police.

Cette dystopie n'a pas l'air de déranger Balthazar, qui continue gaiement ses activités sexuelles multiples et polyformes...

Bon, question intrigue, c'est à peu près tout. "Petit et méchant" est un roman mal construit, sans trame narrative et sans personnage digne de ce nom.

Pourtant, quand Blaise Gauquelin parle du journalisme, ça donne des passages très réussis. Donc je pense sincèrement qu'il peut faire mieux que du sous-Dustan à la sauce Orwell...

14 août 2007

Editions de l'Hèbe

"Même si les mentalités évoluent vite, être de droite est encore considéré en France comme une honte, une tare, une infirmité. Montrées du doigt, les créatures de droite sont contraintes au silence et vivent dans la peur."

La solution? "Un guide de l'outing de droite", qui aurait pu s'intituler "Right-wing Pride". Le véritable titre de cette satire est "Je suis de droite...Et je vous emmerde!".

Dans la même collection, il y a aussi "Je suis macho, et alors?" Feu Philippe Muray aurait apprécié, sans aucun doute...

On doit cette collection satirique à un éditeur suisse, les Editions de l'Hèbe. Si vous voulez lire une interview de son directeur littéraire, Jean-Philippe Ayer, c'est ICI. (Merci à Daniel Fattore pour le lien!)

Dans cet entretien, Jean-Philippe Ayer défend les aides publiques tout en s'affirmant "libéral". Il y a de quoi rester bouche bée...(A quand le pamphlet: "Je crache sur les subventions...Et je vous emmerde!" ?)

22 juillet 2007

"Je sais que je ne suis pas seul", Alexis Brocas

Contrairement à ce que certains pensent, je ne prends aucun plaisir à casser un bouquin. Encore moins à faire une critique mi-figue, mi-raisin.

Mais là, franchement, je n'ai pas le choix. Alexis Brocas m'a envoyé son roman "Je sais que je ne suis pas seul". Je l'ai lu il y a plus d'un mois. Et il est temps que je me résigne à faire cette critique...

Pourquoi je n'ai pas envie de dire du mal de ce livre:

1) Parce qu'Alexis Brocas écrit dans une collection pour ados/ jeunes adultes ("Exprim'", collection dirigée par Tibo Berard aux éditions Sarbacane) Et c'est une bonne idée de ne pas délaisser un public jeune, plus intéressé par Myspace que par les lectures...

2) Parce qu'Alexis Brocas est un fan de Bret Easton Ellis comme moi.

Ainsi, Romain, le narrateur de 17 ans, imagine des histoires pour rendre sa vie plus supportable. L'une d'entre elle met en scène une rock star en fin de carrière, qui mène une vie destructrice et absurde.

Ceux qui ont lu "Zombies" ("The informers") de Ellis ne pourront s'empêcher de penser à une des nouvelles de ce recueil, "A la découverte du Japon". Même thème de la rock star déclinante, même absence d'espoir...

3) Enfin, je n'ai pas envie de dire du mal de "Je sais que je ne suis pas seul" parce qu'Alexis Brocas s'est donné du mal pour le faire publier. Le récit de ses mésaventures est ici: Téléchargement alexis_brocas_temoignage_edition.doc .

Mais voilà, je ne suis tout de même pas convaincue par ce bouquin:

1) Certaines histoires imaginées par Romain sont totalement illisibles. Exemple: "Le cachalot", qui parle d'une fille obèse qui en fait est une baleine (enfin, un cachalot). Pas passionnant...

2) Le côté "je me défonce à la coke parce que je déteste mes parents", ça va pour Clay de "Moins que zéro". En version ado français, ça passe beaucoup moins bien...

3) De façon générale, la souffrance de Romain reste très théorique. Il ne suffit pas de dire qu'un personnage souffre, encore faut-il le faire sentir au lecteur.

Dommage, donc. J'attendais mieux de ce livre. Mais bon, je suis peut-être trop vieille pour lire des bouquins destinés aux ados...

25 juin 2007

Jérôme Shammas, un Chrétien dans l'Irak de Saddam

Bagdad L'auteur de "Bagdad 1991: Adieu Saddam!" (voir ICI) a gentiment accepté de répondre à mes questions:

1. Vous venez visiblement d'une famille irakienne favorisée: votre père travaillait comme "secrétaire général de la censure". Pourriez-vous préciser rapidement en quoi consistait ce travail? Pourquoi n'a-t-il pas démissionné quand Saddam est arrivé au pouvoir ? Pourquoi votre famille a-t-elle attendu si longtemps avant de se décider à émigrer?

Mon père recevait tous les livres, journaux et films étrangers pour ensuite donner ou non l’autorisation de les diffuser ou de les publier en Irak.

Il remettait ses rapports aux généraux qui les transmettaient à leurs tours à Saddam.

Mon père était quelqu’un de très consciencieux et d’honnête, s’il avait voulu démissionner cela aurait paru très suspect. On l’aurait immédiatement suspecté d’être un opposant au régime de Saddam…

A l’époque de Saddam, quitter l’Irak était interdit, de plus il fallait beaucoup d’argent. Lorsque la vie de ma famille a été menacée à son tour, ils sont partis avec de faux passeports, laissant tout derrière eux y compris leurs petites économies à la banque car mon père n’a jamais utilisé son statut pour en tirer avantage….

2. Vous êtes un chrétien assyro chaldéen. Pouvez-vous nous en dire plus sur le multiculturalisme de l'Irak? Pourquoi y a-t-il aujourd'hui de telles tensions entre les différentes religions et au sein même des musulmans? Est-il possible de pratiquer ouvertement sa religion chrétienne dans l'Irak actuelle?

Saddam a baigné la société irakienne dans la haine le crime, le mensonge et a favorisé certaines communautés par rapport à d’autres. Les Sunnites ont été favorisés, les Chiites sont des rebelles et hostiles au pouvoir. En Irak on appelait ces deux communautés les sado-maso. Quant aux chrétiens et aux autres minorités elles sont actuellement persécutées selon des méthodes complètement barbares. (Cf. Article nice_matin.jpg ).

3. Etiez-vous favorable à la deuxième invasion américaine en Irak, en 2003? Que pensez-vous du rôle des Américains aujourd'hui?

Oui, comme tous les Irakiens qui aimaient leurs pays et voulaient se débarrasser de leur dictateur. Malheureusement le pays aujourd’hui est aux mains de criminels encore plus dangereux. Ils ont été formés sous le régime de Saddam et sont prêts à tout pour récupérer le pouvoir.

Les Américains nous ont aidés, il faut les remercier. Je pense même qu’il faut coopérer avec eux pour sauver l’Irak sachant que dans la vie il n’y a rien de gratuit. Avant on échangeait le pétrole contre la nourriture, aujourd’hui c’est le pétrole contre la démocratie !

4. Retournez-vous régulièrement en Irak? Comptez-vous y rentrer définitivement un jour ?

Cela fait 15 ans que j’ai quitté mon pays et je ne compte par y retourner.Ma vie est maintenant ici,en France.

Tant que les mollahs imposeront leur volonté en Irak,ce pays restera invivable.

5. Quel est votre travail en France? Avez-vous eu du mal à trouver un emploi, du fait des difficultés économiques et d'éventuelles discriminations?

Je suis technicien chimiste et si au début j’ai eu du mal à trouver du travail cela était du principalement au fait que je ne parlais pas le français.

Après l’obtention de mon permis de séjour comme réfugié politique, j’ai suivi pendant six mois des cours d’alphabétisation puis des cours intensifs de français à l’Alliance Française avec en parallèle des cours du soir à la Fac de Lyon 2. Un an après je parlais encore difficilement le français mais je connaissais les principales us et coutumes du pays. Ces bases m’ont permis à force de travail acharné de valider mon Bac D et de réintégrer la fac de science Claude Bernard Lyon 1.

Pendant la deuxième année j’ai décidé cependant d’arrêter pour travailler et aider mes parents, mes frères et sœurs à sortir d’Irak. J’ai enchaîné les petits boulots ; jardinier dans un collège, ouvrier à la chaîne dans une boulangerie industriel, agent d’entretien… j’ai suivi parallèlement une formation en chimie industriel à l’AFPA et obtenu finalement un équivalent Bac+2. Quatre ans après mon arrivée en France, je décrochais enfin mon premier CDI.

6. Pourquoi avoir autant attendu avant de livrer ce témoignage? Comment avez-vous connu Gaspard Hubert Lonsi Koko, le fondateur des éditions de l'Egrégore?

Si j’ai tant attendu c’est que j’avais encore peur de Saddam et de ses partisans.

J’ai connu GH-LK en me renseignant sur les maisons d’éditions sur le net.

[Bon, si vous voulez en savoir plus sur les éditions de l'Egregore, sachez que son fondateur est un militant PS qui publie dans sa propre maison d'édition. Tout pour me plaire :) ]

Bagdad 1991...Adieu Saddam!

Dans le cadre de ma rubrique "Ecrivains/Editeurs en marge", les éditions de l'Egrégore m'ont envoyé le témoignage d'un chrétien irakien qui a fui son pays après la première guerre du Golfe.

Aujourd'hui encore, Jérôme Shammas affirme avoir "peur de Saddam et de ses partisans". Dans "Bagdad 1991", il raconte l'enfer de la vie sous Saddam et les difficultés pour s'enfuir. Après mille mésaventures, il finit par se réfugier en France, espérant gagner plus tard les Etats-Unis. Quand son "American dream" tombe à l'eau, il se résigne à rester dans le pays des Lumières. Les passages sur l'administration française sont savoureux:

"Mon temps est occupé par mes cours de français le matin et les formalités administratives qui rythment ma vie au quotidien. Jamais je n'ai reçu une pareille quantité de courriers de ce genre"

Eh oui, quoi de mieux que la paperasse pour occuper les réfugiés! (faudrait pas qu'ils prennent les emplois des vrais Français, quand même...)

Mon avis sur ce bouquin: un témoignage sincère et atypique (les Chrétiens d'Irak ont rarement la parole, ces temps-ci...) Selon Jérôme Shammas, les violences actuelles en Irak ne sont pas dues à l'intervention US, mais bien aux fanatiques musulmans. Il tient d'ailleurs à "remercier les Américains" pour avoir renversé Saddam. Sur ce point, je suis entièrement d'accord avec lui.

Dommage que "Badgad 1991" soit parfois écrit à la va-vite, avec des fautes de syntaxe et d'orthographe. Malgré certains passages assez obscurs (cf récit de l'émigration de la famille, à la fin), l'ensemble reste intéressant. A condition de vouloir connaître l'Irak des Irakiens, et non celle déformée par le filtre médiatique...

13 juin 2007

Pour venger A.D.G.

Comores Un ami m'a fait parvenir "Pour venger A.D.G.", un recueil de témoignages en hommage à l'écrivain mort en 2004.

A.D.G. ne se contentait pas d'écrire des polars, il était également journaliste, aventurier, agitateur, etc...Bref, une vie bien remplie, qu'il a passée à regretter la grandeur coloniale de la France et à soutenir des projets douteux (façon Bob Denard...)

Pour tout dire, je reste assez perplexe après la lecture de ce petit livre. On y découvre les articles qu'A.D.G a écrit pour des journaux d'extrême droite, Rivarol, Présent et Minute. Dans un article écrit au soir du premier tour de l'élection présidentielle de 2002, il se réjouissait de la réconciliation entre Le Pen et Mégret (Rivarol, 26/04/02). C'est vous dire la profondeur de la réflexion intellectuelle du bonhomme...

Mon passage préféré est le compte-rendu du voyage d'A.D.G. à Anjouan, île de l'archipel des Comores (océan indien) qui avait demandé son rattachement à la France:

"Nous avons laissé Anjouan, les Anjouanais, la larme à l'oeil, jurant de nous retrouver, et de faire une nouba de tonnerre, le jour où l'île redeviendrait française. "Vive le Roi!", "Vive Maurras!", "Longue vie à ADG!" criaient nos amis, et les enfants des écoles"

Bien sûr, "Pour venger A.D.G." est publié dans une maison estampillée "100% extrême droite", les éditions Godefroy de Bouillon. Je n'ai rien contre les barbouzes et leurs admirateurs. Mais c'est quand même étonnant de voir que Le Dilettante, maison "respectable" et "très sympa", ait publié le dernier bouquin d'A.D.G. ("J'ai déjà donné..."). Et qu'ils organisent des cocktails pour fêter ça (voir ICI) Vous expliquez ça comment ?

"Pour venger A.D.G.", Documents et témoignages, Editions Godefroy de Bouillon, ISBN: 2-84191-207-8

Rentrée littéraire 2008

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