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16 juin 2008

Comment envoyer son manuscrit à un éditeur


Le dilettante
Originally uploaded by ClydeHouse

Dilettante_clydehouse_flickr "J' ai envoyé un recueil de nouvelles aux éditions du Dilettante qui a dû leur parvenir le 15 mai. Comme je suis impatiente de recevoir une réponse (!), j'aimerais savoir combien de temps après l' envoi de votre manuscrit vous avez reçu leur réponse. Selon leur site, il faut patienter entre un et deux mois.

Je n' ai pas envoyé mon manuscrit avec accusé réception. A votre avis, devrais-je les rappeler pour savoir s' ils ont bien reçu mon manuscrit ?", m'écrit une lectrice.

Ah, l'impatience des wannabes! J'étais pareille quand j'ai envoyé mon roman pour la première fois: je surveillais ma boîte aux lettres et mon téléphone en permanence.

Back to reality: il suffit de faire preuve d'un peu d'imagination et d'essayer de vous mettre à la place d'un éditeur. Vous croyez vraiment que votre roman l'intéresse? Une maison d'édition, même de taille modeste, reçoit des dizaines de manuscrits par jour. Dans le meilleur des cas, un stagiaire est vaguement en charge de les parcourir. Dans le pire, votre précieux roman partira directement à la poubelle.

Et c'est là l'erreur de beaucoup d'apprenti-écrivains: croire que leur cher roman, auquel ils ont consacré des mois voire des années de leur vie, a une quelconque valeur. L'éditeur ne s'approche pas de la slush pile en se disant: "Quelle pépite vais-je trouver aujourd'hui? Quel nouveau Houellebecq vais-je dénicher?" Pour lui, un pile de manuscrits représente du papier imprimé. Rien de plus.

Conséquences: rien ne sert d'envoyer son manuscrit en recommandé. Et rien ne sert de relancer une maison d'édition qui ne vous répond pas. Les éditeurs n'ont que mépris pour les wannabes qui ont l'audace de déranger leur repos (voir l'avis de Léo Scheer à ce sujet).

Quant au Dilettante, c'est une des rares maisons à justifier les refus par une lettre personnalisée. Leurs avis peuvent être cassants, mais tout reste préférable à une lettre-type de refus.

Il n'empêche que le Dilettante ne publie que des écrivains au carnet d'adresses bien fourni (genre: ami de Jean-Baptiste Gendarme et publiant dans la revue Décapage)

Mais pour répondre à la question, j'ai reçu la réponse du Dilettante un mois et demi après avoir envoyé mon manuscrit. Voilà, il n'y a plus qu'à s'armer de patience...

[Ma rubrique "Les conseils de Wrath" vous est ouverte. Envoyez vos questions à wrath_lmj[at]yahoo.fr ]

14 avril 2008

Publier chez Gallimard

Aurelien_masson "J'ai vu votre blog, notamment votre lettre sur la réponse de Gallimard. Une question : cette réponse vous est revenue combien de temps après l'envoi du manusrit ?", me demande un lecteur.

Eh bien, j'ai envoyé mon manuscrit à Aurélien Masson (éditeur de la Série Noire chez Gallimard) en janvier 2007.

N'ayant toujours pas de réponse en mai, j'ai envoyé un email demandant à récupérer mon manuscrit. Et Gallimard a eu la bonté de me le renvoyer aux frais de la maison.

J'ai donc attendu cinq mois pour rien, puisque je n'ai même pas reçu un avis de lecture.

Un an plus tard, je me rends compte que j'ai été complètement naïve: être édité chez Gallimard, ça demande des années passées à entretenir son réseau. Inutile de vous dire que je n'ai pas envie de faire cet effort...

N'oubliez pas que ma rubrique "Les Conseils de Wrath" vous est ouverte. Et si vous ne voulez pas que je mentionne votre nom sur mon blog, pas de problème, il suffit de me le dire dans votre email à wrath_lmj[at]yahoo.fr

20 mars 2008

Publier sur Manuscrit.com

Manuscrit Quand un roman a été refusé par les maisons d'édition traditionnelles, faut-il le confier à des éditeurs online? C'est la question que me pose Ivan, qui a écrit un roman intitulé "On peut attendre longtemps à l'horizontale":

"Que pensez- vous de Manuscrit.com et Edilivre ? Toutes les deux me proposent d'éditer mon livre à compte d'éditeur bien-sûr mais imprimé à la demande. Les éditeurs traditionnels ont tous refusés (Belfon, Laffont, Editions de minuit, Editions du dilettante, Fayard, Cherche midi). J'ai reçu deux fiches de lecture, deux lettres types, deux non réponses. [...]

J'ai retravaillé, élagué, amélioré...
Alors voilà j'ai pas envie qu'il traîne dans un tiroir mon livre, il est pas pire qu'un livre d'Angot, alors je me dis pour commencer pourquoi pas être édité par un éditeur internet [...]"

J'ai demandé à Alexandre Schuers, qui a publié un recueil de poésie sur Manuscrit, de donner son avis:

"Il ne faut pas tomber dans le piège. Etant tombé moi-même dans ce traquenard je ne le conseille à personne. En particulier pour Manuscrit.com (je ne connais pas Edilivre), cet éditeur ment et ne favorise pas la promotion du livre par son incompétence. Il propose des contrats à trois ouvrages dans le même genre et accepte n'importe quoi vu que j'ai dû écrire deux bouquins de merde pour résilier mon contrat sauf qu'ils ont été acceptés. Il est impossible de communiquer avec eux, les responsables ne sont pas présents ou en déjeuner à 15h quand on les appelle. On promet une bonne promotion du livre mais rien n'est fait et si on s'occupe de celle-ci en grande partie, nous ne sommes pas aidés d'un poil. Cette maison est là pour se faire un maximum de fric sans faire une seule dépense (merci l'impression sur commande). Bref, je pense que l'on peut s'en sortir si on s'occupe de tout mais dans ce cas autant financer l'édition de son livre soi-même et en récolter tous les bénéfices au lieu de 10% ridicule sachant qu'ils ne paient qu'une fois par mois à partir de 150 euros (que je n'ai toujours pas réussi à accumuler). Je préfère autant galérer à trouver une maison "traditionnelle" que me donner des illusions dans une telle maison d'édition."

Cela dit, tous les éditeurs online ne doivent pas être mis dans le même panier: d'après ce que j'ai cru comprendre, Lulu.com est recommandable.

(Bon, si vous avez une question sur l'édition, envoyez-moi un email et j'y répondrais dans ma rubrique "Les conseils de Wrath")

17 mars 2008

Publier un roman de "chick lit"

Chick_lit Comment publier un roman de "chick-lit" (= littérature pour minettes)? C'est la question que se pose Virginie:

"J'ai écrit un roman que l'on peut classer dans la catégorie chick lit et j'envisageais (oui, j'ai encore malgré tes articles la naïveté de tenter) d'envoyer le manuscrit à Fleuve Noir puisqu'ils publient pas mal de romans de cette catégorie. Seulement, ils disent qu'ils n'acceptent aucun manuscrit. Sais-tu pourquoi ? Et connaîtrais-tu le nom d'un éditeur là-bas ?
Non, je ne perds pas encore espoir ;)"

Effectivement, Fleuve Noir n'accepte pas de manuscrits non solicités. En ça, ils imitent les éditeurs anglo-américains qui n'hésitent pas à refuser les "unsolicited manuscripts".

Deux raisons à cela:

  • Fleuve Noir n'a pas envie de donner de faux espoirs aux wannabes. Plutôt que de prétendre que "tous les manuscrits sont lus" (ahah!), ils préfèrent jouer cartes sur table: si vous êtes inconnu, allez voir ailleurs. Cette pratique a le mérite de l'honnêteté...
  • Fleuve Noir publie beaucoup d'auteurs en traduction. Autrement dit, la ligne éditoriale n'est pas favorable aux francophones.

Conclusion: quand on débute dans l'édition, mieux vaut éviter les maisons trop côtées. Pour de la chick lit et autre fiction commerciale, je conseillerais plutôt des petites maisons comme Pascal Petiot éditions. Envoyez un email au responsable éditorial, histoire de tâter le terrain avant d'envoyer le manuscrit.

(Mais effectivement, le plus important est de ne pas perdre espoir...)

N.b. J'ouvre une nouvelle rubrique: "Les conseils de Wrath". Vous pouvez m'envoyer vos questions sur l'édition, et je tenterais d'apporter des solutions. Au besoin, je ferais appel à mon formidable réseau, composé de personnalités reconnues du monde de l'édition (Lucien Cerise, tiens-toi prêt!).

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