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Revues littéraires

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30 janvier 2009

Commentaires

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walter

La sélection (et les copinages qui vont avec) se fera quand même mais par de nouvelles personnes: les webmasters ou les producteurs de lecteurs, qui favoriseront certains (par la publicité) au détriment d'autres. Les décideurs vont changer parce que le média va changer, mais je doute qu'ils soient plus aptes (ou plus honnêtes) que nos chers éditeurs...

Marc Galan

Voici un peit texte, qui date de septembre, où j'évoquais ce sujet.

La FNAC va proposer des e-book readers à 299 €, et offrir de télécharger une sélection de titres choisis avec une remise de 10 à 15% par rapport au livre papier. Une mauvaise idée, à mon avis.
En fait, ce sera un marché captif, car il semble bien que seuls certains livres pourront être téléchargés sur le e-book reader en question, et non pas l'ensemble des livres disponibles sur le net en PDF ou HTML.
D"autre part, à 10 ou 15% de remise, qui voudra acheter ? Le reader est à 300 €, la remise représente, pour un livre à 20 €, 2 à 3 €. Bref, l'engin ne sera rentable qu'au bout de 100, voire 150 achats (200 pour un livre à 15 € avec 10% de remise)
Si j'avais l'occasion de monter une plateforme, je proposerais :
Téléchargement de tous livres disponibles en format compatibles.
Un prix de base de 2 €, qui revient à la plateforme.
Un prix entre 0,75 et 1 € les 100000 signes, qui reviendrait entièrement aux auteurs.
Ce qui ferait un livre moyen (300000 signes, 200 pages, à moins de 5 € HT, un gros livre entre 7 et 8, un très gros livre à 10 €.
Là, ça pourrait devenir intéressant, pour le lecteur, et pour l'auteur, et même pour la plateforme, qui commencerait à vendre en quantités correctes.
Il serait bon, aussi, que la TVA sur ce livre tombe à 5,5%, comme pour tous les livres.

P.S. : Quel sont les e-readers présentés sur la photo ?

Benoit

Coucou, et bonne année du boeuf!
D'accord avec Walter, si Carmen choisit les livres qu'elle met en ligne, elle devient donc éditrice, non?
Ceci dit, ce n'est peut être pas plus mal d'avoir un peu de sang neuf et de pouvoir contourner le copinage plus facilement :)

et hop,une réponse de normand en plus...

François Martini

Dans la mesure où la grande majorité des livres vendus ne sont pas lus, l'acte d'achat est motivé par autre chose que la lecture. L'édition électronique est nulle et non avenue.

François Martini

>>C'est notre travail, maintenant, de renoncer au prestige de la publication papier, et de nous tourner vers la publication électronique...<<

Chouette, on va enfin pouvoir lire « Crevez tous… »


Claire

"les droits d'auteur sont bien plus importants sur un site online, que chez un éditeur "papier"

ça semble naturel et pourtant c'est tout à fait faux, en tous cas dans le cas que tu cites, ou dans les contrats en circulation pour le moment pour des auteurs qui étaient déjà publiés sur papier. Les auteurs toucheront beaucoup moins. Et les éditeurs, qu'on pouvait soupçonner de s'en mettre plein les poches, y perdront un petit peu, aussi.

Mais la littérature sera gratuite, comme le disque et le film, donc ça n'a pas beaucoup d'importance.

Pierre Morteau

C'est cool de dire que les éditeurs parisiens sortent "des bouses". Cela rehausse le prestige de la petite édition provinciale !
Merci !

Pierre

max léon

Je me répète mais le livre électronique, je n'y crois pas. Je pense qu'on se trompe en faisant l'amalgame avec le marché du film et de la musique, parce que :
1. le livre papier ne coûte pas cher
2. avec les films et la musique, ce n'est pas tant le modèle électronique que le modèle gratuit (piraté) qui a marché
3. le livre électronique a la particularité d'être moins pratique que son équivalent électronique.

A la rigueur, je crois plus aux coopératives d'auteurs.

Boudy Stéphane

L'OBJET TECHNIQUE ET SON UTILISATION

En 2002 j'avais été édité par edibook.com, il y avait aussi idlivre.com et pas mal d'autres. Certaines de ces maisons d'édition internet étaient tenues par des gens très sérieux et passionnés de littérature. Elles pariaient toutes sur le ebook et compte tenu de l'engorgement des librairies c'était une idée intéressante. La commodité du matériel semblait aussi évidente: emporter avec soi plusieurs livres sans que cela pèse ou détruise les forêts de la planète (combien de milliers d'exemplaires de livres publiés ou de manuscrits papiers sont presque aussitôt détruits? ... probablement des tonnes chaque mois) pourquoi pas?...
Malheureusement la technologie n'a pas suivi et ces maisons n'ont pas survécu, du moins sous la forme qu'elles attendaient. Mais ce n'était pas un problème de prix et ça ne le sera pas davantage je crois dans l'avenir. C'était tout simplement relatif au confort de lecture encore passable. Sept ans plus tard "les appareils" doivent être de meilleure qualité mais lire 2 ou 300 pages sur écran demeurent encore illusoire il me semble. L'invention technologique mériterait une invention littéraire... des textes plus courts ou des extraits... et une invention aussi en matière de diffusion et
de distribution qui demeurent des chasses gardées. En bref on voudrait moderniser, innover mais sans changer de format, sans rien changer en fait...
On construit parfois plus vite l'objet technique que l'on trouve son utilisation...

walter

@max léon et François Martini
C'est vrai que ça sent bon le flop. Les gens ne sont pas prêts, ils tiennent au livre papier, et même s'ils l'étaient, au prix où ça coûte...
Ca fait des années que ça existe au Japon, et il y a un certain temps, ils avaient essayé d'importer en France, sans succès. A mon humble avis ça finira forcément par se faire, la dématérialisation du livre je veux dire, mais apparemment ce ne sera pas pour notre génération.

Dahlia

"En clair, un champ d'opportunités s'ouvre pour les wannabes. C'est notre travail, maintenant, de renoncer au prestige de la publication papier, et de nous tourner vers la publication électronique..."

En ce qui me concerne, je veux la publication papier ET la publication électronique :D Et je repense à cette phrase de Cory Doctorow (un personnage très intéressant sur toutes ces questions-là) qui dit "La plupart des gens ne sont pas et ne seront jamais des lecteurs ― mais les gens qui lisent seront à jamais lecteurs, et ils sont pratiquement fétichistes du papier."

Pour ceux que ça intéresse, voici l'interview intégrale de Cory:

http://www.irenedelse.com/2007/02/15/la-gratuite-dans-ledition-electronique-vue-par-cory-doctorow/

le koala

Il y a en effet un sacré problème de public là-dessous, assorti d'une sorte de malentendu. Le livre électronique est un objet ambigû, dont le moindre des paradoxes est qu'à la limite... eh bien... il ne s'adresse pas aux lecteurs. Mais plutôt au public féru de gadgets technos, toujours en quète du dernier MP3, du telephone 3G à écran tactile, et de tous ces bitoniots qui sont autant de vecteurs d'une sorte d'opression post-moderne. Or le plus souvent ce public-là lit peu. Le livre-papier n'était pas sa tasse de thé "avant". La commercialisation du livre électronique repose sur l'implicite postulat qu'un livre devient en somme attractif.. dès lors qu'il est électronique.
Or, pour les vrais lecteurs - les hardcore readers, tiens, osons l'expression pour faire plaisir à Wrath - c'est le contraire: ils sont attachés au livre-papier. Et c'est normal, nous le savons, la plupart ont une liaison sensuelle à l'égard du livre-papier. Et éprouvent un vif plaisir à se planter devant leur bibliothèque débordante - voire: dégueulante - en se disant (ce qui est vrai): personne d'autre que moi au monde n'a lu ça. Comment éprouver cette sensation devant un vecteur-écran, un monopod, dont on voudra nous faire croire à coup de pub qu'il sera de surcroit dépassé et ringard tous les 5 ans, et qu'il faudra alors le remplacer au profit d'un autre bidule "hype" à la manière d'un vulgaire prtable ? Que devient le concept même de bibliothèque individuelle ? On sera loin de la bibliothèque-labyrinthe de Borges ou de celle de Terry Pratchett avec son orang-outang. Mais passons. Tout ça pour dire que je n'y crois pas non plus.

so dirty

Je crois au contraire que dans moins de 10 ans le système s'effondre. Peut-être même 5.
Le confort ne compte plus face à la gratuité. C'est la gratuité qui va tout balayer, comme pour le CD et le DVD.

Harry

Souvenez vous, les gens étaient attachés au vynil, on ne leur a pas demandé ce qu'ils préféraient : un jour il n'y a plus eu que des cd et il a bien fallu s'adapter.
Je pense, comme "so dirty", que le livre, comme le reste, sera bientôt gratuit. Donc sans valeur, dans un système où uniquement ce qui a un prix marchant a une valeur.

Dahlia

@Harry: au risque de te contredire contrairementr au marché du CD qui se casse la gueule, celui du vynil est toujours resté stable...

Harry

@ Dahlia : c'est probablement qu'on n'a pas le même âge, sinon tu saurais qu'entre 90 et 92 il s'est passé quelque chose dans l'industrie du vynil. Disons qu'une légère perte de la production, et surtout des points de ventes, a été constatée. (ex : les fnac ont décidé d'arrêter le vynil. et les majors ont trouvé qu'un objet moins cher à fabriquer qu'on pouvait vendre 40 % plus cher était un objet plus intéressant à produire.)

max léon

Rien à voir. Le CD apportait un plus indéniable par rapport au vynil : meilleur son, navigation automatisée et plus resistant (on a même vendu le CD comme "garanti à vie", ce qui était d'ailleurs complètement faux).

Au contraire, le livre électronique est moins pratique qu'un livre papier : on ne peux pas feuilleter rapidement, corner les pages, griffoner. Le livre électronique est plus encombrant (autant, c'est sympa d'avoir 100 morceaux de musique sur soi, mais on a rarement besoin d'avoir 20 bouquins sur soi). Le livre electronique est plus fragile. Le livre papier a une autonomie illimité. On peut le jeter du 6ème étage et il marchera encore. Le seul intérêt c'est que ça coûte moins cher aux éditeurs et aux distributeurs, mais c'est le consommateur qui fera la loi au bout du compte.

so dirty

Dahlia, même si aujourd'hui j'achète de plus en plus de vinyles, c'est simplement en réaction à cette dématérialisation de la musique, crois-moi on n'est pas nombreux à acheter du vinyle (j'achète de l'occase, du neuf en fnac ou encore du neuf en SP chez les revendeurs d'occases).

Franchement, si les ventes de vinyles sont stables c'est parce qu'elles sont quasiment nulles. Il s'est cassé la gueule à partir de 88 je crois, c'est cette année là que les ventes de CD ont dépassé celles du vinyle. Ceux qu'on appelaient les disquaires ont disparu, même des lieux légendaires comme "Rennes Musique" ont fini par plonger (eux se sont pourtant maintenu jusqu'à l'année dernière).

Concernant le livre, la fnac se prépare déjà à la grande débâcle, elle n'engage plus de CDI, elle ne remplace personne, elle tire tous les budgets (virant même les assistantes, celles qu'on appelait autrefois les "secrétaires"). L'objectif de la fnac à terme est de vendre du service sous forme de forfaits, ils veulent vendre de l'expertise. Genre tu t'offres un forfait à 80E et les mecs t'installent ton informatique, ils passent plusieurs fois dans l'année pour réactualiser tes logiciels, et tout ton bordel, pareil pour ton "home cinéma", l'idée c'est de fidéliser sur du service tout en vendant encore un peu de matos (mais il savent qu'ils sont débordés sur les prix par la concurrence).

Pourtant, aujourd'hui le livre est encore le moteur de la fnac (attention, pas uniquement la littérature, il faut y ajouter les rayons scolaires, le tourisme, la BD, la vie pratique, les dictionnaires, etc). Le moteur de la fnac Montparnasse, par exemple, c'est le livre, loin devant l'écran plat, le gaming et le reste. Donc, les mecs vont user le livre jusqu'au bout, jusqu'à la dernière fibre de papier. Mais dès que ça va basculer, ils vont se réfugier dans l'expertise, genre un SAV géant (j'ai travaillé là-dessus pour eux, mais je ne bosse pas pour cette enseigne).

Bref, le changement viendra du confort de l'électronique, quand la feuille plastique qu'on roule comme un journal et qu'on plie dans ses poches sortira (de plus, très peu énergivore, zéro rétroéclairage, seulement quelques impulsions électriques pour changer de pages), alors ce sera la fin du papier. Cette performance technologique alliée à la gratuité va tout bouffer. Comme le MP3 l'a fait (alors que le son est de moins bonne qualité que sur le CD, qui lui-même était plus naze que le vinyle).

Les auteurs qui tirent à 300 000, sortiront à 50 000, voire 5000, le livre papier après 2 ou 3 décennies sera un objet rare, on sortira des tirages numérotés, etc... juste pour le ghetto de saint germain.

Les auteurs et éditeurs trouveront des stratagèmes pour se faire rémunérer. Au début ils tenteront de se protéger, comme la fait l'industrie du disque, en vain. Alors, résignés, ils gagneront leur fric autrement, je ne sais pas comment, de la pub pendant le téléchargement ? Du placement de produits ? De l'écriture de contenu pour la TV et surtout le web ? Des produits dérivés ?

Bref, on va assister à un gros changement. Personnellement je ne sais pas quoi en penser. L'avantage du livre électronique c'est que les plus âgés pourront grossir les caractères à volonté, on pourra aussi taper une phrase qu'on a aimée sur un clavier tactile et le truc retrouvera la page immédiatement, plein de gadgets comme ça. Mais je pense aussi à tous ces gens qui n'arrivent toujours pas à lire en poche, et qui s'accrochent aux livres grand format. Le salut du livre viendra-t-il de ces résistants ? Peu probable.

François Martini

Le passage du vinyl au cd n'est pas comparable au passage du livre à l'e-reader. Il est comparable au passage de l'imprimerie au plomb (analogique) à l'imprimerie numérique.

L'imprimerie au plomb a effectivement disparu (presque).

L'abandon du cd pour un autre support, le disque dur, c'est aussi un changement de support, mais pas une transformation radicale. On faisait d'excellentes copies de cassette à cassette, jadis (j'en ai des milliers, d'opéras). C'était juste moins commode.

La question des forêts est un mensonge. Les forêts à papier sont cultivées, entretenues, replantées. Il n'y a pas plus d'inconvénient à consommer du papier que de manger du pain. C'est pareil.

Si on cesse de consommer du papier, la forêt disparaîtra : tout ce qui n'est pas utile à l'industrie disparaît (les loups, les ours, les mérécages…)

En revanche l'e-reader a un grand avenir dans la documentation technique, c'est certain.

Daniel Fattore

Il y avait aussi un gros problème avec l'ancienne génération de livres électroniques (on dit "liseuses"): le livre acquis n'était lisible qu'une fois. Génial: vous avez adoré le dernier LMJ, mais après lecture, bye-bye, crevez donc! Ou repassez à la caisse.

Autre problème: ce genre de truc ne permet pas de griffonner dans les marges. Les critiques ne vont pas aimer, ni tous ces lecteurs qui lisent le crayon à la main, que ce soit pour stabilosser une belle phrase ou produire un billet un peu consistant sur un blog - ou dans leurs petits casiers personnels.

Daniel Fattore

Et puis, "fin des éditeurs", non: c'est la fin des éditeurs papier, tout au plus, qui risque d'arriver, au profit des éditeurs sur support électronique. Et comme toute entreprise est appelée à évoluer, les éditeurs traditionnels (y compris les ténors de Saint-Germain-des-Prés) vont s'adapter dare-dare.

Quand on pense que Danone est passé de la production de verre à la production de produits laitiers, passer du livre papier au livre numérique, c'est vraiment un saut de puce.

Marvin331

Livre électronique ou pas, il y aura toujours des gens pour selectionner les textes. Ed électronique ne signifie pas que les 250 000 manuscrits qui tournent dans ce pays seront publiés. Et heureusement pour 99,9% ! Bref, les bouses de Wrath resteront virtuelles. A moins que l'édition à compte d'auteurs se développe grâce à l'électronique, comme elle a déjà prospéré grâce au numérique ? Encore plus de gens qui paient en douce pour se prétendre "écrivains", comme il y en a tant sur ce blog, mais pas plus.
Wrath : seule solution : devenez ministre de la culture d'un gouvernement communiste, et forcez le peuple à vous lire sous peine de déportation.

Kim Cône

Il reste quelques billets à prix sacrifiés pour la Corée du Nord. C'est certain, les foules sont prêtes à écouter vos diatribes anti-connerie occidentale. N'hésitez plus Wrath, foncez!


PS: il s'agit de billets aller-simple, bien entendu.

Vinosse

Pour les amoureux de la pâte à papier, je signale qu'actuellement dans les Landes un grand stock de matériau de base ne trouve pas preneur...
Et rien que du pin frais !
Tout, même les prix, est en chute libre !

Pis avec l'édition électronique, on va être enfouis sous les bouses... et même virtuellement ça va être irrespirable!

François Martini

La situation s'améliorera sans doute : les bouses seront électroniques et la littérature sur papier. Ce sera beaucoup plus simple.

Marc Galan

Tous les textes qui "font courir des risques" aux éditeurs seront électroniques... et s'ils marchent bien, ils se retrouveront sur papier (à moins que les éditeurs ne veuillent pas d'un succès qui a eu lieu en dehors de leur système)
J'espère que les e-auteurs qui plaisent vendront très chers leur peau. Les a-valoir, ça peut se négocier dur !
Je sais, amis puristes, ce sont des préoccupations de "material boy", pas de vrai écrivain qui, à la limite, devrait avoir honte de demander des droits d'auteur (lol).

Nicolaï Lo Russo

Lulu.com (et assimilés) est à l'édition ce que Fotolia est à la photographie. C'est un principe de nivellement par le bas assez abject (sur Fotolia, banque d'images "démocratisée" et "ouverte à tous", les photos sont téléchargeables droits compris pour quelques centimes d'euros, les photographes amateurs se ruent carrément dessus (au détriment des pros), inondent ces banques de "photos d'amateurs" pour se faire de "l'argent de poche" (il n'y a pas que Fotolia...) Le marché professionnel de la photo d'illustration plonge. C'est assez terrible. Et ce n'est que le début. Si l'édition prend ce virage-là, ça promet.

Jean d'Aillon

Chère Lise
Voici une expérience en cours:
je vends comme auteur quelques dizaines de milliers de livres par an. J'ai un lectorat assez fidèle.
J'ai installé 4 nouvelles de 50 à 100 pages sur Mobipocket il y a 3 mois, à un prix très bas (de l'ordre de 1 euros). J'en ai vendu 7.
Amitié à vous.

Jean d'Aillon (aillon@laposte.net)

Daniel Fattore

@Vinosse: pour acheter du bois en vue de produire du papier, une seule adresse: Paul aux Stères.

le koala

Je félicite solennellement Daniel Fattore pour le calembourg ci-dessus qui instaure un je-ne-sais quoi de jovial et de primesautier dans un débat par ailleurs austère.

Dahlia

Wrathounette, ce commentaire n'a rien à voir avec le post de départ, mais quand j'ai vu cet article de Rue89, j'ai pensé qu'il était vraiment fait pour toi huhu:

http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2009/02/01/aux-etats-unis-tout-le-monde-fait-de-lautofiction

PhJ.

Ce qui est sous-entendu, si je comprends bien, c'est qu'on va enfin pouvoir se débarrasser des éditeurs (ces salauds), et distribuer ses oeuvres presque directement, soi-même. Et, bien sûr, du coup, en "vendre" (mais bon, personne n'achètera, ce sera gratuit ou, au pire, quasiment gratuit) des centaines de milliers. Mais d'abord, qui va se donner un mal de chien à écrire tous les jours, puis à promouvoir je ne sais comment, en tout cas à faire connaître (il faut beaucoup d'efforts) un texte qui ne lui rapportera pas un sou ? Et ensuite, mais ça c'est une question que je me pose souvent en lisant ce blog, qu'est-ce qui peut bien passer par la tête de ces crétins d'éditeurs pour qu'ils s'acharnent à ce point à ne publier que des choses dont ils sont certains qu'elles ne leur feront pas gagner un centime, et à rejeter avec la plus extrême vigilance ces oeuvres apparemment innombrables qui restent du coup dans l'ombre (mais ça ne va pas durer, la libération approche !), qui seraient lues par des centaines de milliers de gens et feraient donc leur fortune ? Ils aiment vivre dans le dénuement, ce doit être ça, ils sont attirés par le mythe de l'éditeur maudit.

Marc Galan

Si on compte les livres qui ont bien marché à l'étranger, et dont on achète les droits, et les livres de "stars" (de foot, de télé-réalité, de politiques) qui leur rapportent un maximum, je ne m'inquiète pas pour les éditeurs.
Tout auteur édité se sent dans l'obligation de défendre les éditeurs... trop content, après avoir été renvoyé 10, 20, 30 fois à sa table d'écriture, d'avoir enfin été reconnu. Servitude volontaire de celui à qui on accorde un minimum de reconnaissance et qui regarde de haut les auteurs libres.
Ils me rappellent certains ouvriers qui étaient exploités par leur patron et qui, retournant dans la ferme où ils étaient nés, disaient à leurs frères que lui, il était sorti du cul des vaches et en était très fier.

Daniel Fattore

@Le Koala: un débat de bûcheron, même... merci pour vos félicitations! ;-)

le koala

De rien, je sais ce que c'est, cette honte diffuse de produire un bon mot dont on est très fier mais que personne ne semble remrquer (ah, solitude du créateur juché sur son promontoire, le regard perdu vers l'azur, comme un personnage romantique de Caspar Friedrich).

@PHj: je crois que pour l'heure c'est le contraire. ces salauds d'éditeurs produisent justement ce qu'ils croient être lucratif, et source de juteux doublezons; comme par exemple l'inénarrable causerie BHL / Houellebecq coproduite en plus par Flammarion et Grasset si je ne m'abuse. Comme quoi, accessoirement, ils peuvent se planter. Pas grâce à la presse - je songe à l'Express qui claironnait que "la chose" (ouvrage ? livre ? Bouquin ? entretien ?) s'annonçait comme un futur best-seller. Autour du jardin du Luxembourg, peut-être.

Non. Nous autres wanabees* nous écrivons au contraire des chefs -d'oeuvre méconnus que personne ne lit et qui rapportent pas un rond, mais qui nous vaudront à chacun une place dans le Lagarde et Michard 21ème siècle.

* j'ai toujours l'impression de parler de marsupiaux, avec ce terme à la c...

PhJ.

Marc Galan : on ne peut pas dire que je défende les éditeurs, non (j'ai souvent dit, ici ou ailleurs, que la plupart ne savaient pas lire, etc...) Mais de là à penser qu'ils font exprès de publier des livres qui ne se vendent pas, ou que leur préoccupation première est de ne surtout pas publier des "inconnus" (des wannabes, si on veut), même si leurs romans sont bons... On peut être critique sans être manichéen, non ? C'est un peu simple de dire que la piètre qualité de la littérature française publiée et son peu de succès commercial ne sont dus qu'à la stupidité ou à la fourberie des éditeurs. Il y en a des centaines, des éditeurs, ils ne sont quand même pas tous demeurés ou magouilleurs. Si ?

Koala : C'est bien ce que je dis. Ils essaient, entre autres, de publier des choses lucratives. Ils y arrivent parfois, et parfois non. Mais en tout cas, leur but n'est pas de ne pas vendre de livres. Ils cherchent ce qui pourrait se vendre. Ils ont donc à peu près les mêmes préoccupations que Wrath.

le koala

Certainement; le triste corollaire - et en cela la frustration de Wrath est certainement compréhensible - c'est que la qualité littéraire de ce qu'ils publient devient un critère absolument marginal.
Il n'est assurémment pas anormal qu'un éditeur - qui exerce après tout un métier essentiellement commercial - cherche à réaliser un bénéfice, comme tout commerçant. C'est sa raison d'être.
jusqu'à une date assez indéterminée, que je n'imagine pas si récente d'ailleurs, cette préoccupation reposait néanmoins sur un plateau de la balance; sur l'autre était censé figurer le talent littéraire, et un autre aspect du boulot d'éditeur: le découvreur de talent. Activité moins bien rémunérée, certes, et parfois pas rémunérée du tout. Mais censée être gratifiante sur les plans intellectuels et moraux; censée inscrire l'éditeur dns le paysage (ou le landernau) intellectuel.

Signe des temps, cet aspect-là, année après année, passe de plus en plus clairement aux oubliettes. Bientôt peut-être, si ce n'est fait, les lecteurs des maisons d'édition sortiront d'écoles de commerce. Ils feront eux-mêmes trois fautes par paragraphe et ne comprendront qu'à moitié ce qu'ils liront. Pas grave. On aura pris soin de leur donner quelques repères méthodologiques simples, par exemple: éliminer les textes où figurent des points virgules. Ca, ils doivent y parvenir asssez bien.

Oui... tout ça dégénère. ce n'est pas de l'amertume de "wanabee", entendons-nous: c'est plus grave que ça, c'est de l'amertume en tant que lecteur !!

Marc Galan

La koala, je suis mort, et voici pourquoi :
"On aura pris soin de leur donner quelques repères méthodologiques simples, par exemple: éliminer les textes où figurent des points virgules. Ca, ils doivent y parvenir asssez bien", dis-tu
Début de mon livre : "... Flanc fendu, boitant bas, il était rentré de sa chasse ; il avait appris l'outrage fait aux siens ; il était reparti, blessures bannies."
2 points-virgules, et en plus, je commence par des points de suspension. Coupable persévérant et acharné dans l'erreur marketing, je suis. Au feu, mon manuscrit

populus

Le koala:
Tu es un peu idiot.
C'est un peu comme le point Godwin d'une discussion internet: Au bout d'un moment, il y a toujours quelqu'un (de pas bien fin) pour déplorer que le monde est dirigé par des "personnes" sorties d'écoles de commerce.

le koala

Le fait est que cette totale absence de sensibilité aux exigences de la littérature hype, trendy, fashion et post-moderne me navre profondément. Au bûcher, le mécréant rétrograde !! A l'autodafé, son pensum archaïque !!
Arf.

le koala

Populus: Nous sommes aux dernières nouvelles six milliards quatre cent millions à être d'un peu idiot à complètement con. Ca relativise. Quiconque s'avise d'exprimer quelque chose devient ipso facto un peu idiot aux yeux ou à la connaissance d'un autre. Il y a là matière à une certaine sérénité. Quant aux "points goldwin", je conçois qu'ils puissent être autant de bornes sur la longue et douloureuse route de l'absurdité; mais tu en as nécessairement franchi toi-même un bon nombre, comme tout le monde, ici et ailleurs.

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